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Vers un changement des mouvements migratoires polonais en Irlande ?

samedi 26 avril 2008.
 

Les ressortissants de la Pologne constituent la plus grande communauté étrangère sur le sol irlandais. Néanmoins, si l’Irlande continue d’attirer de nombreux immigrants polonais, la tendance migratoire de ce pays change. Au début de l’année 2008, le nombre de polonais vivant en Irlande avait même diminué de 19000 à 12000 personnes, ce qui représente une baisse de 40% par rapport à l’année dernière. Cette baisse de la venue des polonais en Irlande peut s’expliquer en raison de plusieurs facteurs : d’une part, la situation économique de l’Irlande ralentit, et d’autre part, la valeur du zloty se renforce, ce qui contribue à moins motiver les travailleurs polonais. Par contre, ce genre de facteur les incite plutôt à revenir sur le sol polonais, ce qui constitue l’une des prérogatives du programme électorale du Premier Ministre polonais Donald Tusk. Par ailleurs, ce retour devient d’autant plus nécessaire pour la Pologne que certains secteurs d’activité sont en pénurie de main d’oeuvre : c’est le cas pour le secteur du bâtiment mais aussi dans les hôpitaux. Parallèlement, alors qu’il avait été prévu que l’économie irlandaise se développe entre 5 et 6%, son taux de développement fut de 2%. Ce genre de mouvement migratoire de retour au pays commence aussi à se produire dans l’ensemble du Royaume Uni, où le nombre d’immigrants aurait baissé aux alentour de 16% en un an.

Ce mouvement migratoire inversé concerne la population polonaise en Irlande, mais aussi l’ensemble des populations originaires d’Europe Centrale et orientale qui avaient quitté leur pays au moment de leur entrée au sein de la Communauté Européenne en mai 2004. Des pays comme l’Irlande ou la Grande Bretagne avaient pu bénéficier d’une forte main d’oeuvre, peu coûteuse, souvent assez bien diplômée, et très facilement exploitable. Se rendre dans une ville comme Londres permettait de bénéficier de meilleurs revenus. Ce fut une destination fortement intéressante pour disposer d’un bon salaire et d’une expérience internationale, mais réciproquement, y rester à long terme c’est aussi faire face à un mode de vie extrêmement coûteux alors qu’il est bien plus intéressant d’utiliser ses quelques économies pour venir investir en Pologne, soit dans une entreprise, soit dans un appartement. L’ensemble des ressortissants, appartenant aux pays qui avaient nouvellement intégré la Communauté européenne en mai 2004, voient que l’économie locale de chacun de leurs pays est à la hausse, que l’emploi devient bien plus important quand parfois même leur pays doit faire face à des pénuries de main d’oeuvre.

Si les polonais ont l’opportunité d’avoir formé une grande communauté et des liens rattachés à leur pays, ce n’est pas forcément le cas pour toutes les autres communautés. Par ailleurs, il existe aussi d’autres facteurs qui poussent à renverser la tendance migratoire, comme par exemple une certaine nostalgie du pays d’origine ou l’éloignement familial. Le nombre de polonais vivant sur les îles britanniques reste assez inconnu en raison de tous ceux qui ne se sont pas faits enregistrés, mais les indicateurs sociaux économiques montrent que de nombreux polonais s’apprêtent à revenir sur le sol polonais en raison de l’accroissement de l’économie locale mais aussi en raison des limitations de carrière en Grande Bretagne. En effet, la pluypart d’entre eux sont exploités pour les tâches les plus simples, les poste de cadre et les fonctions les plus importantes restant pour la plupart du temps réservées aux britanniques eux mêmes. Un expert en mouvements migratoires polonais, Marek Okolski, enseignant à l’université à Varsovie, a expliqué que la montée des salaires constituait aussi un facteur primordial pour le retour des populations émigrées. De même, les offres d’emploi émises par les pays étrangers ont aussi diminué.

Entre temps, malgré cet inversement de la tendance des flux migratoires, l’Irlande commence à pratiquer la migration sélective, c’est à dire qu’elle est intéressée par le fort potentiel de la main d’oeuvre polonaise qualifiée. Ainsi, Denise Dolan, directrice des ressources humaines de l’institut de technologie de Athlone, s’est rendue à Varsovie, dans le but de faire la promotion de son établissement d’enseignement supérieur, mais aussi en vue d’attirer de jeunes étudiants polonais.

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