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Les autorités douanières de la Pologne et de l’Ukraine viennent d’interpeller leurs présidents respectifs de chacun des deux pays pour témoigner des problèmes grandissants au niveau du franchissement de la frontière qui sépare ces deux pays. Plusieurs gouvernements locaux regroupant des passages frontaliers se sont réunis cette semaine du côté ukrainien à Szegini-Medika. Chacun des participants a signé une lettre demandant à la fois au Président de la République de Pologne et au président ukrainien d’intervenir afin de faciliter le franchissement de cette frontière, en augmentant le nombre de poste aux douanes mais aussi en étant plus souple sur les conditions d’obtention des visas pour les ukrainiens. Ces problèmes proviennent du renforcement au contrôle des frontières orientales de la Pologne depuis que celle-ci est rentrée dans l’espace de Schengen le 21 décembre dernier. Le fait d’entrer dans cet espace de libre échange européen oblige la Pologne à se munir d’un système de protection et de contrôle tout aussi important que celui des pays d’Europe occidentale, ce qui est la conséquence du déplacement des frontières plus à l’est. La rigidité d’un tel système devient automatique dans le mesure où la Pologne devient la garante d’une partie de la frontière de l’Union Européenne, la seule condition d’assouplissement ne pourrait se faire que si la Pologne refuserait d’entrer dans l’espace de Schengen, ce qui remettrait en cause les traités européens mais aussi la construction de l’Union Européenne ainsi que la sécurité de ses ressortissants.
Les tensions au niveau de cette frontière se sont accrues parce que les droits d’obtention d’un visa sont devenus à la fois plus onéreux mais aussi plus compliqués pour de nombreux ukrainiens qui avaient souvent eu tendance à bénéficier d’une certaine souplesse de l’ancienne politique polonaise, s’expliquant en raison de fait que la main d’oeuvre immigrée ukrainienne est peu onéreuse et facilement exploitable pour certaines entreprises polonaises, notamment dans le secteur du bâtiment. Par ailleurs, même en ayant obtenu un visa, il faut parfois attendre très longtemps pour pouvoir franchir la frontière, situation qui a pris une ampleur considérable avec la grève des douaniers le mois dernier. Cette situation pourrait être améliorée en mettant en avant la notion de trafic à petite échelle de la population au niveau de cette frontière, ce qui faciliterait le passage des ukrainiens qui se trouvent aux alentours.
A l’heure actuelle, les deux pays n’ont pas réussi à se mettre d’accord. Les tensions se sont aussi accrues dans le secteur des échanges commerciaux, puisque les autorités polonaises ont demandé à ce que les douanes ukrainiennes diminuent leur taux d’imposition sur les importations de viande polonaise. En effet, ces exportations sont constante baisse depuis quelques années, et elles s’expliquent en grande partie par des droits de douane qui sont sans cesse de plus en plus élevés. L’Ukraine a de son côté expliqué qu’elle s’apprêterait à baisser ses droits de douane lorsqu’elle aura rejoint l’Organisation Mondiale du commerce qui est prévu pour juillet 2008. Comme le souligne le ministre polonais Andrzej Dycha, les droits de douane qu’impose l’Ukraine représentent entre 100 et 300% du prix initial des produits. S’il est bien vrai que le passage à la frontière était subordonné par le « prezent », ou petit cadeau en langue française, il n’en reste pas moins que ce genre de pratique à grande échelle prouve la nécessité d’axer les prochains développements de l’Union Européenne vers les voisins ukrainiens et biélorusses, pays frontaliers de la Russie.