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L’ancien ministre de la justice de la Pologne, Zbigniew Ziobro, travaillant sous le gouvernement du parti Droit et Justice (PiS), dirigé par l’ancien Premier Ministre Jaroslaw Kaczynski, vient d’avouer qu’il n’aurait pas remis auprès des procureurs polonais chargés de l’enquête dans l’affaire qui l’opposait à Andrzej Lepper, ancien ministre de l’agriculture, l’originale de la cassette qui aurait enregistré son entretien, mais une copie.
L’ampleur de cette annonce est d’autant plus importante que cet aveu semble répondre à une question que de nombreuses personnes se sont posée il y a de cela quelques mois. En effet, l’origine même de la fin de l’ancienne coalition gouvernementale provenait d’une série de scandales dont le premier avait pris naissance dans le scandale du versement de pots de vin qui aurait impliqué Andrzej Lepper. Andrzej Lepper, dirigeant du parti de l’Autodéfense de la République de Pologne, ancien vice Premier Ministre, représentait un obstacle gênant pour les perspectives politiques des dirigeants du parti Droit et Justice avec lequel ils avaient formé une coalition. Il s’agissait à l’heure actuelle de se débarrasser de Andrzej Lepper pour en récupérer la formation politique et ne pas déstabiliser l’ancienne coalition gouvernementale. On sait aussi que les services du Bureau Central Anti Corruption avaient essayé de tendre à un piège à Andrzej Lepper, mais ils n’y sont pas arrivés et qui plus est ce sont les représentants de l’Institut des Hautes Études Économiques et Commerciales de Varsovie qui ont expliqué que ce genre d’action de la part du Bureau Central Anti Corruption sont illégales ( cf : Le professeur Marek Chmaj, de l’Institut des Hautes Études du Commerce et du Droit de Varsovie ... )
La cassette sur laquelle Zbigniew Ziobro vient d’avouer la vérité devait représenter l’arme fatale de l’ancien ministre de la justice contre Andrzej Lepper ( cf : L’arme fatale de Zbigniew Ziobro à l’égard de Andrzej Lepper. ) suite à ses problèmes avec ce dernier ( cf : Combat Andrzej Lepper contre Zbigniew Ziobro. )
Il a donc avoué qu’il n’avait pas donné l’originale aux procureurs chargés de l’enquête mais une copie numérique. Cette cassette devait constituer une preuve comme quoi ce ne fut pas le ministre de la justice lui même qui aurait dit à Andrzej Lepper que le Bureau Central Anti Corruption était en train d’enquêter sur lui, ce qui remet en cause toutes les accusations qui pesaient sur Andrzej Lepper et des éventuelles taupes que le gouvernement de Kaczynski aurait faussement accusées. Le procureur Kazimierz Olejnik estime qu’il s’agit ici de la part de Zbigniew Ziobro d’un grand manque de professionnalisme puisque tout procureur doit travailler sur des pièces originales et non pas des copies.
Une copie numérique est aussi susceptible de pouvoir être modifiée sans laisser apparaître de trace, ce que Zbigniew Ziobro dément. Néanmoins, lors de cette ancienne épreuve de coups dus sur la scène politique, cet aveu aurait pu passé pour un manque de crédibilité de la part de l’ancien ministre de la justice à une époque où était mis en jeu la bonne foi de chacun des opposants. Zbigniew Ziobro a continué de se justifier en disant que la copie original était dans un disque dur qui a grillé et qu’il avait uniquement conservé qu’une copie.