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La Pologne s’oppose à la diffamation dite de camps de concentration polonais.

lundi 19 mai 2008.
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Les autorités polonaises ont porté plainte contre l’acte en diffamation effectué par un journal localisé aux Pays Bas et qui qualifiait les camps d’extermination nationaux socialistes de polonais. Cette manière de présenter les camps de la mort, reflétant les pires mises en application de la haine et du rejet d’autrui, en les qualifiant de polonais, comporte une grave accusation vis à vis de l’État polonais ainsi que vis à vis de la population qui le compose, puisque ces camps sont l’oeuvre du mal nazi. Les amalgames ne peuvent pas être permis en la matière. Ceci d’autant plus que c’est la Pologne qui a été envahie en 1939 par les deux armées, celle de l’Allemagne nazi commandée par Adolf Hitler, et celle de l’empire soviétique dirigée par Staline. Par ailleurs, les massacres perpétués tel que celui de Katyn ont permis à l’armée soviétique de détruire l’intégralité des institutions qui garantissaient l’État de droit en Pologne. Mise à part son occupation par les armées de l’envahisseur, la population était livrée à elle-même. Il ne pouvait donc pas y avoir d’État polonais puisqu’il n’existait plus. Soit l’appareil d’État polonais avait été soit détruit, soit il s’était réfugié à Londres. L’inexistence prouvée de l’État Polonais montre que les horreurs commises lors de la seconde guerre mondiale sur le sol polonais ne relevaient pas de l’État polonais, mais bien des deux occupants. Qualifier les camps d’extermination de polonais, c’est commettre une importante erreur historique, c’est jouer sur les préjugés, c’est noyer l’opinion publique. Cela constitue l’inverse du travail effectué par des journalistes qui se doivent avant tout d’être objectifs et prendre leurs dispositions vis à vis de leurs responsabilités. mip2008cpgrdk

L’ambassade polonaise basée à la Hague a donc demandé au rédacteur en chef du quotidien néerlandais Aldeemeen Dagblad, qui fut à l’origine de cette calomnie diffamatoire, d’opérer un acte citoyen de rectification dans son article évoquant le décès de Irena Sendlerowa et où il est mentionné de manière irresponsable l’expression de « camps d’extermination polonais ». L’ambassadeur délégué de la Pologne aux Pays bas, Artur Habant, a expliqué que cette erreur était la conséquence d’une profonde méconnaissances des faits historiques, et qui a été renforcée par le fait que certains journalistes doivent faire le choix entre la qualité de leur journal et la productivité. Les autorités polonaises tiennent à faire part de cette erreur afin qu’elle ne créée pas la confusion dans les esprits non avertis et que les lecteurs puissent faire attention à ne pas prendre au pied de la lettre certaines expressions de certains journaux, surtout si ces dernières pourraient être remplies de contresens. Il s’agit d’un acte de prévention dans le but de faire en sorte qu’elle ne soit pas reproduite, notamment vis à vis des personnes qui ont la responsabilité d’informer leurs concitoyens.

Toutefois, l’un des journalistes travaillant pour ce journal estime, d’après son point de vue, qu’il n’aurait pas commis d’erreur en ayant cité l’expression de camps de concentration polonais. Il se justifie en disant que cette qualification serait ainsi donnée à des camps de concentration localisés sur le sol polonais. Il s’agit d’un jeux de mot qui comporte néanmoins sa part de responsabilités, puisque la notion même de camp de concentration se réfère à des faits historiques bien précis. Dans cette affaire, est ce que l’opinion publique, à la lecture de l’expression de « camps de concentration polonais », pensera systématiquement aux camps de concentration qui sont en Pologne, ou interprétera t’elle ceci comme des camps de concentration organisés par les polonais, en oubliant toute référence aux armées nationales socialistes allemandes qui ont construites ces camps dans un objectif précis ?

C’est ici qu’intervient la responsabilité du journaliste. En effet, toute personne ayant une connaissance, objective, assez poussée des faits historiques, comprendra qu’il s’agit des camps de concentration mis en place par l’armée nazi. Nonobstant, l’un des devoirs d’un journaliste consiste aussi à prendre en compte tout type de lecteur. Cela impose le fait de prendre en compte des lecteurs avertis, et d’autres qui le sont moins, c’est à dire des populations diversement informées, diversement éduquées ou diplômées, et des populations différentes suivant leurs pays, et surtout suivant leurs âges. En partant du principe qu’un journal est accessible au public et à toutes les générations, il est donc du devoir de chaque journaliste de faire attention aux plus jeunes générations qui pourraient pour prendre pour vérité acquise l’expression de camps de concentration polonais. Par ailleurs, comme il existe aussi certains préjugés sur les polonais, injecter cette expression dans un article, c’est soit faire preuve d’inconscience, soit chercher à vendre n’importe quoi. Chaque expression, chaque mot, a son poids de signification, son pesant de responsabilité, et on ne peut pas pratiquer de tels jeux de mot sur des faits historiques aussi importants.

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