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Des milliers d’éleveurs de porcs étaient descendus dans les rues de Varsovie la semaine dernière en vue de protester contre les faibles prix de la viande de porc. Le prix au kilogramme de ce genre de viande se localise entre 2,8 et 3 zlotys et les agriculteurs polonais estiment qu’il s’agit ici d’une vente à perte. Les agriculteurs en question avaient demandé à pouvoir rencontrer le ministre polonais de l’agriculture, Marek Sawicki, mais celui-ci était à Cracovie au moment des revendications, et le Premier Ministre polonais Donald Tusk était en congé. Les syndicats des éleveurs de porcs ont demandé à ce que soit limitées les productions de porc en Pologne afin que les prix cessent de baisser, à ce que les importations de cette viande soient aussi limitées, ainsi que de nouveaux délais de remboursement des emprunts qui ont été faits par les éleveurs et ce dans l’objectif de rendre leur exploitation rentable. Ils s’opposent par ailleurs à ce que l’alimentation de leurs élevages puisse être constituée d’aliments génétiquement modifiés.
Depuis, un accord a pu être conclu entre le gouvernement et les éleveurs de porc et ce en mesure de prendre des dispositions améliorant le marché de la viande de porc. C’est le ministre délégué Artur Lawniczak qui s’est entretenu avec cinq des représentants des éleveurs. L’accord a été jugé satisfaisant par les syndicats des éleveurs qui ont aussi appelé à la cessation du mouvement de manifestation. La critique est toutefois venue de la part de l’ancien ministre polonais de l’agriculture et vice premier ministre Andrzej Lepper. Celui-ci soulève le fait que les mouvements de protestation soient la seule forme d’expression possible des agriculteurs pour que ces derniers puissent se faire entendre auprès du gouvernement.
Le ministre de l’agriculture Marek Sawicki a aussi expliqué auprès des médias polonais que les revendications des agriculteurs étaient tout à fait légitimes. D’après le ministre, les productions de viande de porc sont devenues non rentables en Pologne en raison des prix qui sont trop bas. De même, de nombreuses exploitations agricoles en Pologne doivent faire face à des situations de liquidation judiciaire et cette situation est exploitée par les organismes de crédit. Le ministre a aussi évoqué le fait que les interdictions sur les exportations de viande polonaise à destination de la Russie feront l’objet d’allègements, et cela d’autant plus que les entreprises polonaises sont absentes sur le marché russe depuis plus de deux années et ce dès le commencement de l’embargo. De même, la reprise du marché russe risque de prendre quelques mois. Il a aussi mis l’accent sur l’augmentation des prix de la nourriture au niveau des conséquences inflationnistes qui constitue un problème qui ne concerne pas uniquement la Pologne mais bien l’ensemble de l’Union Européenne. Cette forte inflation provient à la fois de problèmes au niveau de l’agriculture mais aussi de l’augmentation des prix dans le secteur énergétique.
Un autre problème menace l’agriculture polonaise, il s’agit du paiement des subventions de l’Union Européenne qui risquent de faire défaut aux agricultures polonais parce que l’Agence pour la Restructuration et la Modernisation de l’Agriculture ne serait plus en mesure de pouvoir les payer. Cette agence, responsable du développement des zones rurales en Pologne, ne serait pas en mesure de verser les subventions européennes aux agriculteurs polonais car celle-ci n’aurait pas été en mesure de pouvoir s’organiser. La presse polonaise aurait rapporté que cette agence aurait perdu les fonds en question. Il s’agit des fonds versés par l’Union Européenne dans le cadre du plan d’aide de 17 milliards d’euros qui doivent être versés entre 2007 et 2013. Marek Sawicki a déclenché un véritable état d’urgence face à cette situation. L’agence explique que ce problème vient du retard dans l’organisation de cette dernière. Le nouveau directeur de cette agence, Dariusz Wojtasik, a expliqué que les structures qui avaient été mises en place par son prédécesseur durant ces deux dernières années, c’est à dire au moment où le gouvernement était dirigé par le parti politique Droit et Justice (PiS), relevaient du désastre.