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En ayant présenté sa démission au Roi dans la soirée de lundi sans même avoir au préalable convoqué un conseil des ministres restreint, le premier ministre a créé un effet de surprise dans le monde politique belge. Mais en fin de compte n’était ce pas, dans son esprit, le but recherché ?mip2008fwbk
Dès le lendemain, de nombreuses déclarations de représentants de partis ont dans l’ensemble fait part de leur étonnement vu que des accords socio-économiques avaient été conclus à 80%, qu’il suffisait de présenter ces accords devant la Chambre pour être votés et que les 20% restants ne concernaient que des finalisations au niveau de la justice ou encore de l’immigration.
Si monsieur Leterme avait dû présenter sa déclaration gouvernementale à la Chambre, il est fort probable que des questions embarrassantes au sujet de l’avancement les problèmes relatifs au communautaire et BHV lui auraient été posées et le premier ministre aurait été obligé de constater que rien de bien précis n’avait été conclu et par la même occasion devoir reconnaître son échec. La question de confiance au gouvernement aurait pu être évoquée et le devoir de démissionner de ses fonctions plus que probable.
Il ne faut pas oublier que monsieur Leterme avait souligné qu’il avait fait tout ce qui était humainement possible pour arriver à conclure un accord sur le communautaire mais que selon lui les seules discussions au sein du gouvernement fédéral n’étaient pas suffisantes et qu’il fallait maintenant élargir les débats en faisant participer les Régions et Communautés.
Alors, monsieur Leterme aurait-il vu juste ? En présentant sa démission au Roi, il entraîne par la force des choses la démission de son gouvernement et par la même occasion l’annulation de vacances parlementaires pour bon nombre de ministres, députés et sénateurs. Le Roi qui consulte maintenant les différents présidents de partis mais aussi les patrons des Régions, et ce, certainement au moins jusqu’à la fin de cette semaine pourra, comme prévu dans la Constitution, accepter ou refuser la démission de monsieur Leterme. En acceptant, c’est remettre en question tout ce qui a été engrangé depuis trois mois au sein du gouvernement mais en refusant (ce qui serait le plus logique) on pourrait alors voter les lois du volet socio-économique au plus vite pour le bien-être des citoyens. Les questions communautaires pourraient alors être « gelées » jusqu’aux prochaines élections de 2009.
Mais attention : en élargissant les discussions communautaires aux entités fédérées, il n’est pas certain que cela facilitera les choses car bien sûr chacun de son côté ne pourra faire de concessions sans contrepartie.
La Belgique est-elle au bord du gouffre ? Peut-être...Mais à n’en pas douter, nos politiciens trouveront certainement un compromis « à la belge » afin de pouvoir souffler un peu et se remettre les idées en place.