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Lech Kaczynski avait expliqué la semaine dernière qu’il allait contraindre la Charte des Droits Fondamentaux constituant le Traité de Lisbonne à disposer d’un préambule garantissant à la Pologne un certain nombre de réserves. Le parti politique de la Plate-forme Civique (PO) préfère accélérer le processus de ratification du traité ainsi que l’intégralité de la Charte des Droits Fondamentaux. Toutefois, ce traité avait été négocié par l’ancien gouvernement de Pologne qui était dirigé par le parti politique Droit et Justice, ou du moins l’ancienne coalition gouvernementale qui réunissait trois partis politiques et quatre tendances politiques : conservateurs, nationalistes et ultra-conservateurs, et populistes. Cet ancien gouvernement disposait des pouvoirs de négociations propres à pouvoir apporter à ce Traité de Lisbonne les conditions de réserves nécessaires, tout comme il a pu le faire en obtenant l’introduction de l’exception des accords de Ionnina qui permettent à des États européens de pouvoir s’opposer à certaines mesures prises au niveau de l’Union Européenne. Cette opposition de la part du parti Droit et Justice (PiS) se fonde sur le fait que le traité en question remettrait en question les bases fondamentales de la fondation et de la protection de la famille, et ce suivant le modèle définit par l’église catholique. Le but serait justifié en voulant faire en sorte de promouvoir la stabilité familiale au sein des foyers polonais et ne pas rétrograder la Pologne avec les dégradations sociales et psychologiques des pays occidentaux, suivant les propos du Président de la République de Pologne, où l’éclatement des familles et la perte de repères sociaux est le signe précurseur du malaise de l’individu qui finit de plus en plus isolé et esclave d’une société de consommation, esclave de lui même, de ses petits désirs, de remplir ses armoires, finissant pollué de choses inutiles, comme en témoignent de brillants artistes francophones.
Le président polonais estime ainsi que la Pologne ne se noiera pas dans la folie des prétentions homosexualistes, qui a défaut de plus exposer un phénomène de mode que de vouloir faire reconnaître des droits, se pose rarement la question des devoirs et de la responsabilité, la responsabilité, gardienne des libertés de l’individu, mais qui constitue une notion que l’individu essaie de fuir plutôt que d’assumer. Le président met aussi en garde vis à vis des revendications des ressortissants allemands en ce qui concerne leurs droits et soit disantes prétentions sur des appartements et autres propriétés immobilières alors qu’ils avaient dû quitter leur foyer lors de la seconde guerre mondiale. Il y a certes eu des accords entre la Pologne et l’Allemagne garantissant qu’ancune de ces réclamations seraient plausibles auprès des cours de justice des deux pays, mais cela n’est pas sans devoir rappeler que l’association représentative des intérêts des expatriés allemands de Pologne avait essayé de porter une de ces affaires auprès de la cour européenne siégeant à Strasbourg. Ainsi, si le droit polonais ou le droit allemand ne lui apportait pas satisfaction, l’association en question avait tenté une action sur la base des accords relevant du droit européen issu de la Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme. Avec le Traité de Lisbonne, une telle association pourrait retenter de telles actions en se basant sur le droit issu des Communautés Européennes, ce qui renforce évidemment les pressions exercées sur la Pologne. Dans les faits, de telles revendications sont caduques. Si on devait revendiquer les préjudices et intérêts entre les deux pays lors des crimes et délits commis au moment de la seconde guerre mondiale, il est plus qu’évident que la balance est énormément lourde du côté allemand. Ce qui pèse le plus est le poids humain, où furent décimées de nombreuses populations polonaises, dont notamment plusieurs grandes communautés dont celle des juifs polonais et qui contribuaient à enrichir l’horizon et la diversité culturelle de ce pays ; diversité culturelle qui persiste de nos jours. Quand au poids matériel, il suffit de retenir l’une des réponses faites par un ancien Premier Ministre polonais il y a quelques années de cela : face aux revendications immobilières de certains ressortissants allemands, la Pologne pourrait demander réparation pour Varsovie qui a été entièrement rasée. La construction européenne est avant tout ce qui permet d’aller au delà du passé, et donc de se tourner vers l’avenir, et non pas de permettre à de telle association de replonger vers les blessures du passé. Entre temps, la prescription acquisitive, datant de plus d’un demi siècle, fait force de loi, dans n’importe quel pays européen. La prescription acquisitive est avant tout un mécanisme de sécurité juridique, de telle sorte que de telles revendications sortent du champs du droit. Il s’agit ainsi de la protection du citoyen polonais, qui a les mêmes droits que n’importe quel autre citoyen européen, l’usucapion en constitue l’outil légitime.
Le président polonais dispose aussi du pouvoir de veto en ce qui concerne le projet de loi de ratification du Traité de Lisbonne. Il est avant tout le gardien de la constitution polonaise, fondée sur la culture polonaise et elle même reposant sur des valeurs chrétiennes. Il peut donc s’opposer à des clauses qui légaliseraient le mariage homosexuel. Lech Kaczynski : « En ce qui concerne l’examen approfondi des clauses de la Charte des Droits Européens, celles-ci semblent tout à fait correctes, mais il existe néanmoins des dispositions qui permettent de valider clairement tout type de mariage, c’est à dire d’autoriser des mariages qui ne concernent pas uniquement l’union entre un homme et une femme ». Le parti Droit et Justice met en garde le parti au pouvoir, c’est à dire la Plate-forme Civique, vis à vis de son élan démesuré et plus qu’enthousiaste à vouloir ratifier le Traité de Lisbonne. Il ne faut pas oublier que le parti de la Plate-forme Civique est un parti libéral, avec certaines tendances ultra-libérales. Son dirigeant, Donald Tusk, est en admiration constante devant le modèle britannique qu’il veut importer en Pologne, ou du moins à Varsovie, ce qui pourrait faire moins de dégâts. Son idéal serait de faire des bords de la Vistule la copie conforme des bords de la Tamise, la rivière qui traverse Londres, avec des banques, des assurances, et des entreprises de la finance. Un modèle qui satisfait les couches sociales les plus aisées, mais où les couches sociales les moins fortunées pourraient y voir quelques inconvénients, notamment en matière de sécurité sociale, de répartition des richesses, de difficultés en matière de logements où les loyers sont plus qu’exhorbitants, où tous les avantages tels qu’ils existent auprès des populations des autres pays européens garantissant un minimum de sécurité et de protection pour les populations les moins fortunées et d’accès au service public n’existent pas. L’un des meilleurs exemples restant le modèle français, où l’espérance de vie est la plus importante sur l’échelle européenne, et où le taux de production horaire est supérieur à celui des modèles libéraux américain et britannique, les français étant plus productifs, avec moins d’heures de travail par semaine, et une véritable sécurité sociale. Autant d’éléments qui ne jouent pas forcément en faveur de la carte libérale que veut installer la Plate-forme Civique, et où le projet de loi de ratification au Traité de Lisbonne ressemble plus au projet d’Alignement de la Pologne sur la volonté européenne. Il n’est pas possible d’oublier les résistances du peuple français lors du référendum pour ce qui devait être la première constitution européenne, ainsi que celle du peuple néerlandais. La France a du s’incliner puisque son nouveau président, Nicolas Sarkozy, a fait abstraction de l’expression du peuple français en proposant un nouveau traité européen. Enfin, lors du sommet européen de juin dernier, la Pologne était soutenue par de nombreux pays européens, tel que l’Espagne ou encore la Lituanie, ce qui prouve que la démarche du président polonais se fonde dans une optique tout à fait légitime. Une telle solidarité européenne, dite de contestation face à un phénomène de mode ultra libérale en provenance de la Grande Bretagne ou du Sarkosisme ou encore du Tuskisme, devrait s’affirmer de manière plus régulière et approfondie, comme par exemple dans le cadre de la région serbe du Kosovo qui été prise en otage par des albanais.