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Vers une nouvelle sécurité sociale en Pologne ?

dimanche 30 mars 2008.
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La ministre polonaise de la santé, Ewa Kopacz, a fait savoir aussi bien au niveau des parlementaires comme de l’opinion publique polonaise qu’il était temps de mettre en application un certain nombre de réformes proposées par le parti politique au gouvernement, c’est à dire la Plate-forme Civique (PO). Ce sujet est assez sensible, et le parti de la Plate-forme Civique risque ici de se frotter à des réformes d’autant plus difficiles à mettre en place que son propre partenaire au sein de la coalition gouvernementale, c’est à dire le Parti des Paysans Polonais (PSL), n’y est pas aussi favorable.

La ministre a expliqué que le sommet blanc, qui devrait permettre de débattre des réformes du système de sécurité sociale entre le gouvernement et les employés du secteur public de la santé, se solde par la conclusion suivant laquelle les représentants des différents secteurs d’activité professionnels de la santé public sont plutôt favorables au réformes gouvernementales. Ceci aurait été confirmé par plus de 75% des participants à ce sommet. Les réformes en question sont jugées comme efficientes sur la balance économique et financière, ceci d’autant plus que le Premier Ministre polonais a lui même annoncé que le gouvernement allait allouer pour ce secteur des recettes budgétaires plus importantes.

Néanmoins, pour le dirigeant de la Coalition Démocratique de Gauche (LiD), c’est à dire Wojciech Olejniczak, il semblerait que l’actuel gouvernement ai perdu pas mal de temps pour résoudre les problèmes concernant la crise su secteur de la santé public ainsi que de la sécurité sociale, et que les réformes viseraient à accroître la privatisation de ce secteur de telle manière à ce qu’elle améliore la situation des plus riches, mais n’aide en rien les plus démunis. Quant à l’ancien ministre de la santé publique, Marek Balicki, appartenant à l’opposition, celui-ci estime que la série de propositions de réformes de la sécurité sociale est remplie de défauts. L’opposition politique estime que le gouvernement doit ajouter des conditions supplémentaires au sein de ces réformes pour améliorer la partie publique du système de sécurité sociale.

Les députés vont donc devoir se prononcer sur plus de 11 projets de loi en la matière que vient de préparer le gouvernement. L’ensemble des nouvelles mesures législatives inclut de nouvelles notions telle que la cotisation à un système d’assurance facultative qui ressemble à l’équivalent français du système des mutuelles, une restructuration des institutions en charge des services publics de la santé pour que celles-ci puissent se privatiser, ainsi que la création d’un médiateur des patients. Lors des différentes lectures parlementaires des projets de loi, les principaux partis politiques de l’opposition tel que Droit et Justice ou bien encore la Coalition Démocratique de Gauche ont fait part de leurs résolutions visant à améliorer le système de sécurité sociale, sachant que ces deux partis sont plutôt réticents à toute forme de privatisation des services de santé.

La ministre de la santé a par ailleurs tenté de justifier ces réformes. Elle a ainsi expliqué que les réformes en question visaient un meilleur confort pour les patients car l’objectif de ce nouveau système est de promouvoir une meilleure compétitivité des différents types de services au sein même des institutions qui gèrent les fonds propres de la sécurité sociale. Les patients pourront ainsi choisir les services qu’ils jugeront à même d’être les plus efficaces. Elle s’est opposée à la critique qui supposait qu’une privatisation des hôpitaux aurait entraîné une faillite des services en question, et ce d’autant plus que l’État resterait actionnaire majoritaire, c’est à dire détenteur de 51% du patrimoine sociale de chacunes de ces institutions. Toutefois, à cette première série d’argumentations de la ministre, une autre série de questions peut s’en dégager. D’une part, il n’est pas vraiment permis à n’importe qui de pouvoir choisir les meilleurs services, seuls les plus fortunés disposent de cette faculté, les plus démunis ne pouvant disposer que des services qui veuillent bien les prendre en charge, ce qui ne règle pas le problème des inégalités sociales face à l’accès aux soins. D’autre part, accentuer la compétitivité de ces services, c’est aussi accroître le risque de voir le patient simplement traité en une simple clientèle, et de remettre en cause certains comportements des différents responsables des institutions en question vis à vis de leurs responsabilités : l’une des plus célèbres affaires de rentabilité qui avait tourné au scandale fut celle des seringues non stérilisées (cf : Scandale autour de seringues dans les hôpitaux polonais. : http://www.swietapolska.com/news/swpolska1289.html). Pour ce qui est de la création d’une forme de médiateur des patients, la ministre s’est justifié par rapport à des événements récents qui concernaient l’évacuation d’un hôpital.

D’autres réformes vont aussi arriver en ce qui concerne la sécurité sociale, elles concernent la limitation des départs en pré-retraite. Les allocations de pré-retraite seront remplacées par des aides temporaires, et les conditions pour bénéficier de ce régime seront changées puisque seuls les salariés des activités les plus difficiles pourront la demander. Parmi la liste des professions exclues par ce régime, il y a les professeurs et les journalistes. La ministre polonaise du travail, Agnieszka Chlon-Dominczak, a expliqué que ce régime serait appliqué en fonction de critères médicaux.. Le professeur Marek Gora, de l’Université d’Économie de Varsovie, s’oppose à toute forme de retraite anticipée en expliquant qu’une société faiblement composée d’actifs finissait par s’appauvrir, et qu’il allait des intérêts de la croissance économique de ne conserver aucun de ces régimes de pré-retraite. Alors que l’âge légal pour partir à la retraite est de 60 ans pour les femmes et de 65 ans pour les hommes, seulement un polonais sur quatre arrive à prendre sa retraite lors de l’âge prédéfini, puisque l’âge moyen réel des départs à la retraite tourne autour de 57 ans.

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