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Quel message personnel voulez-vous faire passer aux électeurs de la droite, qui s’oppose à l’aide suisse pour la cohésion à l’Est ?
Je dirais une chose : vous êtes devant un choix responsable. Pensez au visage de la Suisse que vous montrez aux autres Européens. Réfléchissez bien sur le message que vous voudriez envoyer à l’Europe. Prenez en considération vos intérêts et vos besoins à long terme. Pensez aux valeurs qui ont fait de l’Europe ce qu’elle est aujourd’hui. Soyez Européens. Après tout, vous l’êtes comme nous, les Polonais.
La Pologne recevra 490 millions de francs, trois fois plus que la Hongrie et la République tchèque, alors que sa croissance est plus robuste. Comment justifiez-vous ce versement ?
La croissance économique et le bien-être des citoyens ne sont pas encore vraiment en phase, en Pologne. Avant de lancer sa machine économique, le pays a traversé, durant les années 1990, une phase douloureuse pour la population. L’aide suisse intervient dans le cadre de la politique européenne de la cohésion, qui sert à rendre homogène le développement des régions polonaises, entre les villes, les villages, et leurs populations.
Quels secteurs d’activité ont le plus besoin d’aide dans votre pays, la santé, l’environnement, ou l’aide aux entreprises ?
Tous. La différence entre la Pologne et les autres Etats européens est, hélas, très grande, dans tous les domaines. La liste des besoins à couvrir par l’aide suisse n’est pas encore établie. La Suisse a présenté ses idées. Les travaux visant à établir nos priorités sont en cours.
Quelles priorités ?
Nous serions intéressés, par exemple, à rendre notre frontière de l’Est plus étanche, à moderniser nos aéroports, améliorer la sécurité énergétique du pays, construire des stations d’épuration des eaux, etc. Il y a de quoi faire en Pologne. La Suisse connaît bien notre situation car elle a déjà beaucoup fait pour nous, dans le passé, dans d’autres domaines.
Lesquels ?
Je me limiterai à évoquer ici l’aide suisse dans le maintien de la démocratie par le renforcement des autorités locales, la mise en œuvre de la « bourse agricole » à Poznan, le soutien financier aux hôpitaux polonais en faillite, la modernisation des chemins de fer et la privatisation des sociétés d’Etat. L’aide de la Suisse dans la transformation économique, politique et démocratique de notre pays ne sera jamais oubliée.
Et pour ce qui est de l’avenir ?
Nous avons le problème du chômage et du déficit des finances publiques. La facture pour l’ouverture du marché polonais est très élevée. Pour faire face à ces défis, nous avons besoin de cadres formés et de l’expérience des pays amis dans l’économie de marché. Le Conseil fédéral et le Parlement s’en rendent parfaitement compte. Nous leur sommes reconnaissants.