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L’épiscopat polonais remet à l’ordre radio Maryja

mardi 16 mai 2006.
 

En ce mardi 2 mai 2006, l’épiscopat polonais s’était réuni au sanctuaire de Czestochowa pour décider de placer sous tutelle la radio Maryja, station trés catholique, en ce en permettant par le biais d ’un conseil d ’en superviser la programmation.

Cela trouve son orgine d ’une part entre les déparapages à valeur antisémitiques qui se sont produits par des invités, et d’autre part des tensions entre un parti conservateur, celui du Pis, et une station de radio privée appartenant au père Tadeusz Rydzyk.

Dès à présent, il est clair que cette radio ne doit pas présenter de lien avec la vie politique actuelle, du moins, qu’elle ne se rattache pas à une formation d’un groupe politique, comme l’a fait comprendre l’archevêque de Varsovie-Praga, Leszek Slowoj-Glodz, à la sortie de la conférence épiscopale. De même, cemessage aplus ou moins été adressé directement au père propriétare de cette radio.

Ce puissant moyen de télécommunications au service des "ultras", avec 3 millions d’auditeurs, doit maintenant orienter sa mission vers un objectif purement évangélique. Cela a d’autant plus d’impact que le détenteur de Radio Marija possède aussi la chaîne de télévision Trwam, le quotidien Nasz Dziennik ainsi qu’un réseau associatif trés important.

Cette radio est devenue anti européenne et extrémiste après avoir servi la campagne électorale du parti actuellement au pouvoir, le pis. C’est le premier ministre lui même, Kazimierz Marcinkiewicz, qui fût le premier dirigeant politique polonais à aller se rendre au sein des locaux de cette station de radio appartenant au père Rydzyk. Désormais, ceux sont la plupart des ministres et des députés de ce même parti qui courent auprès des micros del’émission "Rozmowy niedokonczone" ( Conversations sans fin ) qui est elle même placée entre des lectures de prières diffusées quotidiennement par cette même radio.

Katarzyna Czernicka, politologue, explique que "Pour certains groupes sociaux, ce qui est dit sur les ondes de Radio Maryja est parole d’évangile", ainsi que "En s’alliant au PiS, la station intégriste y a vu le moyen d’asseoir sa légitimité. Le parti des frères Kaczynski, celui de mobiliser son électorat qui correspond pour partie à l’audience de Radio Maryja - population rurale, personnes âgées, classe peu éduquée, souvent des femmes".

Ce même politologue explique que les dirigeants du pis utilisent les valeurs morales de l’Eglise catholique polonaise, tel que la famille, les traditions, l’homophobie, l’opposition à l’avertement,...

Cet auteur a décrit cela dans "une Pologne catholique dans une Europe chrétienne"

Pour Jérôme Heurtaux, spécialiste français de la Pologne, "le PiS s’appuie sur une vision religieuse et morale de la démocratie. Aux yeux de cette formation, ceux qui contestent le parti vont donc à l’encontre de préceptes religieux".

Réalimenté par l’affaire Radio Maryja, le débat autour du rôle de l’Eglise dans la vie politique ne laisse personne indifférent. Selon un sondage PBS publié en début d’année, 77 % des Polonais se prononcent contre l’intervention des évêques sur les questions politiques. Mais l’influence de l’Eglise reste néanmoins capitale dans ce pays où 95 % des citoyens se déclarent catholiques.

"Désormais, c’est la politique qui instrumentalise la religion, et se mêle des affaires de l’Eglise", ironise Adam Szostkiewicz, journaliste à Polityka. "L’Eglise évite soigneusement d’interférer trop visiblement dans la vie politique polonaise. Elle ne fait pas de commentaires sur les rebondissements qui rythment la scène politique nationale. Nous sommes loin de l’activisme du début des années 1990. L’Eglise continue à suivre la politique, mais en coulisses", conclut-il. Message

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