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Dimanche dernier, le Président de la République de la Pologne, Lech Kaczyński, est venu passer un coup de téléphone à son ami , le président français Nicolas Sarkozy, afin de pouvoir envisager la réponse de l’Union Européenne auprès de l’assaut militaire que vient de subir la Géorgie par l’armée russe. Ce n’est pas la première fois que le président polonais a averti et aidé son ami le président géorgien, ce qui se passe « étant d’autant plus prévisible qu’on sentait que la Russie aurait à coeur d’intervenir militairement dans la région indépendantiste d’Ossétie du Sud, en vue de s’attaquer aux Oléoducs et imposer sa suprématie géopolitique sur le continent européen. L’heure est d’autant plus grave à l’heure actuelle que la Russie, principal attaquant dans l’affaire, disposera de son droit de veto au sein de l’Organisation des Nations Unies. Quand à la Chine, qui organise actuellement les Jeux Olympiques, il lui sera difficile de voter une disposition d’entrer en conflit armée, surtout qu’elle est elle-même critiquée avec sa position vis à vis des régions indépendantes tibétaines et musulmanes. Pour ce qui est des États Unis d’Amérique, leur position est relativement proportionnelle à leurs intérêts économiques : une bonne guerre en Irak se justifie pour les intérêts pétrolifères, mais la crise des Balkans laissait place à un conflit latent. La crise géorgienne, de cette Géorgie localisée en Europe Orientale, et non pas comme l’un des États membres des États Unis d’Amérique, est laissée à l’abandon. La seule entité géopolitique qui peut sauver ce pays reste l’Union Européenne qui doit, coûte que coûte, s’opposer aux forces armées russes. La Géorgie correspond aux critères subjectifs et objectifs des nations de culture européenne. Ce pays aspire, via l’extension de la coopération européenne orientale, à devenir l’un des prochains membres de l’Union Européenne, et ceci grâce aux relations très étroites et amicales du président polonais avec le président géorgien, mais aussi grâce aux projets de coopération et de développement qui ont été présentés auprès des autorités de Bruxelles par les Premiers Ministre polonais et suédois, dans le but d’intégrer l’Ukraine, la Géorgie, la Biélorussie, dans l’Union Européenne. L’Ukraine et la Géorgie avaient aussi prévu d’entrer dans le Pacte de l’Atlantique Nord. mip2008cpgrdk
La crise s’explique pour des raisons géostratégiques. La Russie, qui s’est débarrassé de son régime communiste, n’a pas su devenir une démocratie. C’est devenu une pure oligarchie, où les plus riches forment une gigantesque mafia, et pour assouvir le mécontentement des couches populaires, Vladimir Putin a compris que ce qui calmerait la population russe, c’est d’entretenir un nationalisme plus que démesuré. La Grande Russie perd de ses zones d’influences, l’Europe progresse, l’OTAN aussi. Ce gigantesque pays doit se protéger aussi contre les divisions internes, car il possède à l’heure l’un des sous-sols les plus riches en matières premières. Malgré la totale désorganisation économique, le seul atout de la Russie reste les richesses de son sous-sol, et elle entend bien l’utiliser pour mener à terme d’autres objectifs géopolitiques. La Géorgie est une proie de taille très faible, sur lequel réside l’Ossétie du Sud, une région revendiquant son indépendance. C’est l’aubaine russe : appuyer les revendications indépendantistes pour miner l’organisation d’une nation. Peut on reprocher à la Russie d’appuyer un mouvement d’indépendance ? C’est toute la question de la définition d’une nation, Ernest Renan et Fichte se posant comme de bonnes piqûres de rappel. Avant d’appuyer un mouvement d’indépendance, il faut étudier ce à quoi nous nous apprêtons à défendre. Le sujet est d’actualité, il suffit de jeter un coup d’oeil sur celle des Jeux Olympiques de Pékin et de la crise tibétaine. Défendre un peuple et sa culture est une très bonne chose, mais on doit se poser de bonnes questions : est ce que cela doit passer indéniablement par l’indépendance ? Est ce qu’une nation peut laisser apparaître des différences culturelles ? Il y a des États Fédéraux qui ont répondu à cette question, certains sont de très bons exemples, comme la Suisse, d’autres moins, comme la Belgique, mais la Suisse s’est créée d’elle même, pas la Belgique. Et regardons ce que demande le Dalaï-lama : la reconnaissance de sa culture, il n’a jamais mentionné un gouvernement indépendant. On est donc loin de l’exigence du Tibet libre, et les relations internationales se sont toujours construites à partir de négociations, de compromis. L’intervention du conflit armée est la conséquence de l’échec de ces négociations.
Ici, il s’agît d’appuyer un mouvement d’indépendance en vue d’occuper géographiquement une sphère d’influence économique, autant dire que soutenir une telle indépendance est déjà viciée de toute forme humanitaire. Défendre l’indépendance totale tibétaine, cela peut aussi être perçu subjectivement comme une tentative occidentale démesurée de mettre un frein au dragon chinois qu’on estime menaçant : cela a du bon, mais aussi du mauvais. Les relations internationales sont bien plus complexes que le simple fait de prendre une position partisane : il convient de les étudier en profondeur, avec le maximum d’objectivité. Après tout, les populations flamandes du nord de la France au dix neuvième siècle ont aussi fait l’objet de persécutions et de répressions, sous prétexte que ces gens parlaient leur langue locale, qui n’avait rien à voir avec le ch’ti, mais qui n’était ni plus ni moins la langue néerlandaise déclinée en un dialecte propre au Westhoek.
Le ministre français des affaires étrangères, Monsieur Kouchner Bernard, s’est rendu à Moscou ainsi qu’à Tbilissi, c’est à dire la capital de la Géorgie afin de tenter de trouver une solution au conflit géorgien. Le président polonais s’est aussi entretenu en la matière avec Nicolas Sarkozy et ce d’autant plus que le président français assure en ce moment la présidence de l’Union Européenne jusqu’à la fin de l’année. Il s’agît pour le président polonais de faire en sorte que l’Union Européenne s’oppose à l’impérialisme de la Russie. Si personne ne réagit face à cette invasion, il n’est pas impossible que le nationalisme russe pousse la Russie à aller conquérir les anciennes nations qui étaient passées sous le contrôle de l’ancienne Russie soviétique. Le directeur des affaires étrangères de la chancellerie présidentielle polonaise, Mariusz Handzlik, a expliqué que le président polonais avait aussi pris contact avec le président Géorgien, Saakashvili Mikheil, ainsi qu’avec l’ambassadeur de la Géorgie en Pologne. Il s’est aussi entretenu avec le président lituanien Valdas Adamkus et avec le président ukrainien Wiktor Juszczenko.
Le ministre polonais des affaires étrangères, Radosław Sikorski, a demandé à ce qu’une force internationale de la paix soit envoyée en Géorgie. Cette décision pourrait être prise lors du prochain sommet des diplomates de l’Union Européenne. Pour l’instant, l’Union Européenne a offert plus d’un million d’euros pour les victimes de guerre. On compte dorénavant plus de 2000 personnes qui viennent de trouver la mort dans le conflit géorgien.
Le Dossier du conflit entre la Géorgie, l’Ossétie et la Russie.
Pétition en soutien au peuple Géorgien et contre l’occupation de la Géorgie par l’armée russe.
| Date | Nom | Message |
|---|---|---|
| 15 août | Ania |
Voici le commentaire de Anne Antomarchi, journaliste francophone à Montréal, fidèle admiratrice de la Toute Puissante Russie, qui s’est fait remarquée pour ses prises de position contre les commentaires de la presse occidentale. Elle reproche aux journaux français de critiquer le régime russe, sans apporter d’éléments tangibles à la défense de la démocratie et de l’Etat de droit. Qui plus est, ses commentaires ont été validé sur le journal détenu par le Soviet Suprême Moderne qu’est RIA Novosti, où le Kremlin filtre l’information, de la même manière que Bush fait filtrer CNN, et où bat de plein fouet la propagande Poutiniste.
"La Pologne et la GÉORGIE NE DEVRAIENT PAS SE VENDRE AUX AMÉRICAINS, partout où ils ont mis leurs nez ça été un désastre ! Mais on n’y peut rien..." : c’est ce qu’on appelle le commentaire d’une journaliste ? Pas très constructif, pas très lisible, pas très argumenté, laissant plus la place à des pulsions "RACISTES" et "Xenophobes" plutôt qu’à un commentaire instructif. Encore une fois, on ne devrait pas valider de tels torchons, mais comme on en connaît l’origine, cela sera justement instructif.
Déjà, Madame, vous ne connaissez absolument rien à l’Histoire. Jusqu’à présent, et à tous les siècles, c’est bien la Russie qui a tenté d’envahir la Pologne, et pas l’inverse. Je doute fort aussi que ce soit la Géorgie qui ai tenté d’envahir la Russie. C’est comme avec la Tchétchènie, en entendant le même discours dans la bouche des russes : ceux sont les tchétchènes qui auraient mis leur nez partout.... bizarre. Encore plus étrange : la Finlande est entrée en conflit avec la Russie, le Japon aussi,... finalement, la Russie est entourée de méchants ennemis. C’est comme la Chine qui a dit à l’URSS d’aller voir ailleurs, comme la Yougoslavie de Tito, comme partout ailleurs. Finalement, le seul pays qui a eu des conflits avec autant de nation, c’est la Russie.
Historiquement parlant, l’URSS n’est pas venue libérer la Pologne au lendemain de la seconde guerre mondiale, mais elle est venue pour l’envahir. Et l’une des plus importantes pratiques issues du régime soviétique, ce furent les génocides commis contre les citoyens polonais d’origine juive. La Russie a juste continué le travail de l’Holocauste qu’avait commencé l’Allemagne nazi. Alors question de leçons historiques, l’URSS ferrait mieux de rester à l’ombre.
Enfin, si vous aimez la Russie, vous devez certainement savoir que la plupart de la population étudiante russe n’est pas lobotomisée au nationalisme de Poutine, et que la population qui dispose d’un minimum d’éducation n’a jamais soutenue les conflits en Tchétchènie comme en Géorgie. Par contre, vous n’aidez pas la Russie en inversant les rôles avec la Pologne et la Géorgie.
Ni la Pologne, ni la Géorgie ne se sont vendues aux USA. Ces pays sont autonomes, ce qui signifient qu’ils disposent de leur propre souveraineté, ce qui implique qu’ils ont le droit d’adhérer aux traités internationaux qu’ils souhaitent, sans devoir se soumettre à la volonté d’un état tiers. C’est la base élémentaire des relations internationales. Par ailleurs, le Premier Ministre polonais, Donald Tusk, n’a pas encore son feu vert, et à ce niveau, cela reste le gouvernement polonais qui décide, et vu l’état des négociations, on peut affirmer que la Pologne est un très bon négociateur et ne s’est pas vendue. La Pologne se fout des menaces du gouvernement de Poutine, qui pourra toujours aller voir ailleurs, car les menaces de son gouvernement ne le conduiront qu’à le rendre encore plus ridicule aux yeux de l’opinion internationale.
Tenez, une petite référence dans les Cours de philosophie politique de Blandine Kriegel au Cours du Collège universitaire français de Moscou :
Exite t’il un développement européen ? Oui, répondait Hegel, l’Europe "l’Ouest absolu du monde", est le continent où la substance devient sujet, où se manifeste l’histoire comme avènement de l’Esprit : l’Europe a été le berceau de l’Etat de droit. Pourtant, après Auschwitz, les goulags , les impérialismes, le colonialisme, nous sommes obligés d’ajouter que l’Europe a aussi été le tombeau de l’Etat de droit. Faut-il renoncer alors à l’identité de l’Europe et conclure au non-sens de l’histoire ? Peut-être pas si on observe que l’Europe a été le berceau et le tombeau de l’Etat de droit mais pas au même moment, ni au même endroit. Le développement européen peut être interprété, non comme une lutte entre un Occident avancé et un Orient arriéré.....mais comme un affrontement entre le modèle politique des Empires et le modèle des Etats de droit. On peut alors reconstruire le sens de l’histoire européenne, à la condition de distinguer entre l’idéal d’une politique universelle commune à toute l’Europe et le développement européen toujours particulier et aléatoire de chaque nation.
Chacune des nations se développent en fonction de principes universels, mais chacune des nations dispose de sa propre histoire, culture. Mais dans tous les cas, aucune nation ne dispose du droit d’annexer une autre nation, comme le fait à l’heure actuelle la Russie vis à vis de la Géorgie.
Tant que la Russie restera un régime dictatorial, nationaliste, elle n’aura aucune chance de pouvoir se développer en étroite collaboration avec l’Europe. Elle ne peut donc que rencontrer l’opposition des nations européennes lorsque leur voisin se fait annexer.