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La Pologne et les perspectives du bouclier antimissile américain sur son sol.

dimanche 20 janvier 2008.
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Les pourparlers des États Unis d’Amérique avec la Pologne risquent de prendre beaucoup de temps et cela d’autant plus qu’il y a de nombreuses pressions qui s’exercent sur la Pologne. D’une part, la Pologne veut s’assurer que le développement du projet de bouclier antimissile américain servira à la défense de la Pologne et non pas uniquement à celle de États Unis d’Amérique, mais aussi que ce bouclier ne transformera pas la Pologne en une cible potentielle pour les terroristes. D’autre part, elle doit faire face à la Russie avec laquelle elle essaie de construire de bonnes relations diplomatiques puisqu’il s’agit ici à la fois d’enjeux diplomatiques comme économiques, ainsi qu’énergétiques puisque la construction de la politique énergétique commune européenne est liée aux rapports de l’Union Européenne avec la Russie. Pour le secrétaire d’État américain Daniel Fried, il est clair qu’il faut rassurer la Pologne, et répondre aux questions de la Pologne qui sont d’autant plus des exigences de sécurité. Les États Unis d’Amérique ont d’autant plus cette responsabilité qu’ils doivent convaincre aussi la Russie afin d’assurer à la Pologne un bon terrain d’entente avec la Russie. La Pologne ne doit pas faire les frais diplomatiques de la construction de ce projet, et cela d’autant plus qu’il est censé devoir servir les intérêts des États Unis d’Amérique.

Le ministre polonais des affaires étrangères , Radoslaw Sikorski, avait auparavant annoncé qu’il était impossible de conclure à un arrangement avant la fin de l’année 2008 parce que les élections présidentielles aux États Unis d’Amérique ne vont pas avoir lieu avant novembre 2008. D’ici là, l’administration américaine peut changer et la Pologne peut se retrouvée abandonnée dans la construction de ce projet . Les conséquences seraient d’autant plus dramatiques pour ce pays qu’elle en aura peut être fait les frais diplomatiques avec son voisin russe qui est opposé à la construction de ce projet de bouclier antimissile en Pologne ainsi qu’en République Tchèque pour sa propre sécurité personnelle. Comme le fait signaler le secrétaire d’État américain Daniel Fried, les États unis d’Amérique doivent à la fois rassurer la Pologne en lui proposant des mesures avant-gardistes obligeant les États Unis d’Amérique à s’engager, mais ils doivent par ailleurs aussi convaincre que ce bouclier va profiter à la fois à la sécurité de la Pologne ainsi qu’à celle de la Russie vis à vis d’états surnommés « délinquants » comme l’Iran qui met en oeuvre un programme de construction d’arme de destruction massive.

Par ailleurs, les relations entre la Pologne et les États Unis d’Amérique ont fortement diminué d’un point de vue militaire. En effet, le nouveau gouvernement polonais dirigé par Donald Tusk est différent de celui de Jaroslaw Kaczynski. Alors que l’ancien gouvernement, dirigé par Jaroslaw Kaczynski, était très proche de la politique militaire américaine ainsi qu’à l’installation du bouclier antimissile américain et ce sans avoir consulté auparavant les polonais qui ne sont pas forcément d’accord sur la question, celui-ci continuait la coopération militaire en Irak ainsi qu’en Afghanistan pour aider les troupes américaines. Désormais, avec le nouveau gouvernement polonais de Donald Tusk, les discussions sur l’installation du bouclier antimissile américain ont remis en cause la coopération de la Pologne avec les États Unis d’Amérique, la Pologne s’affirme comme plus indépendante, elle n’a pas peur ni de la Russie ni des États Unis d’Amérique, mais elle sait défendre ses propres intérêts. De même, suite aux tensions qui sont apparues au Pakistan, la Pologne n’a pas hésité à renforcer son contingent armé en Afghanistan, mais elle n’a pas hésité non plus à demander aux États Unis d’Amérique de faire en sorte qu’elle puisse concentrer l’essentiel de ses forces dans une seule région qu’elle contrôlerait, et ce afin de rendre plus efficace son action. Elle va faire en sorte de retirer toutes ses forces armées du territoire irakien, et cela tant bien même qu’il existe des oppositions entre le Premier Ministre polonais Donald Tusk et le Président de la République de Pologne, Lech Kaczynski. La Pologne va aussi intervenir au Tchad, mais elle le fait dans le but de mener une opération humanitaire, et elle s’engage auprès des Nations Unies et aux côtés des troupes européennes.

Le porte parole de la défense des États Unis d’Amérique Geoff Morrell, a annoncé que les déclarations du gouvernement polonais n’étaient d’aucune aide et que sans l’aide des États Unis d’Amérique, la Pologne n’aurait pas été en mesure de rejoindre le traité de l’OTAN en 1999.

Face à l’argumentation faite de la part du gouvernement de la Pologne, et dans le but d’inciter les polonais à plus de coopération, le général américain Henry Obering a annoncé que l’Iran était en train d’accélérer la construction de missiles nucléaires. Ces missiles devraient être en mesure d’attaquer des pays comme Israël. Le but des États Unis d’Amérique est de construire sur le territoire tchèque un radar et sur le territoire polonais une dizaine de bases de lancement de missiles qui interceptent les missiles nucléaires pour les empêcher d’atteindre leurs cibles. Si pour l’instant la portée des missiles nucléaires iranien peut atteindre Israël, elle le sera dans peu de temps en ce qui concerne les pays européens, dont la Pologne et la République Tchèque. Il reste cependant aux États Unis d’Amérique de devoir convaincre que l’installation de ce bouclier antimissile ne représentera pas d’insécurité pour la Russie.

Le gouvernement polonais reste disposé pour négocier avec la Russie vis à vis de l’installation de ce bouclier antimissile américain sur son propre sol, comme vient de le faire savoir le ministre polonais de la défense nationale, Bogdan Klich. Par ailleurs, certains officiers russes n’ont pas hésité à annoncer qu’ils n’hésiteraient pas à utiliser l’arme nucléaire pour faire face à l’installation d’un bouclier américain. Bogdan Klich a expliqué qu’en aucun cas la menace de la Russie ne risquait d’impressionner la Pologne. La Pologne cherche juste un terrain d’entente. Le ministre polonais a juste expliqué que si la Pologne devait être confrontée à la menace russe, alors il faudrait que la Pologne dispose de plus d’aide en provenance des États unis d’Amérique pour accroître son système de défense. Le général des forces armées russes s’est aussi mis à lancer des menaces d’attaques nucléaires face à ce bouclier américain, attaques qui relèvent d’autant plus de l’enfantillage puisque la Pologne appartient à l’Union Européenne, où se trouve la troisième puissance nucléaire mondiale, tout en sachant que s’attaquer à l’Union Européenne, c’est aussi s’attaquer aux États Unis d’Amérique. Jusqu’à présent, les forces armées utilisaient la persuasion par l’arme nucléaire, mais cette persuasion russe est devenue d’autant moins crédible que l’adversaire, européen ou américain, est de taille trop considérable pour les forces russes.

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