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Les problèmes internes de la plate forme politique du PO, auxquels ce parti a été obligé de faire face à la veille du second tour des élections municipales, n’ont pas compromis les chances électorales de Mme Gronkiewicz-Waltz. Sa victoire dans la course à la mairie de Varsovie consolidera le PO pour un temps, sans pour autant résoudre ses problèmes.
Certains hommes politiques du PO espéraient en catimini que Kazimierz Marcinkiewicz remporterait ces élections et consoliderait sa position dans le PiS, suffisamment pour prendrer des mesures provhes de celles souhaitées par le PO et, dans le pire des cas, pour lui permettre de provoquer une scission au sein de son propre parti politique.
Les partisans de cette solution pensaient que Marcinkiewicz pouvait fonder un nouveau parti susceptible de devenir allié du PO dans la nouvelle coalition gouvernementale. En effet, le problème fondamental de la plateforme civile consiste en ce qu’elle n’arrive pas à trouver un tel allié. Même si elle remporte les prochaines élections, elle ne pourra difficilement former toute seule un gouvernement majoritaire.
Les idéalistes du parti du PO estimaient qu’ils arriveraient à s’entendre plus facilement avec un PiS vaincu qu’avec un PiS vainqueur. La réaction de nombreux hommes politiques du PO aux résultats des élections municipales ont montré que dans le parti il y avait toujours de nombreux partisans de cette solution.
Malheureusement pour eux, malgré la défaite du PiS, Jaroslaw Kaczynski n’a rien perdu de son feu sacré. Au lieu d’évoquer la possibilité de quelque compromis, le Premier ministre a immédiatement accusé la plateforme civile, coupable, selon lui, d’un complot avec la gauche, destiné à « faciliter le retour des anciennes pratiques communistes ».
Les dirigeants de la plateforme civile, qui comptaient sur un accord facile avec un PiS humilié, ont visiblement oublié que les échecs n’avaient aucun effet lénifiant sur Jaroslaw Kaczynski, tout au contraire. Quant aux manières d’un PiS vainqueur, le PO en a pris connaissance il y a un an, après la victoire électorale des frères Kaczynski. On comprend que le PO préfère ne pas voir le même scénario se répéter.
Que fait-elle pour l’instant face à cela ? En ce moiment une chose semble plus ou moins certaine : le PO n’arrivera pas à coopérer avec un parti du droit et de l ajustice aussi bien vaincu que vainqueur, malgré les rêves nostalgiques de certains politiciens du PO. En effet, leurs proclamations d’amour ostentatoires, diffusées à la veille des élections, n’ont conduit qu’à l’apparition d’une menace d’éclatement du PO.
Paradoxalement, une telle scission au sein du PO, provoquée par Jan Rokita, démontre des problèmes plus sérieux au sein de la plate forme civile que dans le parti du PiS.
En outre, à l’égard de Jan Rokita et Kazimierz Marcinkiewicz, on avait suggéré que ces deux hommes politiques envisageaient la possibilité de créer un nouveau parti. Quoi qu’il en soit, cette éventualité a perdu en actualité après les élections municipales. Marcinkiewicz a été vaincu par Mme Gronkiewicz-Waltz, quant à Rokita, La plate forme civile devra prendre des décisions vis à vis de son comportement visant à faire connaître son opinion à l’occasion de la Commission Rywin, mais qui, depuis, lui nuit plus que cela aurait, éventuellement, pu l’aidé.
Pour vaincre le PiS lors des prochaines élections parlementaires, le PO doit réunir beaucoup plus de voix qu’il ne l’a fait lors des élections municipales. Il ne peut plus compter sur des électeurs qui ont voté pour lui dans l’espoir de le voir s’allier au PiS. Son électorat actuel se compose principalement de personnes déçues par la gouvernance du PiS. Désormais, le parti de la Plate forme civile ne vaincra que si il devient une alternative réelle au PiS aux yeux de l’opinion publique. Cela signifie en clair qu’il ne peut pas se présenter comme une alternative au PiS et chercher à s’entendre avec lui, parce que les électeurs déçus par le PiS ne soutiendront pas un parti qui se déclare prêt à s’allier à son ancien adversaire immédiatement après les élections.
La déception provoquée par l’activité du gouvernement PiS, et la perspective d’une alliance PO-PiS, favoriseront les partis d’opposition qui se distancieront du PiS, notamment la gauche. D’ores et déjà, elle a enregistré certains succès en centrant sa campagne électorale sur le slogan : « Plus jamais du PiS, ni de PO ».
La gauche a réuni un électorat dégoûté par les avances du PO à l’égard du PiS, et par la stratégie peu claire du parti libéral. Les adversaires du PiS, qui rêvent de voir ce parti éloigné du pouvoir, savent désormais qu’en votant pour le PO, ils risquent de soutenir une alliance PO-PiS. Cette conviction risque de se généraliser, au détriment du PO. En effet, lors des élections municipales, la plate forme civile a réuni les voix des adversaires du PiS, mais la gauche a bénéficié des voix de ceux qui soupçonnaient le parti ce la plate forme civile de vouloir s’entendre avec le PiS.
Si cette tendance se maintient, les partisans du PO qui voteront pour la gauche risquent de dépasser en nombre les personnes déçues par le PiS, qui décideront de soutenir la plateforme civile.
Ces processus peuvent aider la gauche à devenir la seule alternative au PiS. Dans un tel cas, le PO serait réduit à se cantonner dans le rôle d’allié potentiel de l’un ou de l’autre parti. D’ailleurs, ce parti joue d’ores et déjà ce rôle, mais pour l’instant, ce parti reste assez fort.
Affaibli, ce parti ne pourra plus dicter ses conditions. Que devrait faire le PO pour endiguer les tendances défavorables ? En fait, il ne devrait pas beaucoup changer dans son programme politique, mais se concentrer davantage sur son organisation. Le PO, devenu un parti structuré, devrait reprendre ses idées d’origine et chercher à devenir un large mouvement civique, une alternative réelle à un PiS centralisé et bureaucratisé. Il est évident que les bureaucrates, comme Rokita, détonneraient dans un tel entourage.