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Le ministre polonais de la Défense, Radek Sikorski, a une nouvelle fois critiqué dimanche l’attitude de l’Allemagne qui s’est engagée dans la construction d’un gazoduc en Mer Baltique en association avec les Russes.
"Prendre une décision d’abord et consulter ensuite n’est pas notre idée de la solidarité", a regretté Radek Sikorski, au cours d’une table ronde organisée à Bruxelles sur le thème de l’énergie.
"L’Allemagne est un partenaire important pour nous", a rappelé le ministre polonais.
Par conséquent, a-t-il dit, "nous sommes très surpris qu’elle fasse quelque chose qui ne bénéficie pas aux consommateurs —selon lui, le gazoduc en cours de construction coûtera 6 milliards de dollars de plus qu’un gazoduc terrestre— et dont l’intérêt géopolitique est d’être capable d’interrompre l’approvisionnement au Bélarus et en Pologne, sans que ça ne l’interrompe en Allemagne".
Début mars, le président conservateur polonais Lech Kaczynski avait déjà critiqué l’attitude de l’Allemagne sur le gazoduc germano-russe, jugeant que les raisons de son installation en Mer Baltique avaient été "seulement de nature politique" et qu’un tel projet était "en contradiction fragrante avec les intérêts polonais".
Ce gazoduc "nord-européen", qui doit fournir une solution de remplacement au transit du gaz russe par l’Europe de l’Est, déclenche des protestations en Pologne et dans les Etats baltes qui craignent que la Russie n’impose son gaz à des prix de monopole.
La première tranche de ce gazoduc, dont la construction a débuté en décembre, doit être opérationnelle en juillet 2010.
La chancelière allemande Angela Merkel avait assuré en janvier à Moscou que ce gazoduc, lancé par son prédécesseur Gerhard Schröder, n’était "pas dirigé" contre la Pologne et les pays baltes.