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Le Président de la République de Pologne, Lech Kaczynski, vient de signer le projet de loi de ratification du Traité de Lisbonne, ce qui conduit la Pologne à pouvoir ratifier ce traité. En ce vendredi 11 avril 2008, la Pologne n’a pas encore ratifié ce traité, le président a signé le projet de loi autorisant cette ratification. Cette autorisation, qui a été donnée par le président polonais, s’est faite après quelques tensions internes où les différents courants politiques essayaient de s’accorder sur les modalités de ratification du traité. Alors que de nombreux médias occidentaux avaient essayé de faire croire que les frères Kaczynski étaient opposés au Traité de Lisbonne, voir même à l’unité de l’Union Européenne, on se rend compte que les oppositions et les contestations relatives à ce nouveau traité existent dans tous les pays européens. On a voulu reprocher aux frères Kaczynski une forme de phobie anti-homosexuelle parce qu’ils se seraient opposés au mariage des homosexuels et encore plus à ce que la Pologne ne se voit pas imposée un tel mariage par le biais de la Charte des Droits Fondamentaux incluse dans le nouveau traité, mais la constitution polonaise constitue elle même une source de garantie des droits fondamentaux en ce qu’elle met en avant la priorité de la défense de la famille, ces droits étant reconnus comme relevant des libertés fondamentales. On a voulu leur dégager une forme de poussée de ressentiment anti-germanophone, mais la crainte des revendications territoriales n’existe pas uniquement en Pologne, mais dans de nombreux pays européens, à un tel point qu’une interprétation extensive de la Charte des Droits Fondamentaux pourrait donner lieu à une véritable insécurité juridique et territoriale. Le propre de toute démocratie est justement de mettre en jeux différents courants politiques, et les contestations doivent être considérées positivement surtout si elles visent à protéger les intérêts de tout un peuple.
Le porte parole de la Sejm, Bronislaw Komorowski, appartenant au parti politique de la Plate-forme Civique (PO) a annoncé que la signature émanant du président polonais ouvrait la voie de la ratification du traité. Il avait peur que le président laisse traîner la signature et ce d’autant plus que le parlement polonais venait de voter favorablement pour la ratification du Traité de Lisbonne. . Il pense que le président vient de signer ce projet de loi dans le but d’éviter à la Pologne de paraisse une nouvelle fois comme le retardataire dans le processus de construction de l’Union Européenne. Néanmoins, le député Zbigniew Girzynski, appartenant au parti politique de l’opposition qu’est Droit et Justice (PiS), a expliqué que cette signature n’avait qu’une portée technique, et que l’acte le plus important reste celui où le président ratifiera lui même le Traité de Lisbonne. Ce député, qui est opposé à la ratification du Traité de Lisbonne, a ainsi fait savoir que le président polonais attendait que le gouvernement et le parlement passent la loi de coopération entre le gouvernement et les deux chambres parlementaires en ce qui concerne l’adhésion de la Pologne en tant que membre de l’Union Européenne. Il n’y a aucune durée de précisée au sein de la constitution polonaise pour obliger le président à devoir ratifier un accord international tel que le Traité de Lisbonne. Ce traité doit juste entrer en vigueur d’ici le premier janvier 2009.
Entre temps, l’un des voisins de la Pologne, la Slovaquie, vient de ratifier le Traité de Lisbonne, et ce alors que le processus de ratification était bloqué dans ce pays en raison d’un blocage politique qui a pris fin, puisque l’un des partis, celui de la coalition hongroise, a abandonné l’opposition à ce processus. Ce revirement politique s’explique pour différentes raisons internes, notamment parce que ce parti politique, représentant les hongrois vivant sur le sol slovaque, a compris qu’il allait devoir céder ses positions sur une loi en matière de communication, et que le Traité de Lisbonne représente à leurs yeux des intérêts bien plus importants. C’est le président de la commission européenne, José Manuel Barosso, qui a approuvé cette décision de la part de la Slovaquie.
Du côté de la Belgique, le Traité de Lisbonne avait déjà été approuvé par les sénateurs en mars dernier, désormais, il a été approuvé par la chambre des députés, ce qui devrait permettre à ce pays de pouvoir ratifier le traité d’ici cet été. 116 députés belges se sont prononcés en faveur du traité alors que 18 s’y sont opposés, l’opposition provenant généralement des représentants du Vlaams Belang et du Front National. Il y a eu 7 abstentions. La prochaine étape pour valider le processus de ratification consiste à ce que les cinq assemblées régionales de Belgique approuvent le texte, ceci permettra de valider à la fois le processus de la volonté étatique, et celui de chacune des régions belges. Le Traité de Lisbonne est perçu assez objectivement en Belgique, son processus de ratification ne devrait pas poser de grands problèmes. Le Premier Ministre belge, Yves Leterme, est d’accord avec le ministre belge des affaires étrangères, Karel De Gucht, pour affirmer que certaines des plus grandes responsabilités des représentants européens ne pourraient pas être attribuées à un ressortissant d’un État qui n’aurait ni adopté la monnaie européenne, ni appliqué intégralement la Charte des Droits Fondamentaux, et qui ne serait pas intégré au sein de l’espace de Schengen. Cette position renforce la forte probabilité de ratification du Traité de Lisbonne par la Belgique. Cette position montre que le gouvernement belge est très européen, à un tel point qu’il refuse à ce que certains dirigeants politiques européens puissent présider l’Union Européenne si les trois critères ne sont pas respectés.
Sur l’île irlandaise, le processus de ratification ouvre la voie à un référendum où chaque citoyen est invité à se prononcer sur l’adoption du nouveau traité européen. Le président du parlement européen, Hans-Gert Pöttering, s’est rendu lui même sur cette île afin de convaincre l’ensemble des parlementaires irlandais que l’adhésion au Traité de Lisbonne représentait ce qu’il y a de mieux pour la défense de l’Irlande. Il a exposé deux principaux arguments auprès du sénat irlandais : d’une part, ce traité devrait permettre de renforcer la démocratie au sein de l’Union Européenne, d’autre part, les parlements nationaux auront plus de pouvoirs, ce qui évitera d’empiéter sur la souveraineté des nations. Il a aussi précisé auprès de la presse irlandaise qu’en aucun cas l’adhésion au Traité de Lisbonne n’allait contraindre l’Irlande à devoir rejoindre d’autres organisations internationales comme par exemple le pacte de l’Atlantique Nord. Il a aussi expliqué que ce pays ne serait pas contraint à devoir accepter l’autorisation de l’avortement, question qui rejoint les positions de la Pologne mais aussi de la Grande Bretagne, notamment vis à vis de la Charte des Droits Fondamentaux. Néanmoins, l’opinion publique irlandaise peut aussi être influencée par celle de contestataires tel que Susan George, écrivain qui considère que le Traité de Lisbonne se résume en des recettes libérales qui ne visent qu’à aider les marchés et érige la concurrence comme seul modèle, en oubliant d’autres prérogatives comme l’écologie, élément sur lequel cet auteur insiste. L’auteur propose que soit rédigée une constitution européenne par une commission qui aura été préalablement élue, et que l’ensemble des peuples se prononcent sur cette constitution en retenant l’ensemble des suffrages populaires sur l’ensemble du continent européen.
Un autre voisin de la Pologne, c’est à dire la Tchéquie, vient de voir son processus de ratification bloqué par le sénat tchèque. L’inquiétude est la même que celle qui est prononcé par le parti de l’opposition Droit et Justice en Pologne, c’est à dire la Charte des Droits Fondamentaux. En effet, si cette charte devait entrer en application, de nombreux allemands qui avaient été expulsés des sudètes au lendemain de la seconde guerre mondiale pourraient réclamer la restitution de leurs propriétés immobilières. A la différence de la Pologne, c’est que la part des propriétés immobilières est largement plus importante sur le sol tchèque que sur le sol polonais, et elle concerne aussi des entreprises. Il y a eu, comme avec la Pologne, des affaires judiciaires. Alors qu’en Pologne existent des accords bilatéraux avec l’Allemagne pour mettre fin à ce genre de conflits, en Tchéquie, des nombreuses restitutions ont été faites. L’application de cette charte pourrait passer outre les tribunaux et lois tchèques, comme des accords bilatéraux. Cette suspension du processus de ratification est en attente d’une décision de la part de la Cour Constitutionnelle tchèque.
En direction des terres scandinaves, notamment au Danemark, deux mouvements de protestation danois qui ont réussi à présenter leur projet aux membres du parlement danois ainsi qu’une pétition qui avait été signée par des milliers de personnes, et ce en vue de demander à ce que le Traité de Lisbonne fasse l’objet d’un référendum. Ceci a été organisé juste avant que le parlement danois ne se réunisse dans le but de décider de l’organisation d’un référendum. Par ailleurs, l’un des députés européens du Danemark, Soeren Soendergaard, a fait remarquer que le Traité de Lisbonne disposait de clauses permettant l’organisation d’un référendum sur certaines questions et ce à condition de récolter plus d’un million de signatures à l’échelle européenne. Une autre pétition a été signée par plus de 100000 personnes cette semaine en Autriche, mais celle-ci n’a pas empêché le parlement autrichien de voter favorablement pour la ratification du Traité de Lisbonne.