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Petits vols entre amis à Auschwitz : Ocean Sixteen !

samedi 26 décembre 2009.
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Comment se fait il qu’un simple vol, commis à l’intérieur d’un musée d’une certaine renommée, c’est à dire celui d’Auschwitz, puisse prendre de telles proportions internationales ? Il s’agît bien d’un simple vol, dont le seul mobile est l’argent, et en aucun cas un acte antisémite comme certains webzines, dont la qualité de torchon est de finir au fin fond des toilettes, en font la propagande. Histoire de vendre des petites histoires, d’améliorer son trafic, il est toujours aisé d’inventer des polémiques, surtout en jouant sur les fantasmes dus aux craintes liées à l’antisémitisme, et encore plus à l’antisémitisme nazi. Quand bien même ce genre de polémique entrerait en plus dans le cadre de ces « Propagandistes d’opérette », il est encore plus aisé de voir l’imagination maladive de certains pseudo-journalistes déborder de créativité. Qui plus est, nous avons toujours affaire au même genre de presse à sensation, qui ne connaît absolument rien à la Pologne, à la limite, qui se contente de plagier le travail d’autrui, à défaut de pouvoir effectuer un honnête travail d’investigation et de recherche ... et donc de respecter son lectorat.

Le 18 décembre dernier, nous apprenions de la part des principaux médias polonais que l’insigne figurant à l’entrée de l’ancien camp nazi allemand comportant la très célèbre inscription "Arbeit macht frei", signifiant que le travail rend libre, venait d’être volée au cours de la nuit précédente. Cette inscription, faite de métal, avait été fabriquée par l’un des prisonniers de ce camps, Jan Liwacz, attaché au service des serrures. Les premiers résultats de l’enquête effectuée par la police polonaise tendaient à démontrer que le vol avait été commis vers les trois heures du matin, heure à laquelle une personne est supposée avoir escaladé les barrières puis dévissé l’inscription en question. mip200912cpgrdk

Dans la journée même, les représentants politiques, puisque tel est leur rôle, se sont insurgés contre cet acte. Il en fut ainsi du président polonais Lech Kaczyński, qui a qualifié de cinglées les personnes responsables de cet acte, et ajoutant que la peine requise se devait d’être exemplaire. Il en fut de même de la part de Andrzej Przewoźnik, actuel secrétaire du Conseil pour la Protection de la Mémoire des Combattants et des Martyres de Varsovie, qui a expliqué que même Auschwitz, qui est pourtant l’endroit où périrent des centaines de milliers de personnes, est loin d’être à l’abri des actes de vandalisme.

Au moment de la découverte de l’acte, la police privilégiait deux hypothèses. Il pouvait soit s’agir de voleurs qui cherchaient à récupérer des matériaux, ce qui est loin d’être plausible, mais aussi, il se peut que ce vol fut prémédité et que les voleurs aient été aidés de l’intérieur, et cela d’autant plus que les conditions météorologiques laissaient prévaloir une opération difficile. Il se peut aussi que les voleurs aient réussi à faire passer l’inscription tout simplement à travers l’un des murs du camp qui est dans un piteux état, et que par la suite, ils aient utilisé un véhicule pour la transporter.

Ce n’est que trois jours plus tard que l’inscription en question fut retrouvée dans le jardin de l’un des voleurs, dans la commune de Toruń, qui se trouve à plus de 500 kilomètres du camp en question. Cela démontre une certaine efficacité de la part des service de la police polonaise . L’inscription en question fait 5 mètres de long et pèse 40 kilos, et avait été découpée en trois morceaux.

Les voleurs en question sont âgés entre 20 et 39 ans et ils sont déjà connus des services de police pour d’autres infractions. Néanmoins, parmi les principaux éléments qui ressortent de l’enquête, ces derniers n’ont absolument aucun lien avec un quelconque groupe nazi, comme tendaient à vouloir le faire croire les polémistes de pacotille et autres frustrés déçus de ne pas pouvoir trouver une autre affaire d’antisémitisme. Ils sont accusés d’avoir endommagé un monument culturel, ce qui en Pologne peut entraîner 10 années d’emprisonnement. mip200912cpgrdk

Cependant, les autorités judiciaires polonaises ont aussi mené des travaux d’enquête vis à vis du mobile de ce vol. D’après l’un des porte-parole du gouvernement polonais, ce vol aurait tout simplement été une opération en vue de ternir l’image internationale de la Pologne, et ce juste avant la célébration de l’anniversaire de la libération du camps de Auschwitz. Comme le fait savoir Pawel Gras, représentant auprès du bureau du Premier Ministre polonais, dans toute hypothèse où cette affaire ne serait pas résolue d’ici le mois de janvier 2010, toute l’attention se portera uniquement sur le vol et aucunement sur les effets qu’on essaie d’imputer à la Pologne concernant cette affaire.

Bien évidement, certains médias ont surfé sur la vague de la bêtise diffamatoire la plus absolue en prétendant que le vol aurait été commandité par un collectionneur nazi suédois. Ce genre d’imbécilité vient d’ors et déjà d’être publiée par certains animateurs de webzines peu scrupuleux, qui ont repris la désinformation collectivement organisée par d’autres médias étrangers. En effet, la polémique est d’abord apparue au sein de médias polonais, qui ont émis l’hypothèse suivant laquelle le vol aurait pu être commandité par un nazi suédois. Par la suite, le magazine suédois Aftonbladet est allé raconter que l’inscription devait être transportée en direction de la Suède, afin que cette dernière soit vendue par des groupes néo-nazis suédois, et ce dans le but de collecter des fonds afin de mener des actions terroristes contre les dirigeants politiques suédois à la veille des élections de 2010. Bien évidement, dans la moindre mesure où la concurrence entre magazines obligent certains à aller s’alimenter sur internet plus qu’à mener un véritable travail d’investigation, ils ont repris la polémique. Ainsi, des journalistes du New York Times, du New York Daily, ou encore du Jérusalem Post ( qui nous a déjà volé un des nos articles, c’est pour dire leur professionnalisme à la noix ), ou bien même de Haaretz, se sont lâchés lamentablement. Et encore, lamentablement est loin d’être assez fort pour démontrer leur imbécillité. Le Jérusalem Post est allé dire que le gang qui a organisé le vol avait prévu de vendre l’inscription pour financer une attaque contre les autorités suédoise.s Comme c’est bizarre, de pauvres polonais jouant dorénavant au terroristes en Suède, et n’ayant aucun lien avec ces groupes néo nazis. Mais le crétinisme de ces pseudo-journalistes va encore plus loin, puisqu’il y a même des idiots qui sont allés annoncer que le « collectionneur serait nazi ». Qui est nazi à travers toutes ces histoires ? Les voleurs ? Le collectionneur ? Les vendeurs ? Les terroristes ? Ou bien peut être tout simplement personne. Et bien voilà, vous avez tous les éléments d’une presse à scandale qui raconte tout et n’importe quoi, en croyant que personne n’irait vérifier. On passe à une hypothèse, on construit de purs fantasmes autour de cette hypothèse, sans preuve, sans argumentation crédible. On remarquera surtout les étapes successives de ces serpillières journalistiques, qui cherchent tout simplement à vomir leur diffamation concernant la Pologne : une hypothèse, puis des vendeurs néo nazis, puis les polonais voleurs seraient le groupe de néo nazis, et puis comme par magie, ce ne sont plus les vendeurs qui seraient nazis mais le collectionneur . Tout cela se nomme du bourrage de crane en vue de noyer les esprits.

Pour la petite histoire, du moins celle qui semble s’attacher à la réalité, il faut savoir que ce sont tout de même les autorités suédoises qui émettent les doutes les plus importants en ce qui concerne les probables liens entre les voleurs polonais et un mystérieux acheteur localisé en Suède. C’est l’état officiel des informations telle qu’elles sont communiquées par les autorités judiciaires et Interpole aujourd’hui samedi 26 décembre 2009. Et il semble bien, comme qui dirait, que certaines personnes aient vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Bien évidemment, les services de renseignements suédois savent très bien qu’il existe des groupes néo-nazis en suède, et que des mesures anti terroristes ont été prises à l’égard de ces derniers. Entre le témoignage de l’un des anciens dirigeants de groupe nazi suédois qui affirme, dans le reportage du magazine AftonBladet, ce qui peut être vrai, qu’il existe des collectionneurs prêts à payer des millions pour acheter l’inscription du camps, et le fait que les autorités judiciaires polonaise et suédoise confirment pour l’instant qu’il n’y a pas de lien, ni avec la Suède, ni avec des nazis, il y a tout de même une grande différence. Par contre, d’après un témoignage du Times, l’opération aurait effectivement été commanditée depuis l’étranger, et l’insigne aurait due être vendue à des collectionneurs européens, mais encore là, rien ne démontre l’existence d’un seul lien avec un quelconque groupe néo-nazi. Les vols les plus incroyables, des pièces les plus prestigieuses, localisées dans des musées européens surprotégés, sont une coutume courante, et les acheteurs ne manquent pas. Le fait de voler la vieille et tristounette inscription sur le camp nazi n’en fait pas un acte antisémite, par contre sa valeur est surement inestimable aux yeux de contrebandiers, puisque la valeur monétaire nominative progresse proportionnellement à la valeur symbolique, et non sentimentale. Les autorités polonaises confirment que le commanditeur de l’affaire est basé à l’étranger, par contre aucune piste ne laisse à supposer que celui-ci réside en Suède. mip200912cpgrdk

Á l’heure actuelle, les cinq voleurs polonais ont été placés en garde à vue, mais aussi trois des gardiens du musée ont été suspendus de leurs fonctions. Le chef de la bande sera placé en détention provisoire pendant une durée de trois mois le temps que le parquet polonais puisse réunir les charges qui pèsent contre ce dernier et contre les quatre autres membres. C’est le responsable du groupe qui a été en contact avec le commanditeur, dont la localisation en Suède ne reste qu’une hypothèse.

Entre temps, certains rapports tendent à démontrer que les gardiens avaient mal effectué leur fonction de surveillance le matin même où l’inscription avait été dérobée. Les autorités polonaises ont ainsi critiqué le système de sécurité du musée. En effet, quatre des voleurs ont pu rentrer une première fois dans le musée vers 21 heures. Cependant, les quatre voleurs s’étant rendu compte qu’ils n’avaient pas tous les outils nécessaire pour décrocher l’inscription, ils seraient repartis à partir d’un trou laissé dans la clôture. Ils sont revenus par la suite une deuxième fois pour venir chercher l’inscription.

Comment un tel vol a t’il pu être commis avec une telle dose d’amateurisme, surtout le fait de pouvoir aller et venir à volonté pour les voleurs, grâce à un trou laissé dans la clôture ? Le camps de Auschwitz est en déperdition, si bien que dans quelques années ce camps n’existera même plus. Face à l’appel qu’avait déjà lancé le gouvernement polonais pour obtenir les fonds nécessaires afin de restaurer ce camps, face à l’abandon international de ce même camp, il ne fallait pas s’étonner de voir se produire ce genre de conséquence, dans un pays où on éprouve aucun scrupule à aller voler tout et n’importe quoi. Ce n’est pas à la Pologne, pays déjà endetté, d’aller reconstruire ce camps. Par ailleurs, Auschwitz est de très loin l’une des destinations les plus privilégiées en Pologne, il y a bien plus d’endroits plus intéressants. Ce sont même des israéliens qui le disent eux mêmes, soient qu’ils préfèrent aller visiter Cracovie, Varsovie ou Zakopane, soient qu’ils préfèrent aller se rendre en discothèque après s’être ennuyés lors d’une visite à Auschwitz, ce qui fut effectivement l’objet de scandales il y a encore de cela quelques années. Il y a même eu plusieurs projets de construction de discothèques près du camp nazi, histoire de passer quelques « soirées branchées ». On ne vous parle même pas des projets folkloriques que cherche à entreprendre le maire de la ville de Oświęcim.

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