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Monika Schütz-Bettwy est la fondatrice de l’association Enfants de Pologne dont le but est de venir en aide aux enfants malades qui sont dans le besoin en Pologne. C’est avec un plaisir des plus sincères qu’elle a accepté une entrevue avec notre rédaction. C’est par ailleurs Christian, responsable de cette édition, qui a eu l’opportunité de pouvoir lui poser quelques questions.
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Christian : Au long de ces 26 années durant lesquelles vous avez oeuvré, on peut s’imaginer que tout n’a pas forcément été très facile, que vous avez dû rencontrer de nombreux obstacles. Quelles principales difficultés avez vous pu rencontrées ?
Monika Schütz-Bettwy : Oui nous avons eu des obstacles et souvent, nous avons tremblé. Il ne faut pas oublier que la DDR (l’ancienne Allemagne de l’Est) était communiste dur. Chaque voyage était un combat. Je me rappelle une fois avoir passé 23 heures à une douane DDR-Pologne. Les douaniers ont fait venir des hommes de troupe pour enlever le haut du camion, défaire les bâches du côté, faire rentrer des chiens. C’est des moments qui restent très forts en nous et souvent il nous semble être des vétérans.
Un jour un douanier polonais en colère a pris une paire de chausson d’enfants et les a jeté en l’air, un chausson est parti à l’est et l’autre à l’ouest, nous étions médusés. Un autre jour un douanier de la DDR embêtait comme c’est pas possible les conducteurs des voitures polonaises. Je crois que je n’ai jamais été dans une telle colère. Je suis sortie du camion et en allemand je lui est dit : « Que c’est une honte de nous traiter de la sorte ». Le douanier comme un lâche qu’il était est parti tête basse. En me retournant avant d’entrer dans le camion j’ai vu tous les conducteurs des petites voitures polonaises m’applaudir tout doucement, tout discrètement, je les avais vengé de toutes les humiliations des douaniers.
Une autre fois et là c’était très grave. Nous sommes sortis sans le savoir du couloir de transit à Berlin Est. Tout d’un coup étions entourés de dizaines de motars avec téléphone . A ce moment là nous vivions une certaine fin du monde. Aucune explication possible. Il a fallu des heures et des heures. Le chef de la Stasi a donné l’ordre de nous raccompagner jusqu’au Check point Charlie, coté Américain. Nous traversions comme si c’était irréel, Berlin Est, entourés de motards et de sirènes hurlantes. L’Américain qui nous a accueillis nous a dit : "Ils sont fous". Mais nous avons vécu une des peurs de notre vie. La vie peut basculer très très vite....
Christian : Quelles personnes vous ont particulièrement aidé et dont vous estimez qu’à l’ordre du jour on puisse honorablement invoquer l’identité ?
Monika Schütz-Bettwy : Nous avons eu et avons des princesses, des ministres, un président. Je ne vous dirai pas leur nom, je respecte leur discrétion, ce qui n’empêche, que je pense à eux avec une infinie douceur et reconnaissance.
J’en profite pour remercier nos donateurs qui ont un coeur ouvert à la souffrance de l’autre. Il y a quelques temps sur les murs de Varsovie, il y avait des panneaux qui disaient : « Aimez en vitesse, demain il sera trop tard. C’est ce que ’Enfants de Pologne’ vit Nous avons eu des médias qui nous ont suivit : Le Figaro, Le Parisien et d’autres pour Karolina. FR3 a fait une émission journalière (nous avons la cassette à votre disposition). Nous avons toujours eu des contacts très amicales avec les médias. Nous avons emmené des journalistes qui ont vu sur le terrain des orphelins écrire sur notre camion Kocham cię (Nous t’aimons) Tout cela met les choses à leur vraie place.
Des enfants démunis ont besoin de vous, ne les oubliez pas. CCP enfants de Pologne 1O7.5OR Paris 9 Rue du Mal Joffre 7811O Le Vésinet. www.enfantsdepologne.org
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