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Le ministre des affaires étrangères de la Pologne s’est rendu aux USA.

dimanche 3 février 2008.
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Le ministre polonais des affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, s’est rendu cette semaine aux États Unis d’Amérique afin de débattre de la question de l’installation du bouclier antimissile américain sur le sol polonais. Il se devait de rencontrer à la fois le Secrétaire d’État américain Condoleeza Rice, le vice président américain Dick Cheney, le Conseiller du président américain sur le dossier des affaires de sécurité nationale Stephen Hadley, de même que le sous secrétaire d’État John Rood et des représentants du parti politique des Démocrates, et ceci d’autant plus que ce parti politique a de fortes chances de remporter les prochaines élections présidentielles américaines.

L’objectif de la visite de Radoslaw Sikorski est multiple. Il vient principalement pour ce qui concerne le déploiement du bouclier antimissile sur le sol polonais mais aussi en vue de vérifier si les États Unis d’Amérique veulent s’engager à renforcer la sécurité de la Pologne. Sa venue consiste aussi à préparer celle du Premier Ministre polonais, Donald Tusk, qui devrait se rendre aux États Unis d’Amérique dans le cadre du pacte de l’OTAN et des nouvelles décisions de vouloir ajouter de nouveaux membres au sein de ce pacte tel que l’Ukraine mais aussi la Géorgie. L’entretien avec les représentants et autres conseillers du parti démocrate américain est d’autant plus important que celui-ci conditionne également les prises de position de la Pologne. En effet, il est impossible que les autorités polonaises s’engagent à accepter l’installation du bouclier antimissile et qu’entre temps les États Unis d’Amérique abandonnent la Pologne tout simplement parce que les nouvelles élections présidentielles auraient porté au pouvoir un autre parti politique qui aurait une vision de la politique internationale nettement plus différente de celle du président américain actuel, c’est à dire Georges W. Bush.

Sur la question du bouclier antimissile américain, le gouvernement polonais avait fait savoir que ceci ne serait possible qu’uniquement si les États Unis d’Amérique étaient en mesure de fournir à la Pologne un nouveau système de défense aérien, mais cette proposition ne fait pas l’unanimité parmi les hommes politiques américains craignant qu’il ne s’agisse ici que d’une provocation supplémentaire à l’égard de la Russie. Néanmoins, la vision et les attentes de la part des membres du parti de la Plate-forme Civique en Pologne (PO) sont plutôt optimistes. Comme le précise la vice ministre des affaires étrangères de la Pologne, Witold Waszczyk, : « Nos critères vis à vis de nos accords n’ont pas changé. La proposition américaine est intéressante ». Le Premier Ministre polonais, Donald Tusk, a lui- même expliqué : « Les États Unis d’Amérique sont un partenaire de taille pour la Pologne et je suis certain que les négociations en ce qui concerne le bouclier antimissile vont se solder par un succès. »

Radoslaw Sikorski a donc expliqué que la Pologne était disposée à héberger une base de missile pouvant intercepter d’autres missiles en provenance d’états jugés comme hostiles, ce qui constitue l’un des éléments du système du bouclier antimissile américain. Toutefois, la Pologne est d’accord pour l’installation de ce genre de base, sous l ’égide de l’OTAN, dans le but de renforcer la sécurité de la Pologne, et non pas seulement celle des États Unis d’Amérique. Radoslaw Sikorski : « La Pologne est devenue membre de l’OTAN en 1999, et aucun équipement issu de l’OTAN n’a été installé sur son sol. La seule chose dont dispose la Pologne est un centre de conférence. »

La Russie reste fermement opposée à l’installation de cette base de lancement antimissile et des responsables militaires russes ont annoncé qu’ils n’hésiteraient pas à lancer des missiles sur la Pologne si un projet devait voir le jour. Alors qu’un peu plus tôt lors de ce mois le ministre polonais de la défense nationale, Bogdan Klich, avait expliqué que l’acceptation de ce bouclier dépendait de la volonté des États unis d’Amérique de vouloir assurer la défense de l’espace aérien polonais, lors de sa visite, Radoslaw Sikorski annonce que l’installation d’une base de l’OTAN est requise par la Pologne. Toutefois, Radoslaw Sikorski explique que la base en question ne serait pas de taille conséquente et n’aurait rien à voir avec les bases qu’on peut trouver en Allemagne, en Grande Bretagne, en Italie ou encore en Turquie. Le ministre polonais des affaires étrangères a aussi expliqué que la Pologne subissait un chantage de la part de certains de ses voisins tel que la Russie qui s’oppose à ce que la Pologne puisse abriter ce bouclier antimissile.

Cette même question du bouclier antimissile oppose à la fois la Pologne aux États Unis d’Amérique en ce que le nouveau gouvernement polonais n’est pas aussi coopératif que le précédent gouvernement dirigé par Droit et Justice (PiS) mais aussi à la Russie, qui est opposée à l’installation de ce bouclier, mais qui reste un pays avec lequel le parti de la Plate-forme Civique vient de réaliser une amélioration considérable des relations. La différence de comportement entre les deux gouvernement vis à vis de la coopération avec les États Unis d’Amérique a aussi laissé la place à des tensions en matière de politique interne entre le dirigeant du nouveau gouvernement et Premier Ministre, Donald Tusk, et l’actuel Président de la République de Pologne et frère jumeau de l’ancien Premier Ministre, Lech Kaczynski.

Le président polonais est plus favorable à collaborer avec les États Unis d’Amérique en matière de politique étrangère, et celui-ci menace parfois d’utiliser son droit de veto afin de mettre un frein à la politique du nouveau gouvernement polonais. Néanmoins, cette mésentente a fini par donner lieu un cessez le feu avant la bataille pour les élections présidentielles, comme l’explique Marek Migalski de l’université de Silésie. Alors que le Premier Ministre polonais estime qu’il s’agit maintenant d’améliorer les relations avec la Russie juste après des relations tendues entre la Pologne et la Russie lors du précedent gouvernement de Jaroslaw Kaczynski, celui-ci a anticipé toute nouvelle tension au niveau de la politique interne en invitant le président polonais pour débattre de ces questions. Le président ne pourra donc pas prétendre que le gouvernement cherche à l’écarter de fonctions dont il est aussi titulaire en matière de politique étrangère. Il a donc fait part auprès du président polonais de sa visite aussi bien à Moscou comme à Kiev, le but de Donald Tusk étant d’améliorer les relations avec la Russie et l’Ukraine.

Le séjour du ministre polonais des affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, s’est terminé samedi où il s’est rendu au Canada afin de pouvoir rencontrer le Premier Ministre canadien, Peter MacKey, et le ministre canadien des affaires étrangères, Maxim Bernie.

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