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Le journaliste Wojciech Sumliński, qui venait de se faire arrêter sous ordre du parquet de Varsovie au cours de cette semaine, vient de tenter de se suicider. Il a s’est foulé le cou au sein de l’église Stanisław Kosta de Varsovie et est dorénavant sous traitement médical. Wojciech Sumliński est accusé d’avoir soudoyé une forme de protection, ou discrétion, auprès d’agents ayant appartenu aux anciens services de renseignements militaires encore surnommés WSI. ( l’affaire est traitée plus en détail dans cet article : La justice polonaise ordonne l’arrestation d’un journaliste corrompu. , jeudi 31 juillet 2008 par Ania Kaczmarek )
Juste avant son arrestation, Wojciech Sumliński avait envoyé une lettre au quotidien Rzeczpospolita Polska en expliquant que son arrestation était avant tout une mise en scène en vue de camoufler une certaine revanche politique. Cette revanche proviendrait, suivant les explications de Wojciech Sumliński, de la volonté de contester les travaux qui ont été effectués dans l’enquête relative aux anciens officiers ayant appartenu aux anciens services de renseignements militaires. Cette enquête est d’autant plus importante qu’elle permet de distinguer parmi les anciens agents lesquels ne sont pas corrompus et peuvent désormais aller rejoindre la nouvelle structure de services de renseignements militaires, puisque les anciens services de renseignements dits WSI ont été dissolus par le gouvernement de Jarosław Kaczyński. mip2008cpgrdk
Au sein de cette lettre, Wojciech Sumliński détaille ses enquêtes, et précise que certaines d’entre elles pourraient créer un véritable scandale parmi plusieurs personnes qui disposent de postes à forte responsabilité au sein de la société polonaise, comme par exemple le directeur de l’Agence de la Sécurité Interne, Jacek Mąka. Cette Agence de la Sécurité Interne est connue pour de nombreuses affaires au sein desquelles est remise en cause de nombreuses irrégularités de procédure. Jacek Mąka aurait reçu un appartement ainsi que plus d’un million de zlotys à travers des versements illégaux. L’Agence de la Sécurité Interne a répondu que les accusations qui pesaient sur Jacek Mąka étaient fausses.
Entre temps, l’organisation des journalistes de la République de Pologne vient de prendre parti pour Wojciech Sumliński, en protestant vigoureusement contre ce genre d’intimidation brutale à l’encontre du travail d’investigation d’un journaliste. Cette affaire est loin d’être finie, car elle touche aux plus hautes sphères du monde politique polonais. L’ancien garde des sceaux polonais, c’est à dire Zbigniew Ziobro, appartenant à la formation politique de Droit et Justice (PiS), a demandé publiquement au chef du gouvernement, c’est à dire l’actuel Premier Ministre polonais Donald Tusk et appartenant à la formation politique de la Plate-forme Civique (PO) , si ce dernier exerçait un pouvoir de contrôle sur les actuels services de renseignements militaires , ou bien si l’emploi du temps du Donald Tusk était subordonné à l’activité des services en question.. L’épouse de Wojciech Sumliński est aussi intervenue en dénommant les accusations pesant sur son mari comme ce qu’il y a de plus absurde et demande pourquoi, un homme qui est censé s’être engagé contre la corruption et a enquêté dessus au cours de sa carrière professionnelle, verrait lui même cette corruption se rabattre sur ce dernier.