Le Magazine International Polonais
Politique Economie
Entreprises Culture
Finances Emploi
International Europe

Les 100 premiers jours du nouveau gouvernement de la République de Pologne.

mercredi 27 février 2008.
 

Voici plus d’une centaine de jours que le nouveau gouvernement dirigé par le parti politique de la Plate-forme Civique vient de s’installer, et ce en remplaçant le gouvernement de Kaczynski dont le parti politique Droit et Justice a perdu les dernières élections législatives du 21 octobre 2007.

D’après Jadwiga Staniszkis, professeur de sciences politiques, la coalition de la Plate-forme Civique (PO) et du Parti des Paysans Polonais (PSL) ne serait pas préparée pour gouverner, et ce principalement en raison du fait que de nombreux projets de développement sont tirés de ce qui avait été mis au point sous le précédent gouvernement, comme par exemple la politique budgétaire qui reste la même que celle de l’ancienne ministre polonaise des finances publiques, Zyta Gilowska, et que ce gouvernement avait pourtant critiquée quelques mois auparavant. De même, les réformes tant attendues du Premier Ministre Donald Tusk sont encore loin de pouvoir être appliquées, ce qui ne permet pas de confirmer l’application des promesses électorales qui avaient été faites. L’analyste rajoute que le Premier Ministre manque d’adresse et que le fait qu’il puisse être encore si populaire pourrait jouer contre lui. Entre temps, le parti politique de l’opposition Droit et Justice (PiS) qui avait composé le précédent gouvernement a tenu une conférence de presse dans le but de ridiculiser l’actuel gouvernement en comparant les membres de l’actuel cabinet gouvernemental à des personnages du film Matrix. Alors que l’opposition accuse l’actuelle coalition de détourner l’attention de la population polonaise des problèmes les plus importants, Donald Tusk s’est défendu en expliquant que le prochain amendement qui sera apporté à la constitution polonaise permettra de lever l’immunité juridique des représentants au Parlement si ces derniers se voient retenus à leur égard des chefs d’accusation de crime et délit, et ce quelque puisse être leur proportion.

Entre temps, plus de la moitié de la population polonaise réaffirme leur soutient auprès du nouveau gouvernement et au parti politique de la Plate-forme Civique (PO). La plupart des polonais estime que l’administration de Donald Tusk est largement meilleure que celle de Jaroslaw Kaczynski. Plus de la moitié des polonais estime en outre que l’actuel gouvernement a su accomplir les promesses qui ont été tenues lors des dernières élections parlementaires, et que le coalition entre le parti de la Plate-forme Civique et le parti des Paysans Polonais montre l’exemple d’une bonne coopération. Par ailleurs, plus de neuf polonais sur dix s’estiment insatisfaits de la coopération entre le Président de la République de Pologne, Lech Kaczynski, et le Premier Ministre polonais, Donald Tusk.

En ce qui concerne la ministre polonaise de l’éducation nationale, Barbara Kurdycka, celle-ci constate que le niveau de développement des sciences en Pologne est loin d’être d’un niveau très élevé et ceci est lié aux problèmes que connaissent les universités polonaises. Elle a constaté que les universités s’étaient battues pour accueillir le plus grand nombre d’étudiants, et non pas pour attirer vers elles les meilleurs éléments. Elle critique par ailleurs le système de financements des universités qui ne tient pas compte ni de leur domaine d’activité ni des réussites obtenues. La ministre a annoncé que toute une série de réformes dans le secteur de l’éducation nationale serait prise afin d’introduire des méthodes de gestion plus modernes et d’accroître les dépenses de l’État en ce qui concerne les universités dans le but de les rendre plus compétitives.

La ministre polonaise de la santé publique, Ewa Kopacz, s’est mise à critiquer l’état dans lequel son prédécesseur avait laissé le ministère de la santé publique. Celle-ci avait annoncé à la presse polonaise qu’au moment où son équipe gouvernementale avait repris en main le ministère des finances publiques, celui-ci avait été laissé dans un état plus que chaotique, où tout pouvait paraître gratuit sans que pour autant que les services de la secteur de la santé publique soient accessibles. Ceci explique aussi les raisons pour lesquelles elle a du se concentrer sur les affaires les plus urgentes au lieu d’avoir une activité législative et normative. Elle a aussi expliqué que son ministère travaillait sur des changements qui allaient se produire sur le très long terme qui devraient permettre au système de santé polonais de rejoindre les standards européens. Pour ce qui est des salaires du personnel médical, elle a fait comprendre que l’augmentation de ces derniers seraient d’abord les conséquences des prochaines réformes, tout en affirmant que les médecins pourront dès l’année 2010 gagner 11000 zlotys brut. Enfin, la ministre a aussi axé sa politique dans le but de motiver les plus jeunes générations à rester sur le territoire polonais.

L’ancien ministre des affaires étrangères, Pawel Kowal, s’en est pris à l’actuel ministre Radoslaw Sikorski, qu’il accuse d’avoir mené une politique isolationniste, critique qui peut être d’autant plus surprenante que le nouveau ministre des affaires étrangères suit une politique d’ouverture de la Pologne guidée par la Plate-forme Civique avec ses voisins russes et allemands, alors que sous le régime du gouvernement de Jaroslaw Kaczynski, les tensions de la Pologne avec ces mêmes voisins n’avaient pas cessé de s’intensifier. Par ailleurs, la Pologne du gouvernement de la Plate-forme Civique est d’autant mieux perçue vis à vis de l’opinion européenne que celle que de Jaroslaw Kaczynski semblait plutôt réticente face à des projets européens communs. Pour Pawel Kowal, il n’y aurait aucun changement significatif en ce qui concerne les relations entre la Pologne et la Russie. Bien que Donald Tusk se soit rendu en visite à Moscou, la Pologne connaît des problèmes de plus en plus importants avec ses voisins localisés plus à l’est. Il a aussi critiqué la politique étrangère du nouveau gouvernement sur la question du bouclier antimissile américain en affirmant que celui-ci ne faisait que reprendre les projets de l’ancien gouvernement.

Face aux changements constitutionnels que le nouveau gouvernement s’apprête à faire passer et qui risquent de faire basculer les différents pouvoirs du chef du gouvernement et du chef de l’État, le parti Droit et Justice a estimé qu’il désirait que le président Lech Kaczynski puisse disposer de plus de pouvoirs. Le porte parole du président, Mariusz Kaminski, estime que le mandat du président étant la conséquence du vote du peuple, il serait donc normal que celui-ci dispose de plus de compétences. Du côté du Premier Ministre, celui-ci estime que les prérogatives et compétences en matière de politique étrangères doivent être élargies en faveur des députés.

Copyright © 2007 SwietaPolska EURL. Tous droits réservés.
Site, publication, journal sont protégés par le droit d'auteur et le droit de la propriété intellectuelle
Reproduction interdite www.swietapolska.com
Répondre à cet article