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La semaine dernière, le quotidien américain New York Times avait révélé l’existence de centres d’interrogation et de détention de la CIA localisés sur le territoire polonais en vue de traiter les prisonniers du réseau Al Qaïda. Cette semaine, c’est le ministre polonais de la défense nationale, Bogdan Klich, qui vient de dénoncer ce qu’il surnomme tout simplement une calomnie. D’après le New York Times, l’un des principaux dirigeants du réseau Al Qaïda, Khaled Szek Mohammed, aurait atterri en Pologne où il aurait subi l’un des plus importants interrogatoires entrepris par des agents de la CIA. Il aurait aussi été assujetti à des tortures non loin de l’aéroport de Szymany, et il y aurait eu d’autres prisonniers qui auraient subi les mêmes traitements, tel que le témoigne l’un d’entre eux, Abu Zubaydah. Toujours d’après le même journal, les États Unis D’Amérique auraient choisi la Pologne parce que dans ce pays il n’existe aucun lien ni aucune attache religieuse ou culturelle pour les membres du réseau Al Qaïda, mais aussi parce que dans ce pays il n’y a aucun sympathisant de ce réseau qui auraient pu tenté une infiltration ou encore une attaque. Par ailleurs, les services secrets polonais auraient collaboré avec les services de la CIA. mip2008cpgrdk
L’un des officiers travaillant pour le compte de la CIA, James Pavitt, s’est même permis de surnommer la Pologne comme le cinquante et unième état américain. Les accusations auxquelles s’est livré le quotidien américain n’ont rien de bien nouveau, mais le gouvernement polonais se devait de démentir de tels faits. Le ministre de la défense nationale, Bogdan Klich, est lui même intervenu en disant qu’il voyait à travers cette manoeuvre une tentative entreprise par les médias en vue de discréditer l’administration détenue par les républicains juste avant les prochaines élections présidentielles. Le porte parole du Président de la République de Pologne, Michał Kamiński, est lui aussi intervenu pour démentir l’existence de tels camps, tout en précisant que la prison que venait de citer le New York Times était déjà fermée depuis 2005 pour des raisons relatives au traitement des droits humains. Cette affaire remonte à l’époque où des journalistes du Washington Post avaient accusé à la fois la Roumanie et la Pologne d’abriter des prisons renfermant des terroristes issus du réseau Al Qaïda. .
Bogdan Klich estime par ailleurs que ce que vient de publier ce magazine n’est pas acceptable. Il prend tout simplement l’exemple des négociations en ce qui concerne l’installation du bouclier antimissile américain sur le sol polonais : cela démontre bien que la Pologne n’est pas le cinquante et unième état américain et que la Pologne est bien un pays indépendant. Il perçoit aussi cela comme une manoeuvre en vue de déstabiliser la Pologne sur la scène diplomatiques internationale, en vue de faire croire que ce pays ne respecterait pas les droits de l’homme. De même, cela fait déjà un moment que cette affaire a été assujettie à une enquête entreprise par le Conseil de l’Europe qui a conclu au fait qu’il n’existait aucune preuve formelle attestant de la véracité de telles détentions, et encore moins de témoignages issus d’anciens agents des services secrets polonais. Toutefois, c’est en juin 2007 que l’un des rédacteurs du rapport du Conseil de l’Europe à ce sujet, Dick Marty, a expliqué qu’il existait néanmoins des preuves suivant lesquelles un certain nombre de personnes auraient été déplacées un peu partout dans le monde, d’un pays à un autre, et où ces mêmes personnes auraient fait l’objet de persécutions parmi lesquelles on trouve des actes de torture.
Cependant, l’ancien président polonais, Aleksander Kwaśniewski, qui était en place à l’époque des faits accusés par le quotidien américain, a néanmoins dénié toutes ces accusations.