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Les élections législatives en Pologne du 21 octobre dernier avaient permis au parti libéral de la Plate-forme Civique (PO) , dirigé par Donald Tusk, d’entrer au gouvernement et de changer la direction politique de ce pays. Le parti Droit et Justice (PiS) présidé par Jaroslaw Kaczynski, dirigeait l’ancien gouvernement constitué de la précédente coalition gouvernementale unissant les forces de l’extrême droite polonaise, c’est à dire le parti de la Ligue des Familles Polonaises, avec Roman Giertych, à celles du populisme du parti de l’Autodéfense de la République de Pologne, « Samoobrona » en polonais, et dirigé par Andrzej Lepper. On est passé d’une politique conservatrice, pliée à l’exigence des États Unis d’Amérique, profondément anti russe, violemment anti germanique, accentuant le rattachement des fonctions étatiques au corps de l’Église catholique polonaise, à une nouvelle tendance, plus libérale mais aussi sociale, dont les objectifs et les priorités ont fait braqué le navire gouvernemental d’un angle de 180 degrés. Il s’agit d’une part de trouver du travail pour les jeunes polonais et pour les polonais qui sont allés émigrer à l’étranger, et ainsi freiner l’exode des jeunes populations dégoûtées de l’ancienne politique nombriliste des Kaczynski, et d’autre part de retirer les troupes polonaises du conflit irakien qui ne manquait pas de faire désigner la Pologne comme l’une des prochaines nations victimes des terroristes islamiques... En résumé, s’occuper de produire des richesses, de les répartir équitablement, et non pas de se focaliser sur de fausses traditions qui reposent sur un passé qui n’a jamais existé ou dans la têtes de quelques esprits illuminés qui n’ont pas compris que l’ensemble des polonais ne vivait pas dans les mêmes conditions aussi confortables que celles dont ils peuvent bénéficier à l’heure actuelle. Le parti de la PO a reçu une double victoire lors des élections législatives, parce que le fort pourcentage de voix obtenues lui a permis de s’allier avec le petit Parti des Paysans Polonais (PSL), ce qui a mis un terme à toutes les rumeurs de coalition de la Plate-forme Civique soit avec les conservateurs de Droit et Justice, dont Jaroslaw Kaczynski ne se désintéressait pas, soit avec les communistes de la Coalition Démocratique de Gauche (LiD). En remportant les élections législatives du 21 octobre dernier, le parti de la Plate-forme Civique a pu s’allier avec les paysans polonais, très coopératifs, et éviter de devoir s’allier avec deux boulets, qu’il s’agisse du PiS ou du LiD.
Le parti Droit et Justice est donc passé du côté obscur, celui de l’opposition politique. Son dirigeant, Jaroslaw Kaczynski, n’a pas encore osé former de gouvernement fantôme, mais nombreuses sont les âmes conservatrices qui ont récemment pris la poudre d’escampette. Les rebelles, comme certains membres de ce parti les ont surnommé, constituaient pourtant des personnalités importantes de cette formation politique. Caché du feu des projecteurs, ce parti n’attend que les premiers faux pas du nouveau gouvernement pour déclencher sa vengeance sur les défenseurs de l’Ordre Civique. Cela a déjà été fait. Le consortium du nouveau gouvernement visant à promouvoir de bonnes relations avec la Russie tout en négociation une nouvelle donne avec la politique étrangère liant la Pologne aux États Unis d’Amérique a été qualifié par le président polonais de dangereuse. L’ancien Premier Ministre polonais a qualifié la ministre polonaise de la santé publique d’incompétente et le gouvernement de la PO comme irresponsable face au problème de la sécurité sociale. La femme du président polonais, c’est à dire la Première Dame de Pologne, Madame Kaczynska, récupère les problèmes sociaux issus du mouvement de grève de la mine de Budryk en accueillant les femmes des grévistes, alors même que Waldemar Pawlak était pris par certaines obligations, et que rien n’empêchait le vice Premier Ministre de recevoir les dites épouses si et seulement si ce rendez vous avait été prévu. On appelle cela un agenda, un emploi du temps, en le respectant, on s’offre la possibilité d’entretenir des négociations, ou réclamations, de meilleur qualité. En faisant de la récupération en utilisant son épouse comme intermédiaire, qui certes n’a pas un agenda aussi complet que Waldemar Pawlak si ce n’est celui d’organiser des bals pour gens fortunés, le PiS ne donne pas de lui une image valorisante.
Une fois que les représentants de Droit et Justice se sont permis de placer la Plate-forme Civique dans leur ligne de mire, sans grand succès de crédibilité, la pommade nouvelle est arrivée, il s’agît d’une alliance politique. Comme l’explique si Bien Nicolas Machiavel dans ses principes politiques, si on ne peut pas avoir quelque chose avec la fronde, alors le lion doit savoir se transformer en rat et jouer au plus malin. Les membres de Droit et Justice ont donc lancé une nouvelle tendance à la mode « L’Alliance de Varsovie », pour unir la Plate-forme Civique avec Droit et Justice. La Plate-forme Civique doit déjà organiser son ménage avec le Parti des Paysans Polonais, ce qui implique des concessions, doit elle pour autant s’allier au parti de Droit et Justice ? On peut se souvenir de la précédente note des frais de divorce qu’avait eu le PiS lors de ses récentes liaisons dangereuses avec l’extrême droite de Giertych et le populiste Lepper. Cette scission devait se couvrir de honte et de scandales pour la scène politique polonaise, autant dire que la note était plutôt salée. Un ménage à trois qui n’a pas servi la Pologne, bien au contraire, ce pays a souvent souffert de toutes sortes de polygamies politiciennes. Et attention aux jaloux, parce que ni Aneta ni Mandaryna n’étaient si loin...
L’Alliance de Varsovie proposée par les membres de Droit et Justice se veut sociale. La congrégation des Pi-Sith est donc bien présente, il s’agit de proposer des mesures sociales pour la Pologne, de faire le travail de l’Ordre des défenseurs de la PO à la place des dirigeants eux mêmes, comme s’ils n’avaient jamais existé, de jouer au calife à la place de calife. Les cibles préférées sont celles qui feront le plus mal, d’abord les transports, puis l’urbanisme au sein de la capitale de la Pologne, ou encore la recherche des finances pour préparer l’Euro 2012....c’est à dire des secteurs en crise que l’ancien gouvernement des maîtres Pi-Sith avaient lui même abandonnés[1] .Le chef des troupes Pi-Sith, Mariusz Blaszak, a expliqué que la ville de Varsovie manquait d’alliance politique. Effectivement, le gouvernement polonais est dirigé par la Plate-forme Civique, et la présidente de cette ville est Hanna Gronkiewicz-Waltz qui est elle même de la Plate-forme Civique. Celle ci a du essuyer la rafale qui lui avait été envoyée au lendemain des élections municipales qui l’avaient opposée à Kazimierz Marcinkiewicz, ancien Premier Ministre et président de Varsovie[2]. Si Jaroslaw Kaczynski, plus impopulaire que Kazimierz Marcinkiewicz, n’avait pas fait l’échange de son poste avec ce dernier à la tête du gouvernement, il est fort probable que la victoire de Gronkiewicz aurait pu envoyé au tapis Jaroslaw Kaczynski. Ce dernier aurait pu par ailleurs en éprouver une certaine satisfaction, car il serait tombé de moins haut, et la Pologne se serait mieux portée.
L’une des plus importantes représentante de la Plate-forme Civique à Varsovie, Malgorzata Kidawa Blonska, s’est félicité que les membres du PiS cessent leurs assauts et autres mouvements d’agressivité, mais cela ne signifie en aucun cas que le parti de la Plate-forme Civique ne rejoindra le côté obscur de la politique.
[1] voir :
La nouvelle ministre des sports change le comité de l’ Euro 2012.
[2] voir :
La présidente de la capitale polonaise conserve son poste.
La Bataille pour la mairie de Varsovie continue.
Déboires de la vie politique au sein de la mairie de Varsovie.
Suite juridique et politique de l’affaire de la mairie de Varsovie.
Gronkiewicz-Waltz straciła mandat
Gronkiewicz-Waltz człowiekiem roku.
Résultats des élections municipales dans les grandes villes de Pologne.