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Ce n’est pas ma première fois que les autorités russes provoquent de petits États dont les valeurs de souveraineté et d’indépendance leur tiennent à coeur, cela ne fait que confirmer le plaisir que les autorités russes éprouvent en posant des problèmes plus que fréquents auprès des nations qui bordent ses frontières. L’invasion géorgienne est presque surprenante, elle pourrait même passer inaperçue en ces temps de jeux olympiques, où l’ont retient plus fréquemment la polémique des autorités chinoises auprès du peuple tibétain, mais cette invasion aurait presque pu être prévue, et l’immobilisme des puissances occidentales démontre bien l’envergure de ce problème : si les forces de l’OTAN prennent trop à coeur ce projet, le risque de conflit armé avec la Russie devient quasi inévitable. L’un des points communs de la Russie avec la Chine : il s’agît des deux plus importantes nations où prirent naissance un pouvoir central communiste. La Russie a fait semblant de se démocratiser, elle a connu une transition d’anarchie avant de finir dans un statut intermédiaire entre l’oligarchie et le totalitarisme, ou démocratie camouflée. La Chine s’est partiellement démocratisée : elle a ouvert son économie au libéralisme, pour éviter de sombrer comme l’empire soviétique, mais le pouvoir reste despotique, puisque à la base la notion même de communisme est le pouvoir dans les mains du peuple, ce qui n’est pas le cas en Chine. Le pouvoir politique chinois s’affiche comme communiste, mais sa mise en application est totalitaire, ce qui n’a rien à voir avec les notions de république ( Res Publica : pour le bien du peuple ) et de démocratie ( la chose exercée par le peuple ) . mip2008cpgrdk
On aurait tout simplement dû expliquer aux autorités de Tbilissi, la capitale géorgienne, de mener une politique extérieure prudente, mais ce genre d’annonce reste très facile à faire lorsque la plupart des peuples européens vivent dans des démocraties appartenant soit à l’Union Européenne, où la France constitue une puissance nucléaire, ou encore appartenant à l’un des pays membres du pacte de l’Atlantique Nord, c’est à dire l’OTAN. Cela fait déjà plusieurs décennies que la Géorgie fait l’objet de menaces et de répressions par les autorités russes, voir même soviétiques, puisque les premières pressions ont été exercées par Mikhaïl Gorbatchev lui même. On peut certes remettre en cause l’activité du président géorgien Mikheil Saakashvili puisqu’elle aurait été de loin très populaire en Géorgie. Nonobstant, il reste le chef de l’État géorgien, démocratiquement élu. On peut donc se demander combien de temps devra t’il encore supporter les manoeuvres d’intimidation effectuées par les autorités russes, ou encore les cas de violence directe sans que son propre peuple ne réagisse ? Par ailleurs, les géorgiens constituent un peuple pour lequel l’honneur est l’une des valeurs les plus importantes, ils leur sera difficilement concevable de devoir supporter plus longtemps une telle invasion.
Pour l’instant, la plupart des gouvernements européens et les autorités américaines ont essayé d’organiser un dialogue avec les autorités russes, sans plus ni moins condamner cette invasion. La plupart des autorités occidentales craignent toute montée des tensions et ne veulent pas aggraver leur relation avec la Russie. La seule réaction qui s’en dégage reste tout de même un certain silence, un certain immobilisme. Le président russe n’a pas respecté l’engagement suivant lequel il avait promis de faire retirer les troupes russes du territoire géorgien. Quelle contrainte existe donc concrètement sur la Russie ? S’opposer par la force à la Russie, c’est déclarer la guerre à la Russie, et il est fort peu probable qu’une nation occidentale acceptera d’aller envoyer ses forces armées contre la Russie.
A l’heure actuelle, les dirigeants des Républiques d’Europe Centrale et Orientale, telle que la Pologne, l’Ukraine, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont compris quelle était la politique impérialiste de Vladimir Poutine, actuel président de fait de la Russie même si le président officiel reste Medvedev. La Géorgie n’est rien d’autre que le premier pays sur lequel la Russie veut réinstaller son ancienne sphère d’influence comme elle pouvait en disposer autrefois lors de l’empire soviétique. Si on examine de près une telle zone, celle-ci inclut de nombreux pays appartenant à l’Union Européenne ainsi qu’à l’OTAN. Si le scénario envisagé se produisait, non seulement l’OTAN cesserait d’exister, mais l’Union Européenne devra subir une atteinte à la souveraineté de son territoire. Avec la crise géorgienne, le monde occidental perd de plus en plus de crédibilité en raison de son immobilisme, et ceci d’autant plus que les valeurs d’indépendance, de liberté, propres à la culture occidentale, sont profondément menacées.
Le Dossier du conflit entre la Géorgie, l’Ossétie et la Russie.
Pétition en soutien au peuple Géorgien et contre l’occupation de la Géorgie par l’armée russe.