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L’actuel président de la République de Pologne, c’est à dire Lech Kaczyński, vient de demander aux États Unis d’Amérique que ces derniers remplissent leurs obligations concernant l’installation du bouclier antimissile sur les sols polonais et tchèques. Celui-ci a par ailleurs mis en garde les États Unis d’Amérique que la Pologne interpréterait toute tentative américaine tendant à abandonner l’installation de ce bouclier antimissile comme un geste déplacé en matière de relations internationales entre les deux nations. Pour le président américain, les autorités américaines sont désormais engagées dans le processus d’installation du bouclier antimissile qui doit se composer de bases servant à intercepter tout missile ou ogive nucléaire sur le sol polonais, ainsi que d’un radar devant être construit sur le sol de la République Tchèque. Il estime que ces obligations ressortent des accords internationaux qui ont été signés depuis l’été dernier, à une époque où l’administration américaine n’avait pas non plus hésité à faire pression sur le gouvernement polonais pour le contraindre à accepter l’installation de ce bouclier antimissile. Lech Kaczyński « Un traité a été signé, et j’estime, quelle que puisse être l’actuelle administration américaine à l’heure actuelle au pouvoir à la Maison Blanche, que ces accords se doivent d’être respectés » . mip200903cpgrdk
L’intervention du président polonais traduit avant tout l’inquiétude de Varsovie vis à vis de la position du président américain Barack Obama qui pourrait mettre fin à l’installation du bouclier antimissile, censé devoir protéger les continents européen et américain contre d’éventuelles attaques en provenances des pays du Moyen Orient, et ce en vue de satisfaire les demandes de la Russie. Néanmoins, l’actuel Premier Ministre polonais, Donald Tusk, prend un peu plus de recul par rapport au Président, et choisi une position un peu plus diplomatique vis à vis de l’éventuel retrait du bouclier antimissile dans la perspective de faciliter les relations avec la Russie.
Les autorités russes restent pour l’instant fermement opposées à l’installation du bouclier antimissile américain en Europe Centrale et Orientale, c’est à dire à proximité de ses frontières, car elle juge ce dernier comme une menace potentielle à la sécurité de son propre territoire. L’année dernière, les autorités russes n’avaient pas hésité à brandir la menace nucléaire si un tel système devait être installé. Entre temps, l’administration américaine a changé, on est passé des républicains à la nouvelle administration de Barack Obama qui lui est démocrate et moins favorable à l’extension des conflits armés, et les États Unis d’Amérique doivent faire face à une crise économique qui remet sérieusement en cause leur capacité à financer un tel projet. Cependant, les nouvelles autorités américaines ont aussi cherché à apaiser les préoccupations des autorités polonaises en leur annonçant que les États Unis d’Amérique livreraient à la Pologne des systèmes de protection dits Patriot, et cela quand bien même le bouclier antimissile ne serait pas installé. Les opinions restent partagées au sein de la classe politique polonaises, surtout dans le camps des conservateurs pour qui le déploiement de ce système antimissile signifiait une meilleure protection pour la Pologne et un resserrement des relations entre les deux nations, ce qui se traduirait par une meilleure affirmation de la Pologne qui aurait moins à craindre l’influence de son voisin russe.
D’après le président Kaczyński, « Ce système de protection est extrêmement important pour la Pologne, et non pas uniquement en cas d’attaque en provenance d’états terroristes localisés au Moyen Orient, mais aussi pour tout un tas d’autres raisons géopolitiques. » . L’opinion plus conservatrice estime ainsi que les intérêts de la Pologne ont une nouvelle fois fait les frais de la politique internationale, et annonce qu’il y a désormais pas mal de polonais qui ont l’air d’avoir oublié que cette même Pologne avait été abandonnée par ses alliés occidentaux au cours de la seconde guerre mondiale pour la délaisser à la domination soviétique, et ce dans le seul objectif de conserver de bonnes relations avec Staline.