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L’avantage de Lech Kaczynski, l’actuel président de la République de Pologne, est de pouvoir disposer d’une veste politique plus que multi facettes, tantôt il est ce politicien qui agît en faveur de l’avancée de la Pologne, tantôt il change de visage lorsque plane sur lui l’ombre de son frère jumeau, Jaroslaw Kaczynski. Lech Kaczynski est plus qu’un animal politique, tel que le lion fort et courageux, ou le rat rusé, tels qu’ils sont présentés dans les principes du politique de l’oeuvre du Nicolas Machiavel, le président polonais a adopté la position du caméléon : son attitude politique change en fonction de l’environnement dans lequel il se trouve. Ainsi, lors du sommet européen de juin dernier, c’était bien le visage de Lech qui parlait à Angela Merkel, en insinuant que les allemands étaient responsables de la diminution de la population polonaise lors de la seconde guerre mondiale, mais c’était Jaroslaw qui s’exprimait, les deux frères s’étant entretenus au téléphone avant la réunion des chefs d’État. Lors de la remise en cause du Traité de Lisbonne, quand Jaroslaw Kaczynski annonçait son opposition, le frère suivait, et quand le président rencontra le Premier Ministre polonais Donald Tusk, c’est à peine si le président avait laissé sous entendre que tous les problèmes provenaient de son frère, chef du parti Droit et Justice (PiS).
Lors du récent sommet de l’OTAN, le président polonais avait fait en sorte d’éviter tout dialogue avec Vladimir Putin et ce afin d’éviter d’envenimer les choses, comme l’a expliqué le président polonais auprès de la presse. Toutefois, il a aussi expliqué qu’il ne ferrait rien pour spécialement l’éviter. Les tensions ont donc commencé à apparaître lors des négociations pour l’adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine, deux pays anciennement satellites de l’ancienne URSS, au sein du pacte de l’Atlantique Nord. Entre temps, il y a aussi ce président polonais qui n’avait pas oublié ses rivalités avec la Russie, et qui aimerait profiter de l’Union Europe pour lui mettre un coup.
De l’autre côté, il y a Vladimir Putin, ou les infortunes d’être têtu, quand bien même sa philosophie diplomatique le conduira indéniablement dans un couloir sans issue. Il est plus que clair que la Russie est un pays partagé, entre le désir de libéraliser son économie sans qu’elle ne doive dépendre de la mafia constituée de chaque famille russe fortunée, et de l’autre côté, un peuple qui jubile et oublie ses malheurs dès qu’il voit en son représentant un homme fort, du moins dans la forme, lui faire miroiter une forme de nostalgie bien plus nationaliste qu’anciennement communiste : ce peuple russe qui se situe entre l’enclume et le marteau, et ne voit pas les dollars qui se font dans son dos. Toutefois, la partie de plaisir devient fortement atténuée lorsque dans le jeu apparaissent d’autres cartes nettement moins avantageuses : la fin d’un monde bipolaire et donc l’inexistence concrète de la prédominance du pouvoir russe sur ses anciens satellites, un isolement diplomatique plus important car ce pays n’a plus les mêmes alliés qu’autrefois, et des rivalités géo-stratégiques qui pèsent autour des ressources naturelles de ce pays mais qui au lieu d’être menées à bon escient laissent planer une ombre plus obscure sur le pouvoir, à savoir qu’il est plus qu’évident que la Russie essaie de jouer sur ses ressources naturelles pour exercer une influence sur la politique européenne mais aussi mondiale. La Russie s’oppose donc au bouclier antimissile sur les sols polonais et tchèques, prétextant une atteinte à sa sécurité, ce qui représente un argument irrecevable en matière de relations internationales. Si le bouclier était installé chez l’allié turque des américains, sûrement que les protestations auraient été moins vives, cela démontre que ce pouvoir regrette de pouvoir perdre de son influence sur les anciens États satellites. La Russie était opposée à l’intervention américaine en Irak, non pas parce que l’Irak fut un allié de longue date, mais parce que cette intervention allait faire baisser, à un moment donné, le cours du baril de pétrole. La Russie lance des menaces fantômes d’attaque si la Pologne et la Tchéquie s’équipaient du bouclier antimissile, sans tenir compte du fait que la multipolarité de ce monde inclut que le nombre d’États détenteurs d’ogives nucléaires puisse progresser, comme par exemple l’Iran, et qu’il n’est pas forcément mauvais d’appliquer le principe de précaution. Par ailleurs, des États qui calquent leur régime sur celui de la démocratie n’ont rien à se reprocher réciproquement, ce à quoi peut réfléchir le président russe. La Russie est aussi opposée à ce que des pays comme l’Ukraine ou la Géorgie puissent rejoindre l’OTAN.
En cette fin de semaine, le président polonais vient de déclarer que la Pologne pourrait envisager de maintenir son veto afin de s’opposer aux négociations entre l’Union Européenne et la Russie à moins que la Russie n’accepte que l’Ukraine et la Géorgie puissent être membres de l’OTAN. Les hommes politiques russes ont perçu ce genre de déclaration comme une forme de chantage mais aussi comme un écart vis à vis de la politique étrangère qui est menée par l’actuel ministre polonais des affaires étrangères, Radoslaw Sikorski. Par ailleurs, les relations du gouvernement polonais, dirigé par la Plate-forme Civique (PO), avec la Russie, se sont nettement améliorées depuis que le Premier Ministre et frère jumeau du président polonais n’occupe plus cette fonction. Le président du comité parlementaire russe des affaires étrangères, Konstantin Kosaszow, a répondu qu’il était impossible que la Pologne puisse utiliser son statut en tant que membre de l’Union Européenne comme un bélier, le vice président de ce comité, Leonid Slucki, estime que les propos du président polonais n’avaient pas de sens dans le mesure où ils n’ont pas de fondement en droit international mais aussi parce qu’ils visent à considérer la Russie comme un ennemi.
Lors de son passage en Finlande, le président polonais a toutefois rétorqué qu’il n’avait pas annoncé que la Pologne allait appliquer son veto sur les relations de l’Union Européenne avec la Russie, et que ses propos avaient mal été interprétés. Jaroslaw Kaczynski : « Il n’y a eu aucune formulation de la sorte de ma part. J’ai dit qu’il fallait reconsidérer les négociations, que nous ne devons pas aller trop vite ». Il aurait expliqué que les pourparlers en ce qui concerne l’intégration de l’Ukraine et de la Géorgie au sein de l’OTAN était liés aux négociations de l’Union Européenne avec la Russie.
La Russie a fait savoir que toute rupture des relations de l’Union Européenne avec la Russie allait irrévocablement faire de l’Union Européenne un otage de l’alliance militaire qu’est l’OTAN. Pour le ministre russe des affaires étrangères, Sergei Lawrow, cette façon d’agir signifie que le président polonais laisse dépendre une politique propre à l’Union Européenne en fonction des intérêts stratégiques de l’OTAN. Entre temps, la Commission Européenne a demandé à la Russie de ne pas entraver ses relations avec l’Europe et ce malgré les déclarations qui ont été faites par le président polonais.