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Le gouvernement Leterme 1er voit le jour

mercredi 19 mars 2008.
 

Après six mois de crise politique et l’échec des négociations de la coalition orange-bleue, un gouvernement intérimaire avait été mis en place le 21 décembre dernier afin de diriger le pays jusqu’au 23 mars 2008. Il faut rappeler que la nouvelle coalition s’était soldée alors par l’éclatement du cartel CD&V-N-VA, le parti de monsieur Bart de Wewer estimant que le nouveau compromis offrait trop peu de garanties pour une grande réforme de l’Etat. Le PS de monsieur Di Rupo, qui par ailleurs s’était abstenu de faire de grandes déclarations durant la crise (excepté que gouverner sans le PS serait "mission impossible"), acceptait alors de faire partie de la nouvelle majorité.

Aujourd’hui, les cinq partis du nouveau gouvernement Leterme 1er ( CD&V, Open Vld, MR, PS et Cdh) sont parvenus à finaliser les accords gouvernementaux concernant la réforme fiscale, la famille, la consommation, les pensions ou encore l’emploi.

Mais comment évaluer les 40 pages d’intentions ? Certes, elles proposent des élément intéressants notamment en ce qui concerne le pouvoir d’achat mais ce programme de gouvernement est dépourvu de budgétisation ou d’ordres de grandeur... Quelques lignes seulement sont consacrées aux réformes institutionnelles :
" Depuis 1970, la Belgique unitaire a été convertie, en cinq réformes, en un État fédéral doté d’une structure à plusieurs niveaux de pouvoir. À chaque fois, davantage d’autonomie fut dévolue aux Communauté et Régions, afin de faire approcher la politique auprès des citoyens et de permettre une meilleure gouvernance à tous les niveaux de pouvoir. Durant les mois précédents, s’est répandue l’idée qu’une nouvelle phase de la réforme de nos institutions s’avère souhaitable. En effet, la répartition des compétences et le financement actuels se sont clairement révélés insuffisants pour que tous les niveaux de pouvoir puissent formuler une réponse aux défis futurs. C’est la raison pour laquelle toute nouvelle réforme institutionnelle devra renforcer les niveaux de pouvoir. Un nouvel équilibre entre les différentes autorités doit être cherché, pour que celles-ci s’aident davantage et coopèrent de manière plus efficace. Sur la base des travaux du Conseil des Sages, les différentes parties, tant de la majorité que de l’opposition, ont déposé au Sénat une proposition de loi spéciale, comme première étape dans cette nouvelle réforme. Dans le prolongement, le gouvernement fera avant la mi juillet, une déclaration à la Chambre des représentants sur le contenu du second paquet, comme annoncé dans les développements de cette proposition. Les textes de loi nécessaires y seront adjoints afin de les approuver avant les vacances parlementaires." (extrait de l’accord du gouvernement)

Déjà, selon certains observateurs, à un gouvernement intérimaire succède un gouvernement temporaire qui au mieux pourrait rester en place jusqu’aux élections régionales de juin 2009. Comment, après s’être tirés dessus pendant des mois, les différents protagonistes pourront-ils s’accorder en quelques semaines à peine sur les questions relatives à la scission de BHV, l’autonomie fiscale et des allocations familiales, la régionalisation de certaines compétences ?...

En début de semaine, les principaux intéressés affichaient un large sourire mais pour monsieur Leterme et la coalition actuelle, le plus dur reste à faire avec la présentation du deuxième paquet de réformes à la mi-juillet qui devra contenir des éléments concrets afin de garantir une importante réforme de l’Etat...

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