|
|
|||||||||||

La visite du Premier Ministre polonais, Donald Tusk, a dû se heurter à la réticence de la part des autorités russes à vouloir accepter les plans proposés par la Pologne pour que l’oléoduc qui doit alimenter l’Allemagne en provenance de la Russie puisse passer sur le territoire polonais. Les plans en question permettraient de faire en sorte que la Russie ne soit pas amenée à devoir élaborer un gazoduc maritime devant passer sur le fond de la Mer Baltique mais plutôt sur le sol polonais, ce qui comporte d’une part des intérêts stratégique, et d’autre part des conséquences environnementales. L’un des représentants du président russe Vladimir Putin, Sergei Prikhodko a expliqué au Premier Ministre polonais que ces projets étaient encore plus coûteux pour la Russie que ce qui fut initialement prévu vis à vis des prévisions de l’oléoduc maritime.
Suite à la réaction essuyant le refus de la part des autorités russes ce jeudi dernier, c’est vendredi que Donald Tusk s’est rendu à Moscou pour proposer ce qu’il a surnommé l’oléoduc d’ambre, il s’agît de la version polonaise de l’oléoduc qui devrait traverser l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, puis la Pologne avant de rejoindre l’Allemagne. La Pologne ainsi que les trois pays baltes s’opposent au futur oléoduc qui doit passer sur le fond de la Mer Baltique, ainsi que par ailleurs la Suède et la Finlande qui elles mettent en avant des raisons écologiques. La Pologne et les trois pays baltes craignent que le géant russe pétrolifère Gazprom ne se mette à couper les approvisionnements sans devoir atteindre les pays d’Europe Occidentale et poursuivre ainsi des objectifs politiques propres à la Russie. L’oléoduc germanico – russe devrait faire 1200 kilomètres de long sous la Mer Baltique en partant de Vyborg en Russie pour arriver à Greifswald en Allemagne.
Néanmoins, vendredi dernier, Donald Tusk a dû essuyer le constat d’échec de la proposition polonaise qui a été une nouvelle fois refusée par les autorités russes. Toutefois, la Pologne doit aussi faire face à des problèmes d’enjeux internationaux qui ont refait ressurgir les rivalités entre les deux anciens principaux rivaux de la guerre froide. A ce niveau, Donald Tusk a pu annoncer que la Russie acceptait que la Pologne puisse abriter un bouclier antimissile sur son sol. De même, le refus d’accepter les plans polonais de nouvel oléoduc a été tempéré par le fait que les autorités russes aient annoncé que la construction de l’oléoduc germanico – russe ne produirait pas d’effets négatifs sur les approvisionnements russes en gaz pour la Pologne, et que les plans qui ont été proposés par la Pologne pourraient être intéressants par l’avenir pour la Russie.
L’assurance qui a été donnée par les autorités russes au cours des négociations ne permet toutefois en rien de confirmer que la Russie ne dispose pas du pouvoir de rompre les approvisionnements en direction de la Pologne, et ce tout en continuant à approvisionner les pays d’Europe Occidentale. Le projet d’oléoduc germanico – russe va aussi représenter des coûts de transport assez importants par rapport au projet polonais, mais le Premier Ministre russe, Wiktor Zubkow, a préféré mettre en avant l’idée suivant laquelle ce projet d’oléoduc a une ambition européenne et qu’il se base sur la politique énergétique de l’ensemble du continent. Il s’agit de percevoir ce projet sur le long terme comme le précise le Premier Ministre russe.
Le Premier Ministre polonais s’est par la suite entretenu avec le président russe Vladimir Putin ainsi qu’avec son successeur Dmitry Medwedew. Cet entretien est d’autant plus important que les relations entre la Pologne et la Russie étaient restées tendues depuis quelques longues années. Le changement de gouvernement polonais et la succession au gouvernement de Jaroslaw Kaczynski a permis ce dégel des relations. Vladimir Putin a ainsi annoncé à Donald Tusk que le renouvellement du dialogue et des relations entre les deux pays allaient permettre de faire avancer les choses et de résoudre certains de leurs problèmes. La Russie avait annoncé que l’installation du bouclier antimissile américain sur le sol polonais représentait une menace pour sa propre sécurité. Le président russe a fait part de ses inquiétudes en ce qui concerne ce projet mais a accepté que la Pologne puisse abriter sur son sol l’installation du bouclier antimissile américain, même s’il a aussi émis le voeu de pouvoir disposer d’un droit de regard en ce qui concerne la nature du développement de cette opération sur le sol polonais. Par ailleurs, Donald Tusk a aussi signalé qu ’aussi bien la République Tchèque tout comme les États Unis d’Amérique acceptaient la présence d’officiers russes dans les bases américaines, mais ce n’est pas le cas de la Pologne car le gouvernement polonais est opposé à toute présence des forces armées russes sur son sol.
Les deux représentants de ces deux nations se sont aussi entretenus vis à vis du veto polonais. Le but de la Pologne est évident, comme le précise Donald Tusk, celle-ci ne désire pas pratiquer de blocage, mais elle aimerait disposer de mesures qui puissent assurer la politique énergétique polonaise. Il s’agit de trouver des arrangements dans le but de soulever tout embargo.
Le Premier Ministre polonais a fait part de tous ses ressentiments, expliquant qu’il voyait sous ses yeux s’accomplir l’évolution des relations entre le Pologne et la Russie. Entre temps, l’un des journalistes qui accompagnait le Premier Ministre polonais, Waclaw Radziwinowicz, s’est vu détenu par les forces de l’ordre. Celui-ci avait craint qu’il ne s’agisse de mesures de représailles parce que ce dernier aurait été à la source de reportages en ce qui concerne la Russie, mais un porte-parole gouvernemental russe a expliqué qu’il ne s’agissait que d’un simple incident technique.