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Tensions autour de la commission d’enquête sur les anciens services de renseignements militaires polonais.

dimanche 18 mai 2008.
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Mardi dernier, des agents appartenant à l’Agence de la Sécurité Interne (Agencja Bezpieczeństwa Wewnętrznego (ABW)) , sont venus perquisitionner du matériel informatique appartenant à la commission parlementaire chargée d’enquêter sur les anciens services de renseignements et d’informations militaires (Wojskowe Służby Informacyjne (WSI)). Ces services de renseignements militaires ont existé entre 1991 et 2006, sachant que c’est l’ancien gouvernement dirigé par Jaroslaw Kaczynski qui les a dissolus en octobre 2006 parce qu’il les suspectait d’être impliqués dans de très nombreuses affaires de corruption qui avaient envahies plusieurs domaines de la vie privée et publique polonaise. Le matériel perquisitionné est un ordinateur qui se trouvait au domicile de l’un des membres appartenant à cette commission d’enquête, ici Leszek Pietrzak.

C’est Leszek Pietrzak qui a lui même communiqué l’information auprès de la presse polonaise. Il était en train de préparer un dossier pour le président de cette commission, Jan Olszewski. La plupart des membres de cette commission avaient accès à cet ordinateur. L’un des juges en charge de l’instruction de cette affaire et qui est à l’origine de la perquisition, a annoncé que si aucune information d’ordre compromettante n’allait être trouvée au sein de cet ordinateur, alors cet outil de travail retournerait auprès des membres de la commission.

Les agents travaillant pour l’Agence de la Sécurité Interne ont aussi interrogé le journaliste Wojciech Sumlinski, l’ancien agent appartenant aux services de renseignements militaires Aleksander Lichocki, ainsi deux des membres de la commission d’enquête sur les anciens services de renseignements militaires, c’est à dire Piotr Baczek et Leszek Pietrzak. Sumlinski et Lichocki sont accusés d’avoir monnayé leur silence. Ils auraient été corrompus en vue de ne pas énoncer la liste des noms des hommes d’affaires impliqués dans le rapport dénonçant les exactions des anciens services de renseignements. La dissolution des anciens services de renseignements militaires était principalement due aux nombreuses affaires de corruption qui les liaient au monde des affaires en Pologne. La publication du rapport, qui mettait en cause les anciens services de renseignement militaires, avait elle–même était assujettie à controverse puisqu’elle menaçait la sécurité de nombreux agents présents à l’étranger, ainsi que d’éventuels autres collaborateurs. Ce rapport avait été publié par Antoni Macierowicz, appartenant au parti politique conservateur Droit et Justice (PiS).

Les perquisitions entreprises par les agents de l’Agence de la Sécurité Interne se sont étendues à 11 domiciles, le but étant de trouver des documents classés top secret vis à vis de la procédure de dissolution des anciens services de renseignements militaires. Pour l’instant, des documents ont été trouvés dans trois domiciles comme l’a annoncé le représentant du parquet. Le procureur général chargé de l’instruction, Robert Majewski, a lui même annoncé que le nombre de perquisition s’était étendu à 11 domiciles. Les officiers chargés des perquisitions ont aussi demandé à ce que deux des propriétaires des domiciles soient arrêtés, dont notamment Piotr Baczek. Piotr Baczek aurait lui même été informé que ces investigations étaient liées à la recherche d’une vente des informations concernant le rapport secret sur les anciens services de renseignements militaires. Il a répondu à la presse polonaise qu’il ne se sentait pas coupable car il sait qu’il ne dispose pas chez lui de tels documents secrets. Il y a certainement eu des documents concernant les anciens services de renseignements militaires qui ont été retrouvés au domicile de Baczek, mais l’ensemble de ces documents ne sont pas classés comme top secret. A la question de savoir, s’il était vrai que l’annexe comportant les noms de personnes impliquées dans les affaires de scandales relatifs aux anciens services de renseignement militaires, était connue de ce dernier, et si on lui aurait proposé de le rémunérer à hauteur de 250000 zlotys, il a répondu que ce genre d’allégation pouvait très bien constituer un piège, organisé par Antoni Macierewicz, dans le but de discréditer les membres chargés d’enquêter sur la procédure de dissolution des anciens services de renseignements militaires. L’interrogatoire de Piotr Baczek n’a pas permis de retenir de chef d’accusation à l’encontre de ce dernier. Il a dû être relâché après l’interrogatoire. C’est aussi la presse polonaise qui a émis l’hypothèse suivant laquelle les documents secrets relatifs à la dissolution des anciens services de renseignements militaires devraient très certainement se trouver aux domiciles des personnes qui ont eu la responsabilité de dissoudre cet organe, tel que Leszek Pietrzak, mais aussi à celui de l’ancien dirigeant communiste de ces services, Aleksander Lichocki, ainsi que le journaliste Wojciech Sumlinski. Le rapport concernant la dissolution des anciens services de renseignements militaires comprenait la liste des activités illégales qui avaient été opérées par plusieurs personnes parmi lesquelles ont trouve des dirigeants de crime organisé, des journalistes, des hommes politiques, des sympathisants du communisme...

Au cours de la semaine, le procureur chargé de cette affaire, Robert Majewski, a donc fait arrêter Aleksander Lichocki et Wojciech Sumlinski, tandis que les deux membres appartenant à la commission d’enquête sur les anciens services de renseignements militaires, Piotr Baczek et Leszek Pietrzak, ne furent pas inculpés, même s’ils ont dû subit une perquisition à leur domicile. Aleksander Lichocki est un ancien dirigeant des services de renseignements en question. Il avait été destitué de ses fonctions par le gouvernement de Jaroslaw Kaczynski en raison des activités illégales qui avaient été menées par ces services. En avril dernier, le journaliste Sumlinski aurait réussi à obtenir la liste comportant les noms des principaux responsables des affaires de corruption et avait proposé de vendre une telle liste.

Le président de la commission d’enquête visant à examiner les conditions de la procédure de destitution des anciens services de renseignements militaires, Jan Olszewski, a expliqué que ces arrestations étaient principalement motivées pour des raisons politiques, et ce dans le but de faire obstacle au processus d’investigation de la commission. Même le Président de la République de Pologne, Lech Kaczynski, a critiqué ce genre d’arrestation et a même suggéré qu’il s’agissait d’une forme d’intimidation. Il a même expliqué, on ne sait qui, en laissant supposer éventuellement qu’il pourrait s’agir de la Plate-forme Civique, utiliserait les mêmes procédés que l’ancien gouvernement comme forme de pression. Toutefois, le ministre des affaires internes, Grzegorz Schetyna, a rétorqué que les accusations du président étaient infondées puisque la procédure d’enquête concernant Baczek n’avait commencé qu’à partir de novembre 2007 et qu’aussi bien le président comme le Premier Ministre avaient planifié cette enquête. mip2008cpgrdk

Finalement, le parquet de Varsovie n’a pas retenu à la fin de cette semaine l’arrestation du journaliste Wojciech Sumlinski et de l’ancien dirigeant des renseignements militaires Aleksander Lichocki vis à vis des chefs d’inculpation de corruption dans l’affaire de la vente de la liste comportant les noms des personnes impliquées dans le rapport sur les anciens services de renseignements militaires. Le tribunal leur a imposé à la place le paiement d’une caution de 70000 zlotys ainsi que l’interdiction de quitter le territoire polonais. Les procureurs ont expliqué que la procédure était en cours, mais que celle – ci avait commencé en décembre. Les deux hommes restent suspectés d’avoir offert leur silence en vue de camoufler les noms des officiers qui sont suspectés par la procédure d’enquête de la commission en ce qui concerne les anciens services de renseignements militaires, ainsi que de soudoyer les membres qui participent à cette enquête en essayent de les corrompre. L’affaire se base notamment sur les allégations qui ont été faites par un ancien membre des renseignements militaires affirmant qu’il aurait reçu la proposition de percevoir la somme de 200000 zlotys en échange de son silence. Les deux hommes rejettent ce genre d’accusation et Sumlinski a été jusqu’à affirmer que ce genre d’affaire cherchait à étouffer la procédure d’enquête du journaliste.

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