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L’opposition du Président polonais au Traité de Lisbonne.

dimanche 23 mars 2008.
 

L’ensemble des efforts qu’avait entrepris la Pologne afin de ratifier le Traité de Lisbonne étaient devenus vains depuis que le Président de la république de Pologne, Lech Kaczynski, avait exprimé des sentiments anti germaniques et anti homosexuels en annonçant que la nation polonaise courait un grand danger avec ce traité. Lui et son frère jumeau, Jaroslaw Kaczynski, dirigeant du parti Droit et Justice (PiS) , estiment que la loi qui doit être votée en vue de ratifier le Traité de Lisbonne doit inclure un préambule qui émette des clauses en faveur de la Pologne, dont notamment celle permettant à un petit groupe d’États européens de bloquer certaines initiatives de l’Union Européenne ou encore les clauses d’opting out pour la Pologne en ce qui concerne la Charte des Droits Fondamentaux. Cette prise de position a surpris plus d’un polonais pour de nombreuses raisons. D’une part, parce que les frères jumeaux avaient eux mêmes négocié ce traité lorsque Jaroslaw Kaczynski était encore Premier Ministre en Pologne, ils avaient par ailleurs qualifié ces négociations de grand succès en matière de politique étrangère. D’autre part, alors que la majorité des polonais soutiennent l’Union Européenne ainsi que la ratification du Traité de Lisbonne, une minorité principalement composée d’ultra-conservateurs mais aussi de religieux, composant une partie du groupe Droit et Justice (PiS), y seraient opposés.

Le Président de la République de Pologne, Lech Kaczynski, a émis son point de vue en ce qui concerne les risques que faisait encourir le Traité de Lisbonne auprès de la Pologne. Il a expliqué son point de vue en montrant des images de la Pologne au lendemain de la seconde guerre mondiale ainsi que la chancelière allemande Angela Merkel en train de discuter avec Erika Steinbach qui est la représentante des allemands expulsés de Pologne, ou du moins des anciens territoires allemands qui appartiennent dorénavant à la Pologne. Le président polonais a aussi expliqué que la Charte des Droits Européens accordait aux homosexuels le droit de se marier, ce qui irait au delà des conceptions morales de base les plus acceptables en Pologne. Il a appuyé son argumentation en montrant la sinistre image de ce que sont deux hommes qui se marient.

Le Premier Ministre s’est aussi prononcé sur le discours complété par une vidéo du Président de la République. Il estime que cette vidéo montre des images jugées plutôt invraisemblables. Donald Tusk : « Faire croire que le Traité de Lisbonne menace la Pologne à cause des homosexuels et des allemands est idiot, indécent, contraire à notre expérience et endommage encore plus l’image de la Pologne ». Il a expliqué que son gouvernement essaierait de ratifier le Traité de Lisbonne auprès du Parlement, et si ceci devait échouer, il ferrait appel à un référendum national. Le prochain vote parlementaire pourrait être prévisible juste après les fêtes de Pâques. Le traité ne peut être ratifié que si les deux tiers de la majorité des 460 sièges le décide. Ceci se traduit de la manière suivante : si Donald Tusk veut l’emporter par le biais d’un vote parlementaire, il faut un minimum de 6 députés du parti Droit et Justice (PiS) qui se mettent à rejeter les grandes lignes fixées par le dirigeant de ce parti, c’est dire Jaroslaw Kaczynski, et qu’ils décident de voter favorablement pour la ratification de ce traité.

En ce qui concerne Jaroslaw Kaczynski, il a annoncé que son frère jumeau, qui n’est autre que le Président de la République de Pologne, n’était pas obligé de ratifier la loi parlementaire et il a expliqué qu’il n’appréciait pas la méthode qui était mise en place afin de forcer cette ratification. L’initiative qui avait été prise par Jaroslaw Kaczynski d’amender le projet de loi de ratification est constitutionnellement incertaine. En effet, en vue d’obtenir l’accord en ce qui concerne les exceptions dites opting out en faveur de la Pologne, il est nécessaire d’avoir l’accord préalable de l’ensemble des États membres de l’Union Européenne.

Le ministre polonais des affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a aussi expliqué auprès du Parlement polonais mardi dernier que le Traité de Lisbonne n’aillait pas imposer aux pays membres de l’Union Européenne le mariage des homosexuels ou encore renforcer les droits des réclamations en matière de propriété immobilière des allemands en ce qui concerne la Pologne. L’embarras en ce qui concerne la ratification du Traité de Lisbonne a fait resurgir l’image d’une Pologne qui poserait quelques problèmes vis à vis des autres pays européens, et c’est cette impression que l’actuel Premier Ministre polonais Donald Tusk essaie de faire disparaître depuis qu’il a pris le pouvoir en octobre dernier.

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