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Le rapport sur les services secrets polonais remet il en cause le statut démocratique de la Pologne ?

lundi 12 mars 2007.
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L’annonce faite de la publication discréditant les anciens services secrets de renseignements polonais (WSI), qui ont été abolis par le gouvernement de Kaczynski, est à la source d’une autre série de tensions sur la scène politique polonaise, partagée entre défenseurs de la sécurité nationale, de la vie privée, et ceux voulant mettre un terme à l’ancienne main mise communiste sur la Pologne. Le Premier Ministre polonais, Jaroslaw Kaczynski, a d’ailleurs lui même déclaré que les critiques à l’égard de ce rapport constituent elles même la démonstration que la Pologne n’est pas encore capable de fonctionner comme une nation démocratique. Il a ajouté que ce rapport n’avait fait que révéler qu’une infime partie des activités des anciens services de renseignements polonais, et pour le peu que l’on sache déjà, ceci constitue aussi une preuve que ces anciens services s’investissaient dans tous les domaines de l’état.

Le Premier Ministre a aussi réaffirmé son soutien auprès de Antoni Macierewicz, actuel rédacteur en chef de ce rapport et chef des nouveaux services de renseignements, et ce en dépit de toute forme de critique émanant aussi bien de la part de Roman Giertych ou de Andrzej Lepper, ses vices premier ministres. D’ailleurs, il leur a fait rappelé que ceux sont des partis comme la Ligue des Familles Polonaises ainsi que Samoobrona qui ont soutenu le projet de loi de liquidation des anciens services secrets polonais. Pour ce qui est de Giertych, Jaroslaw Kaczynski s’est laissé à dire que si ce vice premier ministre avait changé d’avis en la matière, il l’invitait lui et son parti politique, celui de la Ligue des Familles Polonaises, à quitter au plus tôt la coalition. En effet, en quelques termes, « toute pression de la part de ce parti politique aura moins d’effet qu’une piqûre de moustique », Jaroslaw Kaczynski.

Le parti de la Plate-forme Civile a l’intention de mettre en place une motion afin de soulever une commission d’enquête parlementaire dans le but de connaître les prérogatives de la publicité de ce rapport concernant le WSI ainsi que les conséquences sur la sécurité nationale. Cette commission aura aussi pour but de réexaminer la procédure de démantèlement des anciens services de renseignement polonais. L’un des représentants de la Plate-forme Civile auprès de la commission de la Sejm, Paweł Graś, estime que la commission d’enquête sur dissolution du WSI devrait étudier les avertissements lancés dans la presse notamment pour la sécurité des services spéciaux polonais localisés à l’étranger. Il serait aussi nécessaire d’identifier qui a apporté certains changements avant la publication de ce rapport et après que celui-ci eut été exposé auprès du cabinet gouvernemental. En outre, Paweł Graś estime que les faits allégués dans ce rapport ne rapportent pas de preuves formelles étant donné que tous les documents ne semblent pas avoir été fournis, et il serait donc intéressant de s’interroger sur ces points. Pour Donald Tusk, dirigeant du parti politique PO, il faudrait attribuer à cette commission d’enquête des compétences supplémentaires en vue d’étudier les conséquences qui surviendront après la publication d’un tel rapport.

Du côté de l’ancien ministre de la défense appartenant à l’Alliance Démocratique de Gauche, Jerzy Szmajdzinski (Szmajdziński), celui-ci aurait demandé au parti de la Plate-forme Civile d’abandonner sa motion et de supporter une autre motion qui avait été formulée par le porte parole de la Sejm en octobre dernier. En effet, l’Alliance Démocratique de Gauche appelle l’ensemble de la Sejm à se réunir afin d’examiner les suites de la dissolution des anciens services de renseignement polonais, c’est à dire en un examen approfondi des conditions d’établissement des nouveaux services de renseignements ainsi qu’en étudiant la légalité de la Commission qui était en charge de la dissolution du WSI. Le porte parole de la Sejm peut utiliser son mandat de six mois pour émettre une telle proposition d’amendement dans l’ordre du calendrier de cet organe institutionnel. L’Alliance Démocratique de Gauche attend de pouvoir faire amender cette proposition afin que ce rapport fasse l’objet d’un débat parlementaire.

Néanmoins, Samoobrona et le parti des Paysans Polonais sont opposés à une nouvelle commission parlementaire sur cette affaire. Tandis que Samoobrona pose la question de la véritable efficience d’un tel débat parlementaire, le parti des Paysans Polonais pense que cette affaire pourrait se régler avec la Commission en charge des affaires concernant les services spéciaux.

L’ancien président de la République, Aleksander Kwasniewski, considère que tout débat parlementaire vis à vis de la dissolution des services du WSI est chaotique et ne mènera pas à des conclusions sérieuses., et ce malgré le fait qu’un tel rapport cite le nom de l’ancien président et le qualifie comme l’un des principaux responsables dans les irrégularités commises par les anciens services de renseignement. Pour Kwasniewski, celui-ci confirme que sa responsabilité en tant que chef des armées le rendait responsable durant ses fonctions présidentielles. Par contre, les critiques de Kwasniewski ont été plus sages que celles de son opposant politique, Lech Wałęsa, qui lui a fortement réprimandé à la fois l’auteur de ce rapport mais aussi les frères jumeaux. Il n’a pas non plus résisté à surnommer Kaczynski d’imbécile même s’il a exposé ses excuses auprès de tous les polonais.

En même temps, la publication de ce rapport vient de déclencher certaines procédures judiciaires. Le procureur général des armées vient de mettre en place une équipe d’enquêteurs qui auront pour but d’examiner six affaires au sein du bureau du procureur général des armées siégeant à Varsovie. Les affaires ont été exposées par Macierewicz qui fut à la fois à la tête de la commission qui a dissolu le WSI, elles auront pour but d’examiner les infractions de certains officiers dans anciens services de renseignement. Deux autres affaires auront pour but d’examiner les cas de versement de pot de vin par la société Siltec en vue d’obtenir des privilèges commerciaux auprès de la fourniture d’équipements pour les forces armées polonaises. Une autre affaire concernera un trafic illégal d’armes et les autres affaires vont examiner les activités qui ont eut lieu au détriment du Trésor Public et de la sécurité de l’état.

D’autres domaines vont être investis par le procureur général des forces armées, telle que l’influence des services russes au sein du WSI, les acquisitions illégales de fonds spéciaux pour financer certaines opérations, la désinformation des autorités polonaises par les services de WSI, la négligence dans le contrôle du respect des règles de procédures par les partis politiques. Pour ce qui est des cas d’espionnage du territoire polonais au détriment de la sécurité de la Pologne, c’est le procureur du bureau de Gorzów Wielkopolski qui en aura la charge. Deux autres affaires seront examinées par les procureurs de Zielona Góra et de Cracovie, celles ci concernant la mauvaise gestion des fonds allégués pour les opérations , l’acquisition illégale de locaux pour certaines opérations, la divulgation de secrets d’état ainsi que l’usage de la menace. Toutes ces opérations seront sous le contrôle du procureur général des armées.

La publication de ce rapport laisse aussi des tensions au sein du ministère des affaires étrangères, car comme vient de l’annoncer le ministre des affaires étrangères, Anna Fotyga, de nombreux ambassadeurs ont dû être rappelés à Varsovie parce que leur nom était cité dans ce rapport.

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