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La confiance réaffirmée auprès de l’actuel ministre polonais aux finances publiques. - Le taux de chômage continue de baisser en Pologne. - Célébration de la culture juive à Cracovie. - De l’opéra polonais à la Bastille à Paris. - Un prêtre catholique polonais, d’origine juive, immigre en Israël. -

Anna Kalata : Point de vue et Panorama Politique

vendredi 5 janvier 2007.
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Anna Kalata a rejoint les forces du parti politique de Samoobrona depuis 2004, elle est aussi un proche collaborateur de Andrzej Lepper, dirigeant de ce parti politique. Anna Kalata a en ce moment la responsabilité du ministère du Travail et des affaires sociales. Elle considère aussi que les jeunes émigrants pour aller chercher du travail à l’étranger constitue un atout car ceci devrait permettre aux jeunes polonais de pouvoir acquérir des compétences à l’étranger afin de les appliquer par la suite sur le territoire polonais.

Quels sont les principaux objectifs de la politique de votre ministère ?

Nous avons souligné plusieurs caractères en ce qui concerne notre politique ministérielle, proposés au gouvernement, que nous avons surnommé « Solidarité Etatique » visant à réduire la pauvreté et le chômage, qui sont d’ailleurs deux problèmes majeurs de notre pays. Après plus de 17 années de transition économique, nous avons encore un grand taux de chômage et 12% de la population vit encore en dessous du seuil de pauvreté. Le premier objectif vise à établir et mettre en place des solutions qui réduiraient de manière permanente le taux de chômage, le second est d’établir un système de protection sociale pour ceux qui n’auraient pas les moyens de travailler.

Toutefois, il y eut de nombreuses promesses faites lors des précédentes élections à l’égard de ces problèmes. Quelles sont les solutions concrètes que proposent votre parti ?

En terme d’aide familiale, le gouvernement vient de proposer une loi sur les prestations familiales, permettant aux femmes enceintes de recevoir 1000 zlotys pour chaque nouveau né par rapport au seuil de 500 zlotys. Cette aide concerne les foyers qui ont un revenu par individu inférieur à 504 zlotys par mois, ce qui représente déjà plus de 71% des couples. En outre, nous avons allongé les congés de maternité à 18 semaines.

Mais notre politique consiste surtout à mettre l’accent sur les chiffres du chômage. Bien que les taux de chômage soient descendus en dessous des 14,9%, il reste le taux le plus important dans toute l’Union européenne. Ceci nous amène donc à rédiger un nouveau projet de loi afin de promouvoir l’embauche mais aussi de nouveaux marchés pour l’emploi. Des mesures concernent aussi les agences nationales pour l’emploi, car nous nous sommes rendu compte que celles ci ne fonctionnaient pas bien dans certaines situations. Cela concrètement passe l’établissement de deux départements : le service d’enregistrement sur les listes du chômage, le service traitant du chômage lui-même. Le second service traitera des individus qui sont au chômage depuis plus d’une année, ce qui représente plus de 50% des chômeurs. Notre but est de les aider à pouvoir retrouver un emploi et à se réadapter au marché de l’emploi, tâche d’autant plus difficile que celle-ci nécessite l’intervention de conseillers, de psychologues et autres. Les demandes du marché du travail nécessitent que cette population au chômage s’adapte à de nombreux critères. Notre but est de permettre à ces agences nationales pour l’emploi de travailler sur les demandes du marché et aussi de former ces demandeurs d’emploi aux exigences de ces marchés.

Avez vous les finances nécessaires pour financer un tel projet ?

Oui, cette année nous allons dépenser plus de 2,1 millions de zlotys en ce qui concerne le chômage de grande durée, notamment dans la formation et l’adaptation des demandeurs d’emploi aux exigences du marché du travail ainsi qu’à travers différentes politiques pour l’emploi.

Quand pensez vous obtenir les lois adéquates pour appliquer votre projet ?

La loi sur la promotion de l’emploi sera votée pour le premier trimestre 2007. La loi concernant le marché du travail est prévue pour janvier 2008.

La plupart des économistes pensent que la meilleure solution pour réduire le chômage est de créer de nouveaux emplois. En outre, la création d’emploi en Pologne représente un coût trop élevé. Quel est votre point de vue en la matière ?

Cela dépend comment on entreprend notre vision des coûts de la main d’oeuvre en Pologne. Le plus grand problème qui se pose pour les entreprises est de produire un maximum de bénéfices. Donc, leur objectif est de fixer un coût de main d’oeuvre le plus bas possible. Toutefois, lorsque vous jetez un coup d’oeil en ce qui concerne un rapport produit par notre département d’analyses économiques, vous verrez que le coût de la main d’oeuvre en Pologne est l’un des moins élevé dans l’Union européenne. Nous attendons donc une réforme du budget des finances publiques dans le seul but de créer une forme de complémentarité qui puisse inciter les employeurs à embaucher plus de gens. Mais la situation budgétaire reste néanmoins très tendue ces derniers temps.

Quelles sont vos analyses en ce qui concerne le marché de l’emploi ? Quelles menaces vous paraissent elles présentes ? Quelles sont les opportunités ?

L’un des aspects les plus négatifs reste le nombre total de chômeurs à long terme qui est de 1,2 millions de personnes, soit 50% du nombre de chômeurs actuels. Il y a toutefois une situation quelque peu étrange. Nous avons plus de 2,3 millions de chômeurs en Pologne, et d’un autre côté, les employeurs se plaignent de ne pas trouver assez d’employés. Les demandes les plus importantes concernent la bâtiment et le commerce. Notre politique est d’opérer un appui pour ces demandes mais aussi d’effacer les inégalités face au chômages dans les différentes régions.

Pouvez vous confirmer la rumeur suivant laquelle préfèrent ne pas travailler pour un salaire minimum parce qu’ils gagnent un montant sensiblement égal à ce qu’ils touchent pendant le chômage ?

Le bénéfice relatif au droit au chômage reste faible, le montant de 521 zlotys par mois reste relativement moins élevé par rapport au 40% du salaire minimum qui est de 829 zlotys. Nous avons planifié de faire augmenter ce salaire minimum à 936 zlotys pour janvier 2007. En outre, nous devons faire remarquer que ce salaire minimum ne concerne qu’entre 4 et 5% des chômeurs. Donc, je ne suis pas d’accord lorsqu’il s’agît de dire qu’il n’est pas cher payé de travailler en Pologne. La moyenne actuelle des salaires est de 2500 zlotys par mois et ceci est en augmentation dans de nombreux secteurs.

Pensez vous que la vague d’émigration vers d’autres pays puisse menacer l’économie polonaise ?

Il y a à la fois les avantages et les inconvénients à ce mouvement d’émigration. Le principal inconvénient, c’est la perte d’une main d’oeuvre jeune très diplômée dans certains domaines, tel que la médecine... Ainsi, on est amené à penser que ces jeunes gens qui quittent le pays ne contribuent à renforcer le développement de l’économie actuelle de notre pays. L’avantage, c’est que tous ces jeunes polonais qui vont travailler à l’étranger acquièrent de nouvelles cultures, de nouvelles façon de penser et de nouvelles expériences professionnelles, et accroissent leur potentiel linguistique. Ce qui reste à espérer, c’est que tous ces jeunes polonais reviennent en Pologne pour en faire bénéficier l’économie actuelle.

Toutefois, il va devenir urgent de mettre en place une politique qui incite tous ces jeunes à revenir en Pologne. En outre, je pense que le phénomène d’émigration ne restera pas une tendance à long terme. Si nous prenons par exemple le cas de l’Irelande, les jeunes gens qui ont réussi à obtenir de bonnes conditions en profitent pour pouvoir venir s’installer en Pologne pour réaliser leur carrière professionnelle. Tout cela amène à penser que la plupart de tous ces jeunes gens reviendront en Pologne.

Comment les femmes font elles face aux discriminations en Pologne ?

On peut comparer le fait que le salaire des femmes ne représente que 70 à 80% celui des hommes en Pologne, ce qui témoigne effectivement d’une forte discrimination. Mais je pense que cet écart va se réduire lorsque les sociétés continueront de rechercher de la main d’oeuvre. Les employeurs eux-mêmes s’apercevront que les femmes ont un très bon niveau de formation et offrent aussi des services de très bonne qualité.

D’ailleurs, on peut dès à présent voir en Pologne des femmes qui ont réussi à obtenir des positions sociales significatives sur le marché du travail, prenant parfois en main leur propre carrière.

Toutefois, d’un autre côté, il reste encore vrai que la plupart des employeurs préfèrent embaucher des hommes par rapport aux femmes parce qu’ils ont peur que les employées tombent enceinte, et que le nombre d’employés réels a sein de l’entreprise diminue.

En ce qui concerne les discrimination des femmes, quelles relations entretient la Pologne avec l’Union Européenne afin de résoudre ce problème ?

La Pologne est en train de collaborer avec l’Union Européenne, mais nous devons préciser que le problème de l’égalité homme femme ne concerne pas uniquement que le cas de la Pologne au sein de l’ Union Européenne. En outre, de nouveaux points seront apportés au sein du code du travail permettant aux hommes de prendre un congé de maternité afin de prendre soin eux aussi de leurs nouveau nés. Cependant, tous ces problèmes restent difficiles à résoudre quand vous devez faire face à tout un tas de barrières traditionnelles et psychologiques. Notre politique est de briser ces barrières et d’apporter à la société polonaise le maintien d’une parité entre les hommes et les femmes.

Pensez vous apporter des modifications sur l’âge de la retraite pour les femmes ?

Nous laisserons des dispositions qui permettront aux femmes de choisir quand elles décident de vouloir partir à la retraite. Nous ne voulons obliger aucune forme d’âge pré-requis. Ainsi, les femmes pourront décider par elles mêmes si elles choisissent de prendre leur retraite à l’âge de 60 ans ou bien si elles préfèrent rester un peu plus longtemps sur me marché du travail.

Dans la plupart des pays de l’ Union Européenne, il y a des règles qui définissent l’âge du départ à la retraite pour les hommes et les femmes, mais cela n’est pas la cas en Italie et en Pologne.

Mais une réforme sera apportée pour permettre aux femmes qui auraient décidé de rester plus longtemps sur le marché du travail de recevoir une prestation de retraite plus élevée. Ains, lorsqu’une femme aura décidé de partir à la retraite à l’âge de 60 ans, elle recevra 58% de son ancien salaire, tandis qu’une femme qui aura décidée de partir à l’âge de 65 ans recevra 86% de son ancien salaire. Il y a comme même une différence significative entre les deux types de prestation. Toutefois, il faut savoir que de nombreuses femmes préfèrent choisir la première option car cela leur permet de pouvoir s’occuper généralement de leurs petits enfants, ce qui constitue d’ailleurs une composante de la culture polonaise.

Que pensez au fait que la Pologne soit accusée de créer des formes des discriminations à l’égard des minorités sexuelles ?

La Pologne est injustement accusée. Si des formes de discriminations existent, cela reste tout à fait marginal.

Vous faites parti d’un gouvernement incluant la ligue des Familles Polonaises où ce parti politique a affirmé que le rôle des femmes est de rester à la maison et de faire des enfants. Vos réactions ?

Je ne partage pas un tel point de vue. Je suis l’une des plus grande activiste de la défense des droits des femmes sur le marché du travail. J’ai obtenu mon premier emploi à l’âge de 18 ans. J’attribue mon aide à des femmes qui restent libres de faire ce qu’elles veulent Si ces dernières estiment qu’il est plus important de s’occuper de son foyer et de ses enfants, elles restent libres de penser ainsi. Je pense que toute personne doit restée libre de pouvoir poursuivre ses propres ambitions.

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