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Les conservateurs au pouvoir en Pologne vont désormais gouverner avec les populistes d’Autodéfense (Samoobrona), des antilibéraux hostiles à l’Europe. Mais ils ont échoué à former une coalition majoritaire, le petit parti paysan ayant refusé d’entrer au gouvernement. Signe de l’instabilité politique persistante, l’accord conclu jeudi avec Samoobrona a provoqué dès vendredi la démission du très européen ministre des Affaires étrangères, Stefan Meller.
Initialement prévu ce vendredi, le remaniement ministériel sanctionnant l’entrée de Samoobrona a été repoussé au 5 mai. Les conservateurs du parti Droit et justice (PIS) veulent encore se donner une chance de trouver la douzaine de députés qui leur manquent pour avoir une majorité au Parlement. Ils ne disposent que de 218 sièges sur 460 au total. Ils espèrent notamment attirer au gouvernement la Ligue des familles polonaises (extrême droite catholique), dont ils ont déjà débauché quelques dissidents.
Trois postes devraient échoir à Samoobrona : l’agriculture, le travail et les affaires sociales, ainsi que la mer, un ministère créé pour l’occasion. Le chef du parti, Andrzej Lepper, 51 ans, qui négociait de plus en plus cher le soutien de son parti au cabinet de Kazimierz Marcinkiewicz, obtient ce qu’il voulait : un poste de vice-Premier ministre. Ancien patron d’un élevage de porcs, il s’était fait connaître dans les années 90 en lançant des opérations coup de poing et des blocages de routes pour défendre les agriculteurs. Partisan de la renégociation du traité d’adhésion à l’UE, il a en horreur les « bureaucrates de Bruxelles » et les hypermarchés occidentaux. Il a aussi promis durant la campagne des indemnités chômage qui seraient du niveau de salaire minimum.
Depuis les élections législatives et présidentielle de l’automne dernier, les jumeaux Kaczynski Lech, le chef de l’Etat, et Jaroslaw, le président du PIS tentent de trouver une majorité stable. Ils avaient un temps songé à des élections anticipées, mais, devant la chute de popularité du parti, ils reculent. Le PIS est désormais devancé dans les sondages par leurs grands rivaux, les libéraux de la Plateforme civique. Message