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A l’approche du 40ième anniversaire de ce qui est connu comme l’expulsion de dizaines de milliers de citoyens juifs polonais en en mars 1968 par le gouvernement soviétique qui les avait contraint à quitter le pays, la fondation Shalom a demandé auprès du Président de la République de Pologne, Lech Kaczynski, qui celui-ci fasse un geste en faveur de ces populations et leur reconnaisse le droit de retrouver la nationalité polonaise. La fondation Shalom est une association judéo américano polonaise localisée à Varsovie et qui a pour objectif de promouvoir la culture juive.
C’est en mars 1968 que les services des forces de l’ordre communistes avaient confisqué les passeports polonais de ressortissants juifs polonais en échange d’un aller simple vers l’extérieur. Le quarantième anniversaire de ces événements a été célébré le 5 mars 2008 à travers différentes rencontres, expositions, promotions d’ouvrages, conférence, et tous avaient pour thème les événements de mars 1968. Le Président Lech Kaczyński, ainsi que son frère jumeau Jaroslaw Kaczynski, ont aussi organisé une cérémonie en l’honneur des étudiants qui avaient été à la source des mouvements de protestations de cette époque suite à la fermeture d’une représentation théâtrale qui répond du nom de Dziady, dont l’auteur n’est autre qu’Adam Mickiewicz. Parmi les nombreux invités, l’éditeur en chef du quotidien Gazeta Wyborcza, qui n’est autre qu’Adam Michnik, n’en a pas fait parti alors qu’il a été l’un des principaux auteurs de ces mouvements de protestation. Ceci peut éventuellement s’expliquer en vertu du fait que le quotidien a souvent critiqué la politique du parti Droit et Justice (PiS) dirigé par les deux frères jumeaux.
Le Président polonais a aussi pris des initiatives afin de permettre à tous les citoyens juifs polonais expulsés de retrouver leur nationalité d’origine, ceci devant aussi compter pour leurs descendants. Cette action, ainsi que la récente commémoration en faveur des citoyens polonais qui sont morts pour avoir sauvé des citoyens polonais de culture juive lors de la seconde guerre mondiale, est d’autant plus significative qu’elle permet de contre-balancer le stéréotype qui voudrait désigner ce pays comme antisémite (http://www.swietapolska.com/news/swpolska849.html). D’après le porte-parole du président, Michal Kaminski, il s’agît pour la Pologne de marquer un sérieux tournant avec ce qui s’est passé lors des régimes communistes, dont notamment les événements de mars 1968 qui avait précipité le gouvernement soviétique de l’époque à prendre des mesures radicalement antisémites sous forme de purge. Michal Kaminski explique ainsi que même si le mal ne peut être réparé, il s’agît, d’après le point de vue du président polonais, de prouver à ces citoyens qu’ils n’ont jamais perdu leur nationalité.
A l’origine de ces répressions qui se sont produites sous le gouvernement de Gomulka, sous la tutelle du régime soviétique russe qui disposait d’une certaine influence sur de nombreux pays utilisés dans le contexte de la guerre froide, une campagne sur fond d’idéologie politique consistait à assimiler les juifs polonais à des partisans du sionisme, et ceci a servi de justification pour les autorités communistes de l’époque afin de les accuser d’être déloyales envers l’État Polonais. De manière plus explicite, de nombreux alliés de l’empire soviétique russe se localisaient en Orient, dont l’Irak, mais aussi l’Égypte, pays voisins et ennemis de Israël qui était soutenue par le bloc des partisans de la démocratie libérale. Ainsi, le sionisme fut très mal perçu du côté des partisans de la démocratie populaire. Néanmoins, entre un mouvement idéologique, le sionisme, et une culture, le judaïsme, l’assimilation n’a pu servir que pour assouvir des fins politiques, fortement influencées dans un contexte international. Un des meilleurs contre-exemples peut toutefois être noté à travers des citoyens juifs américains qui avaient manifesté auparavant contre le sionisme. C’est ainsi sous l’influence de cette campagne de Gomulka que les citoyens juifs polonais ont dû quitter la Pologne pour rejoindre Israël.
Toutefois, ce mouvement ne trouve pas uniquement son origine dans un contexte international, qui certes y avait aussi contribué. Les événements de mars 1968 sont notamment marqués par les mouvements de contestations des jeunes étudiants polonais. Le gouvernement communiste de l’époque a donc essayé d’endiguer ce problème social en faisant porter le chapeau aux juifs polonais, d’où le déclenchement de cette campagne à la fois anti-sioniste et antisémite. Celle-ci s’est traduite par l’expulsion de juifs de Pologne, mais aussi des juifs polonais qui appartenaient au parti communiste, et du renvoi de l’ensemble des citoyens juifs de tout poste à responsabilité dans la fonction publique, des écoles, des universités, et de toute institution publique. Plus de 25000 d’entre eux ont été contraints à quitter le territoire entre 1968 et 1970.
Ces actions n’ont pas contribué à valoriser l’image de la Pologne, et les initiatives qui sont dorénavant prises par les différents gouvernements de la nouvelle république consistent à reconnaître et à réparer les erreurs du passé. Par ailleurs, depuis la libération de la Pologne en 1989, nombreux furent les citoyens juifs polonais qui avaient essayé de retrouver la nationalité polonaise, mais ils avaient dû se heurter à un très difficile formalisme administratif. Cette action permet de libérer les citoyens de ces procédures, et de reconnaître à ces citoyens leurs droits. La Pologne se reconstruit, ses relations avec Israël sont en constante progression, tant au niveau économique que culturel, et il suffit d’effectuer quelques voyages dans la capitale administrative qu’est Varsovie ou la capitale culturelle qu’est Cracovie pour se rendre compte, à travers les différents festivals, de l’importance donnée à la culture juive. Parmi ces derniers, on peut compter le très célèbres festival juif de Cracovie (http://www.swietapolska.com/news/swpolska1743.html), les expositions autour du Ghetto de Varsovie (http://www.swietapolska.com/news/swpolska1400.html), ou encore le musée de la culture juive (http://www.swietapolska.com/news/swpolska1023.html)