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Le Président de la République de Pologne, Lech Kaczynski, s’est permis de prendre des résolutions en vue d’apaiser les tensions entre la Géorgie et la Russie, mais sans consulter le gouvernement polonais dirigé par la coalition Plate-forme Civique (PO) – Parti des Paysans Polonais (PSL). Il a envoyé des représentants polonais en Géorgie et a écrit à l’OTAN, aux Nations Unies et à la Communauté Européenne. Les tensions entre la Géorgie et la Russie remontent à partir du moment où la Géorgie a demandé au conseil de sécurité des Nations Unies de réclamer auprès de la Russie que celle-ci cesse les mesures qui menacent la souveraineté de ce pays, notamment depuis que Vladimir Putin a ordonné une plus grande coopération avec les régions frontalières que sont l’Ossetie et Abkhazie. La délégation polonaise que vient d’envoyée le président polonais s’est entretenu avec le président de la Géorgie, Mikhaël Saakashvili, ainsi qu’avec les principales autorités. Néanmoins, la Russie s’est opposée à ce qu’une telle délégation se rende en Géorgie et a demandé à ce que l’avion qui devait transporter son espace aérien ne traverse pas son espace aérien.
Le président polonais n’a pas consulté le gouvernement polonais et encore moins le ministre polonais des affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, ce qui n’a pas tardé à transformer ce problème international en un nouveau point de tension entre le président polonais et le ministère des affaires étrangères. Le Premier Ministre polonais, Donald Tusk, a fait savoir qu’il estimait qu’il n’y avait pas de grandes différences entre la politique étrangère du président et du gouvernement, mais en ce qui concerne ce genre d’affaire, il était nécessaire de faire preuve de plus de pragmatisme et de professionnalisme. Pour le représentant de la Plate-forme Civique auprès du parlement, Zbigniew Chlebowski, le président aurait dû s’empêcher de créer de nouvelles tensions entre lui et le gouvernement, et cela d’autant plus qu’il aurait pu l’éviter si il avait inclus au sein de la délégation polonaise des représentants du gouvernement.
Juste après le sommet de l’OTAN le 3 avril dernier, les principaux dirigeants de ce traité avaient suspendu les négociations en ce qui concerne l’intégration de la Géorgie et de l’Ukraine au sein de leur Alliance de l’Atlantique Nord, mais avaient assuré que celle-ci se ferrait très certainement. Le président Vladimir Putin avait rétorqué en menaçant ces deux pays s’ils intégraient le traité de l’OTAN, notamment en s’appropriant les régions de l’Abkhazie et de l’Ossetie du sud.
Le conflit vient aussi de s’envenimer encore plus intensément entre le président polonais et le ministres des affaires étrangères depuis qu’un constat vient de montrer que 18 ambassades polonaises manquaient de 18 ambassadeurs et que ce nombre risquait de devenir encore plus important lors des prochaines réformes prévues par Radoslaw Sikorski. Radoslaw Sikorski désire renvoyer des ambassadeurs qui avaient été mis en place par l’ancienne ministre polonaise des affaires étrangères, Anna Fotyga. Par ailleurs, les nouvelles nominations de Radoslaw Sikorski ont été refusées par le président polonais, situation qui pourrait plus ou moins se résoudre à ce que l’actuel ministre des affaires étrangères envoit le nouveau personnel en tant que chargé d’affaires, ce qui ne leur permettra pas de pouvoir disposer des plus hautes fonctions dont peuvent bénéficier chaque ambassadeur.
Du côté de l’OTAN, ce problème pourrait être résolu en invitant la Russie au sein de l’OTAN, qui part ailleurs essaie d’appuyer les revendications des séparatistes de l’Ossetie du sud et de l’Abkhazie. Le président polonais n’entretient pas non plus les meilleures relations avec la Russie qu’il accuse de violer les accords internationaux, il a ainsi réitéré son soutien auprès de la Géorgie. Le Premier Ministre polonais Donald Tusk a aussi fait savoir au président que les actions en ce qui concerne la Géorgie devraient être intégrées au sein de la politique étrangère commune de la Communauté Européenne. Zbigniew Chlebowski a aussi fait savoir qu’il était très mauvais de ne pas informer le ministre des affaires étrangères en ce qui concerne les initiatives les plus importantes. Pour l’opposition, notamment d’après Przymyslaw Gosiewski, le gouvernement serait devenu trop sensible sur les affaires internationales et lui rappelle que chacune de ses décisions doivent être tenues en accord avec le président polonais, et non pas l’inverse. Pour les spécialistes de la politique en Pologne, le président polonais essaierait de retrouver une certaine notoriété au sein de la politique étrangère, notamment en essayant de démontrer qu’il exerce une certaine influence auprès de la Géorgie. Cela démontre surtout que la cohabitation entre le nouveau gouvernement polonais et le président risque de devenir de plus en plus difficile.