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D’après le ministre polonais de la défense nationale, Bogdan Klich, l’indépendance de la région serbe du Kosovo est inévitable. Il estime par ailleurs que la proclamation de l’indépendance de cette région a de très fortes chances d’accentuer les exigences des différents mouvements séparatistes au sein de l’Europe. Ceci ne devrait toutefois pas concerner la Pologne qui ne présente pas de minorités nationales ayant ce genre de demande. Il faut aussi que le gouvernement polonais prenne le soin d’informer le gouvernement serbe, en lui faisant comprendre que la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo n’est pas dirigée contre la Serbie.
C’est mardi dernier que le gouvernement polonais avait reconnu l’indépendance du Kosovo. Pour le chef des services de la diplomatie polonaise, Radoslaw Sikorski, l’affaire du Kosovo a créé un cas sans précédent. Une dizaine de pays de l’Union Européenne seulement ont reconnu l’indépendance de cette région. Le ministre des affaires étrangères a aussi fait savoir que la Pologne s’apprêtait à envoyer une mission diplomatique au Kosovo, ainsi qu’une mission à Belgrade dans le but de maintenir les perspectives européennes de la Serbie, c’est à dire d’éventuellement intégrer la Serbie au sein de l’Union Européenne.
Du côté du Président de la République de Pologne, Lech Kaczynski, celui-ci a affirmé qu’il respectait la décision du gouvernement en la matière même si ce dernier avait émis son opposition à ce que la Pologne reconnaisse l’indépendance de cette région. Les plus vives oppositions proviennent de plus d’une centaine de membres du parti de la Ligue des Familles Polonaises (LPR) qui ont organisé une manifestation de soutien à la Serbie. Lors de cette manifestation, les protestants tenaient à la main à la fois le drapeau polonais et le drapeau serbe. L’un des dirigeants de ce mouvement de manifestation, Robert Wyrostkiewicz, a expliqué à la presse polonaise que l’objectif est de montrer auprès de l’Union Européenne et des États Unis d’Amérique une certaine solidarité entre les peuples polonais et serbes, les polonais exprimant leur refus de voir la souveraineté de l’État serbe ainsi atteinte. Le vice ministre polonais de l’éducation nationale, Miroslaw Orzechowski, a aussi annoncé que la déclaration de l’indépendance du Kosovo risque de faire basculer les Balkans dans un conflit encore plus important. Les manifestants ont ainsi réclamé à ce que l’actuel ministre polonais des affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, qualifie d’illégales les actions entreprises par les autorités du Kosovo, et qu’on les poursuive auprès des juridictions mises en place par les Nations Unies.
Les protestations en question n’ont pas empêché le gouvernement polonais de reconnaître l’indépendance du Kosovo, mais Radoslaw Sikorski a fait savoir que la Pologne s’apprêtait à envoyer une mission diplomatique en Serbie et dont l’initiative revient à Waldemar Pawlak lors de la récente session du Conseil des Ministres. Le but est de convaincre la Serbie de prendre part à la construction de l’Union Européenne car la Pologne est favorable à un plus vaste élargissement. L’indépendance du Kosovo ne peut se localiser que comme un cas extrême dont ne devraient pas se servir les autres mouvements séparatistes dans les autres pays européens.