|
|
|||||||||||
Le ministre polonais des finances publiques, Jacek Rostowski, a expliqué qu’il était favorable à une réduction des impositions dans la mesure où les mesures seraient uniquement favorables pour l’ensemble du budget général mais aussi pour l’économie polonaise. Cette position, qui vient d’être prise, marque un décalage avec celle qui est prise par l’actuel gouvernement polonais formé de la coalition Plate-forme Civique (PO) – Parti des Paysans Polonais (PSL).
Jacek Rostowski s’est donc opposé à ce que le gouvernement concède une forme de paquet de mesures fiscales allégées en ce qui concerne les prochains projets de lois de finances publiques pour l’année 2009. Il estime que ces mesures sont beaucoup trop empressées, et qu’il n’hésitera pas à présenter sa démission si le gouvernement polonais tient à camper sur ses propres positions. Il est d’autant plus motivé qu’il qualifie lui même cette empressement de mesures irresponsables. L’un des aspects les plus intéressants qui se dégage de cette forme d’opposition, et qui n’est pas sans importance puisqu’il provient du chef du ministère des finances publiques polonaises, c’est qu’il marque une forme de prise de conscience qui contraste avec l’eldorado, ou du moins le miracle économique sur lequel l’actuel Premier Ministre polonais, Donald Tusk, avait tant insisté lors des élections législatives de 2007. La critique est d’autant plus valable qu’elle provient en interne des organes même qui constituent l’actuel gouvernement. La prudence budgétaire était aussi la politique de rigueur de l’ancienne ministre polonaise des finances publiques, Anna Fotyga, qui fut la première à protester contre toute forme de dérive dépensière de la part de l’ancien gouvernement, et cela alors même que l’ancienne vice ministre des finances publiques ne le soutenait pas non plus dans sa position. Enfin, il ne serait pas faux d’annoncer que de nombreuses mesures relevant de certains anciens ministres du cabinet gouvernementale de Jaroslaw Kaczynski sont aussi reprises par certains cabinets ministériels, dont celui de la santé publique ou encore celui des finances publiques.
L’actuel ministre polonais des finances publiques a aussi motivé sa décision en expliquant qu’il ne cherchait à prendre directement de mesures visant à limiter les effets inflationnistes, telles que par exemple une baisse de la taxe sur la valeur ajoutée sur les produits énergétiques. Il estime que c’est la Banque Nationale Polonais qui a, à elle seule, suivant son statut d’indépendance garanti par la constitution polonaise, le droit de prendre de telles décisions vis à vis de la valeur de la devise polonaise et de la stabilité des prix. Nonobstant, sur ce même point, les récents points de vue des différents membres du Conseil de réglementation Budgétaire, conseil qui constitue un des organes de la Banque Nationale Polonaise, ont montré, vis à vis des actuelles évolutions économiques, qu’une aide gouvernementale ne serait pas de trop. De même, il y a de cela quelques semaines, l’une des plus grandes entreprises spécialisée dans la distribution de combustibles et matériaux énergétique a elle même rencontré des difficultés face à l’autorité polonaise en charge de la régularisation des prix afin de faire changer ses tarifs, ce qui prouve que l’inflation est plus qu’un phénomène d’actualité.
Cette idée même de pouvoir introduire des mesures fiscales plus souples avait été émise par le dirigeant du parti politique de la Plate-forme civique, c’est à dire Zbigniew Chlebowski. Le Premier Ministre avait approuvé cette décision qui ne devrait être définitivement prise qu’au cours du mois de juillet 2008.