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Donald Tusk repousse l’accord sur l’installation du bouclier antimissile en Pologne.

samedi 5 juillet 2008.
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En ce début de mois de juillet 2008, l’annonce qu’avait faite le vice ministre polonais des affaires étrangères, Witold Waszczykowski, avait de quoi rassurer la plupart des opinions dans la mesure où les négociations entre les États Unis d’Amérique et la Pologne avaient de fortes chances d’être définitivement closes. Cependant, les accords entre les deux pays se devaient de recevoir l’accord préalable du ministre polonais des affaires étrangères, Radosław Sikorski, et du Premier Ministre polonais, Donald Tusk.

Lors de l’entretien que venait d’avoir le Premier Ministre polonais, Donald Tusk, avec le vice Président des États Unis d’Amérique, Dick Cheney, celui-ci lui aurait fait comprendre que la Pologne restait insatisfaite en ce qui concerne les conditions vis à vis de l’installation du bouclier antimissile américain sur le sol polonais. . Donald Tusk a surtout mis en avant le fait que les autorités polonais avaient besoin d’une aide beaucoup plus importante afin de pouvoir améliorer la défense de son espace aérien. Du coup, les négociations qui devaient être définitivement conclues cette semaine ne le seront plus, puisque le gouvernement polonais a estimé qu’il restait des points d’importance particulière qu’il fallait impérativement régler avant la signature de tout accord bilatéral. D’ailleurs, même le département d’État des États Unis d’Amérique a aussi rejeté la thèse suivant laquelle de tels accords étaient déjà sur le point d’être finalisés. Ainsi, le directeur de ce département, Sean Mc Cormack, a précisé que les États Unis d’Amérique avaient réussi à faire des progrès en ce qui concerne les négociations avec la Pologne, mais ceci est loin d’être fini, aucun accord n’a été conclu, et ceci d’autant plus que la Pologne a des problèmes de politique intérieur qu’elle se doit auparavant de résoudre précisa t’il. Lors de la rencontre entre le Premier Ministre polonais et l’ambassadeur des États Unis d’Amérique en Pologne, Victor Ash, l’ambassadeur américain a annoncé que l’accord technique avait été résolu, mais il restait encore à résoudre un accord d’ordre politique. Le Secrétaire d’État américain, Condoleezza Rice, viendra aussi se rendre le 10 juillet prochain à Varsovie pour rendre compte de la position des États Unis d’Amérique à travers cette situation. mip2008cpgrdk

Toutefois, cela fait 18 mois que les négociations durent, et pour le Premier Ministre polonais, ces négociations sont d’autant plus importantes qu’il s’agît pour la Pologne d’obtenir un certain nombre de garanties à travers l’installation de ce bouclier antimissile. En effet, l’installation d’un tel bouclier pourrait faire de la Pologne une cible privilégiée en cas d’attaque dirigée contre les États Unis d’Amérique ou l’Europe, puisque toute nouvelle attaque visera à détruire les défenses stratégiques de l’adversaire, et donc les intercepteurs de missile nucléaire. Donald Tusk a ainsi expliqué que les États Unis d’Amérique devaient, d’une part verser des aides militaires suffisamment importantes pour que la défense de son espace aérien soit mise à jour avec les meilleurs techniques de défense aérienne, et d’autre part, s’assurer que l’hébergement de ce bouclier antimissile n’entraînerait pas de menace pour la Pologne. La Pologne se trouve à une distance de plus de 2000 kilomètres de l’Iran, c’est à dire sur un rayon dont la portée est supérieure à celle des missiles nucléaires iraniens, mais les forces militaires iraniennes peuvent rapidement faire progresser cette portée. De même, la Pologne est le voisin de la Russie, et il se peut qu’elle n’accepte pas l’hébergement de bases militaires nucléaires à proximité de ses frontières.

L’affaire est en train de réunir l’ensemble des représentants des autorités polonaises. Suite à l’entretien avec Dick Cheney, le Premier Ministre polonais a réuni une nouvelle session de son cabinet avec ses ministre de l’intérieur, de la défense nationale, et de la sécurité nationale. Le vice ministre des affaires étrangères, Witold Waszczykowski, s’est aussi entretenu avec le Président de la Pologne, Lech Kaczyński, et le ministre des affaires étrangères, Radosław Sikorski, est aussi venu s’entretenir avec le président polonais. Par ailleurs, de nombreux polonais se posent la question si l’installation de ce bouclier antimissile ne constituerait pas une menace pour la sécurité nationale. De même ils se demandent si de telles négociations avec les États Unis d’Amérique ne risquent pas d’être minées à cause des tensions entre l’actuel gouvernement polonais, élu en octobre dernier, et l’actuel président polonais, et ce d’autant plus qu’ils appartiennent à des majorités politiques totalement opposées. Le président polonais n’a pas cessé d’accuser le gouvernement polonais de prendre tout seul les initiatives dans cette affaire alors que le deux institutions ont compétences liées dans le domaine de la politique étrangère. Le Premier Ministre polonais a aussi accusé le président polonais d’avoir essayé de mener par lui même les négociations avec les États Unis d’Amérique, notamment depuis qu’il avait envoyé l’ancienne ministre polonaise des affaires étrangères, Anna Fotyga, rencontrer les autorités américaines chargées de cette affaire.

Ainsi, comme l’a annoncé Donald Tusk, le but de ces négociations est de renforcer la sécurité de la Pologne. Il reste assez fondamental d’aligner la position de la stratégie militaire polonaise avec la coopération des États Unis d’Amérique, la Pologne se doit de rester un allié des États Unis d’Amérique, mais pas à n’importe quel prix et encore moins en mettant en cause la sécurité de la Pologne. Les autorités américaines ont annoncé qu’elles allaient prendre en compte les remarques du premier ministre polonais. Sean Mc Cormack a précisé que la Pologne restait un allié très important des États Unis d’Amérique en Europe. Il est donc important pour les américains de prendre en compte les demandes de la Pologne. Donald Tusk a même proposé aux américains d’installer sur le sol polonais des ensembles d’autodéfense dits Patriot : il s’agit d’ensemble composés de radar et de lanceurs de missile de protection. Il a ainsi ajouté que les autorités polonais pouvaient prendre en compte toute proposition de la part des américains, mais ceci devait inclure la protection de la Pologne. Ces accords peuvent, ajouta t’il, durer une journée, une semaine, ou un mois. Si la menace s’accroît sur le sol polonais, alors la Pologne peut demander des moyens de défense supplémentaires comme les éléments Patriot.

Des analystes en science politique sont venus expliquer que l’attitude de Donald Tusk démontrait une certaine confiance de la Pologne en ce qui concerne l’évolution de ces accords, et que la menace qui avait été jouée en vue d’exporter le bouclier antimissile sur le sol lituanien n’avait pas fonctionné. Certains courants de pensée européens sont même allés jusqu’à affirmer que le refus de la Pologne prouve une fois de plus que le soutien de la Pologne n’est pas si disponible et ce dans n’importe quelle condition. Dans tous les cas, cela démontre que le gouvernement prend très au sérieux cette affaire. Un des exemples remonte à l’ancien gouvernement de Jarosław Kaczyński qui a eu une confiance aveugle vis à vis des promesses américaines. Le nouveau gouvernement de Donald Tusk ne fait qu’insister pour que les autorités américaines tiennent leur engagement et ne se servent pas de la Pologne comme s’il s’agissait du 51ième état américain. Cela prouve que les États Unis d’Amérique ne pourront pas jouer l’épreuve de force comme ils l’ont déjà fait auprès de multiples nations plus faibles en superficie et nettement moins protégées. Il est aussi clair que la Pologne puisse demander des fonds d’indemnisation pour la construction de la base américaine, ceci pour ne pas faire face à la politique, parfois changeante, en matière d’affaires étrangères, des États Unis d’Amérique, et ceci d’autant plus que les nouvelles élections présidentielles américaines approchent. Par contre, le président polonais, Lech Kaczyński, représentant de la droite conservatrice en Pologne et fidèle partisan du bouclier antimissile américain, n’a pas caché le fait qu’il focalisera l’ensemble de de ses attaques contre le gouvernement polonais. Cependant, étant donné que la plupart des polonais restent assez opposés à l’installation de ce bouclier antimissile américain, les conséquences au niveau de la politique interne polonaise risquent d’être assez limitées.

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