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Tandis que les États Unis d’Amérique s’apprêtent à installer une nouvelle base d’auto défense avec l’installation d’un bouclier antimissile sur les sols polonais et tchèque, il n’en reste pas moins que ceci suscite de vives réactions chez nos parlementaires polonais.
Le ministre des affaires étrangères, Anna Fotyga, vient d’accuser réception le 30 janvier 2007 d’une note émanant des services de Washington en ce qui concerne le bouclier antimissile, mais elle a ajouté que l’échéance exacte des négociations n’était pas encore fixée. D’après des sources non officielles, une dizaine de bases ayant le rôle d’intercepter et de détruire les missiles ennemis devraient être construites sur le territoire polonais. Le président de la République de Pologne, Lech Kaczynski, vient d’émettre que la décision à l’égard de la proposition américaine devrait être discutée auprès du Conseil de la Sécurité Nationale. Trois jours auparavant, le premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, venait d’annoncer la volonté des États Unis d’Amérique d’installer une base radar sur le territoire tchèque. D’ailleurs, la plupart des experts des services de Washington avaient déjà déterminé les localisations nécessaires.
Initialement, ce projet avait déjà échoué l’an dernier lorsque la Pologne avait demandé des garanties supplémentaires en ce qui concerne la sécurité. Pendant une de ses visites aux États Unis d’ Amérique, l’ancien ministres de la défense nationale polonaise, Radoslaw Sikorski, celui-ci avait annoncé que Varsovie s’attendait à ce que les services américains renforcent les avions militaires polonais avec les fameux missiles Patriot américains. Il avait aussi ajouté que la Pologne désirait signer des accords bilatéraux complémentaires concernant une coopération militaire internationale. Il avait appuyé son argumentation en disant qu’un tel bouclier servirait à protéger le territoire américain d’éventuelles attaques depuis l’ Iran ou la Corée du Nord mais que cela ne constituerait pas un système de défense efficace du sol polonais vis à vis des attaques provenant des territoires se localisant juste à l’est de la Pologne, notamment en provenance de la Russie et de la Biélorussie.
D’après les positions de l’ancien ministre de la Défense Nationale Polonaise, le Général Stanislaw Koziej, la Pologne devrait demander aux américains de faire acte suivant à éliminer toute forme de conséquences négatives le fait d’installer leur bouclier antimissile sur le sol polonais. En effet, cela risque d’entraîner des risques militaires plus importants pour la Pologne qui deviendrait de ce fait une zone stratégique, mais aussi ceci pourrait détériorer ses relations avec la Russie. En outre, la Pologne devrait recevoir quelques dédommagements, tel que le renforcement de son système d’attaque et de protection de sa flotte aérienne.
En outre, le général considère que le déploiement de ce bouclier sur le sol polonais aurait un impact significatif sur le sol polonais. Dès lors, toute attaque lancée sur le sol polonais équivaudrait à une attaque des forces armées américaines, ce qui parallèlement permettrait aux forces militaires polonaises de disposer des infrastructures de haute technologie de l’armée américaine. Le général Koziej pense d’ailleurs qu’il vaut mieux pour la Pologne que le système antimissile ainsi que le repérage radar soient localisés ensemble sur le territoire polonais, mais toutefois, toutes les décisions concernant le fonctionnement de ce bouclier antimissile reste néanmoins sous la tutelle des services américains. Cependant, c’est aux autorités polonaise de ne pas laisser se développer une telle situation selon laquelle elle ne pourrait pas édicter sa volonté et laisser ainsi libre court aux opérations militaires américaines. Seules les autorités polonaises ont compétence pour faire respecter la souveraineté de la Pologne. Le général en a conclu que les autorités et forces armées polonaises et américaines doivent coopérer équitablement et décider ensemble des procédures à suivre.
Le 30 janvier 2007, le premier ministre Jaroslaw Kaczynski avait lancé l’ordre suivant lequel tous les parlementaires de chaque parti politique devaient se réunir pour débattre de la question durant les prochains jours à venir. Cet ordre a été supporté par les partis minoritaires de la coalition, à la fois celui de l’auto défense, Samoobrona, ainsi que celui de la Ligue des Familles Polonaises. Les partis de l’opposition n’y ont pas fait obstacle.
Le dirigeant du groupe parlementaire du parti politique de la Plate-forme civile, Bohdan Zdrojewski, estime et s’attend à ce que les différents partis politiques puissent être les premiers à pouvoir exprimer les directives à prendre concernant un processus de décision légal et public qui va engager la Pologne vis à vis de l’extension du bouclier antimissile américain. Zdrojewski aimerait aussi pouvoir s’entretenir avec les comités des affaires de sécurités nationales et des affaires étrangères de la Sejm. Il désirerait que ces entretiens soient l’objet de débats parlementaires, que cette question face l’objet d’une signature spéciale concernant un document international et que celui-ci soit soumis à la ratification du président de la République de Pologne.
Le dirigeant du groupe parlementaire représentant l’ Alliance Démocratique de Gauche, Jerzy Szmajdzinski, et ancien ministre de la défense sous les anciens gouvernements dirigés par la gauche, estime que le gouvernement devrait soumettre ce projet à l’appréciation souveraine du peuple polonais. En effet, il considère que l’opinion publique est opposée à ce projet, et c’est aussi pourquoi il considère qu’il y a au moins une personne qui se doit de dire au peuple polonais en quoi consiste ce projet. Il considère que les gens ne lisent que des spéculations en ce qui concerne ce projet, mais ils ne voient pas la réalité. Ainsi, Szmajdzinski a dit vouloir faire appel au premier ministre pour que celui-ci organise un véritable débat public en raison du fait que le gouvernement est la seule autorité à connaître de toutes les informations concernant cette affaire mais aussi en raison du fait que ce même gouvernement sera à même de pouvoir répondre à toutes les questions qui lui seront posées, notamment celles qui concernent l’impact de la sécurité de la Pologne et des pays membres de l’ Organisation de l’ Atlantique Nord (OTAN) ainsi que de l’appréciation de ce genre d’opération par les autres pays membres de l’ Union Européenne et de l’intérêt que cela porte au niveau de la sécurité de l’ Union Européenne.
Le vice premier ministre et dirigeant du parti politique de Samoobrona, représentant essentiel des intérêt de la population agricole en Pologne, n’a pas réussi à faire imposer l’idée d’un référendum en Pologne. Pourtant, il a précisé qu’un référendum était l’un des meilleurs instruments pour savoir si la Pologne était sûre de vouloir intégrer ce système de défense antimissile et que cela ne constituerait pas une source de conflit diplomatique avec les voisins de la Pologne mais aussi avec les pays membres de l’ Union Européenne. Il a aussi ajouté que cette décision ne devait pas se faire sous pression des services de Moscou. En effet, si décision il devait y avoir, celle – ci devait être le fruit de plusieurs générations de polonais. Cependant, cette décision doit être sage et concertée. Enfin, il a aussi précisé que cette idée d’intégrer le bouclier antimissile américain ne procédait pas des accords entre les différents partis politiques qui constituent à l’heure actuelle la coalition.
Le porte parole du groupe parlementaire de la Liga Polskisch Rodzin, Ligue des Familles Polonaises, Szymon Pawlowski, vient de demander qu’une série de détails concernant ce bouclier puissent être énumérée. La Pologne doit faire un bilan entre les avantages et les inconvénients associés au déploiement de ce bouclier antimissile sur son territoire. La Ligue des Familles Polonaises estime aussi qu’il faut prendre en compte l’impact avec les relations entre la Russie et la Pologne.
En ce qui concerne les positions de Moscou, celles-ci ont toujours critiqué l’installation d’un bouclier antimissile américain sur en Europe Orientale. Durant la conférence de presse du premier février 2007 au Kremlin, tenue en face de plus de 1230 journalistes russes et étrangers, le dirigeant russe a affirmé que les arguments appuyant le développement de ce bouclier antimissile américain n’étaient pas convaincants. D’ailleurs, il a précisé que les spécialistes en armement avaient affirmé que le système de défense antimissile en Europe de l’est ne servirait pas à contre attaquer les attaques en provenance de l’ Iran, pour la simple raison que l’ Iran est dans l’impossibilité de détenir des ogives qui seraient à même de pouvoir atteindre le continent européen.
Par contre, l’ Ukraine soutient le projet de bouclier de défense américain. Le service de presse du ministre des affaires étrangères vient de publier le 23 janvier 2007 un rapport suivant lequel les plans consistant à déployer ce système de défense antimissile sur les territoires polonais et tchèques étaient perçus comme de nouvelles mesures efficaces en vue de lutter contre le terrorisme. En outre, l’ Ukraine a informé qu’une précédente expérience consistant à développer un système de défense similaire en Ukraine avec l’aide de la Russie permet d’assurer que la même stratégie du côté américain, polonais et tchèque sera en mesure de donner à une certaine communauté internationale les moyens de combattre le terrorisme, ainsi que la menace et l’utilisation des armes nucléaires.
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