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La Commission Européenne accorde deux mois de délais à la Pologne pour sauver ses ports historiques.

samedi 19 juillet 2008.
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Depuis que l’actuel Premier Ministre polonais, Donald Tusk, a su faire pression sur les autorités européennes, la Commission Européenne a accordé un délais de deux mois supplémentaires pour permettre à la Pologne de sauver économiquement deux de ses ports qui ont une forte connotation historique. La Pologne s’est donc aussi engagée à présenter d’ici le 12 septembre prochain un plan de restructuration économique stable des ports de Gdansk et de Szczecin qui sont menacés par la faillite et ce au moment même où sont tombés sur les pêcheurs polonais des quotas et limitations de pêche devenus beaucoup plus importants qu’auparavant. Le plan présenté par la Pologne pourra recevoir une subvention européenne si la Commission Européenne le considère comme viable et concret. mip2008cpgrdk

Par contre, la Commission Européenne avait refusé un précédent plan de restructuration économique proposé par la Pologne parce qu’elle désire, via le mécanisme des subventions, pouvoir contrôler et superviser l’évolution économique de sauvetage de ces deux ports. Par ailleurs, elle ne peut pas non plus se permettre de distribuer des fonds issus du trésor public européen sans aucun contrôle. Le commissaire européen chargé des affaires de la concurrence, Neelie Kross, a refusé ce précédent plan car il ne remplissait pas les critères satisfaisant aux objectifs de la Commission Européenne. Cependant, la Commission a repoussé à deux mois supplémentaires toute forme de décision négative vis à vis de ces deux ports en raison de deux facteurs : d’une part l’afflux d’investissements privés en vue de racheter ces deux ports, d’autres part, l’engagement pris par le Premier Ministre polonais de présenter un plan stable d’ici le 12 septembre prochain. La décision de la Commission Européenne a aussi suscité l’entendement du ministre polonais du trésor public, Aleksander Grad, qui estime qu’un tel délais était devenu fondamental. Deux mois sont largement suffisants pour proposer un nouveau plan de restructuration viable et acceptable par la Commission Européenne. Par ailleurs, la Commission Européenne a aussi toléré le fait que le trésor public polonais puisse partiellement absorbé une partie de la dette des anciens ports communistes. Ce genre d’exception reste assez surprenante, puisque l’un des principes majeurs qui fondent l’un des piliers de la Communauté Européenne est celui de la libre concurrence, posant ainsi l’interdiction de l’interventionnisme économique ou encore de l’afflux supplémentaires de capitaux étatiques dans des entreprises privées, puisque cela aurait tendance à fausser le jeu de la libre concurrence.

A l’heure actuelle, les deux ports polonais sont criblés de dettes et ont reçu plus de deux milliards d’aide en provenance des fonds européens depuis que la Pologne a intégré l’Union Européenne en 2004. Normalement, le prochain plan de restructuration doit comprendre des mesures de privatisation pour qu’il puisse être accepté par la Commission Européenne. Jusqu’à présent, la Pologne n’a pas été en mesure de présenter des plans acceptables par la Commission Européenne, qui a elle même menacé la Pologne de devoir rembourser les aides déjà versées dans le passé si elle ne prenait pas de mesures nécessaires à sauver ces deux ports. Comme l’a annoncé le porte-parole de la Commission Européenne, Jonathan Todd, il faut aussi bien prendre en compte ces deux ports et les emplois qu’ils représentent mais aussi penser aux intérêts de l’ensemble des ports européens, et la Commission Européenne ne peut pas se permettre de favoriser certains ports par rapport à d’autres au risque d’entraver la concurrence.

Ces deux ports ont une connotation historique parce que c’est ici que furent tués par les forces de la police communiste plusieurs polonais qui avaient lutté pour l’indépendance de la Pologne dans les années 1980 ou encore dans les années 1970 contre les augmentations des prix de la nourriture. C’est aussi sur le port de Gdansk qu’a commencé à naître le mouvement de protestation Solidarność et qui a contribué à la chute du régime communiste en Pologne.

Une telle situation en est arrivée à de tels excès et ce depuis que la Pologne a perçu plus de deux milliards d’euros d’aide pour ces ports depuis 2004. Pendant ces quatre dernières années, les règles qui se devaient d’être respectées en matière de subvention n’ont pas été respectées par les gouvernements polonais, et c’est la raison pour laquelle la Commission Européenne menace d’exiger le remboursement de ces deux milliards d’euros, ce qui inévitablement plongerait ces deux ports dans une banqueroute immédiate.

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