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La crise du secteur de la santé publique et de tous les problèmes jusqu’alors rencontrés dans les hôpitaux va t’elle se transformer en une opposition avec d’une part le parti de la Plate-forme Civique (PO) qui est au gouvernement, dont notamment la ministre polonaise de la santé publique, Ewa Kopacz, et le Premier Ministre, Donald Tusk, et d’autre part le parti Droit et Justice (PiS) avec le Président de la République de Pologne, Lech Kaczynski, ainsi que son frère jumeau, Jaroslaw Kaczynski, ancien Premier Ministre et dirigeant du parti du PiS ? Cet engrenage vient portant de se produire cette semaine. Les médecins étaient déjà en grève à l’époque du gouvernement de Jaroslaw Kaczynski et celui-ci n’avait pas réussi à régler ce conflit social puisqu’à l’époque, en juillet dernier, toutes les affaires avaient été noyées dans les scandales de la vie politique qui annonçaient déjà la fin de l’ancienne coalition et l’espoir d’un renouveau politique. Les médecins polonais ont donc, au cours de cette même semaine, avancé ce problème auprès du président polonais tout en se plaignant des l’indisponibilité du Premier Ministre, de telle manière que les médecins se servent à la fois du PiS et de la PO comme de pion que l’on pose sur un échiquier politique. Par ailleurs, l’ancien Premier Ministre, Jaroslaw Kaczynski, dont le parti politique n’arrête pas de se vider, et qui avait promis de ne jamais critiquer le nouveau gouvernement polonais pour les six premiers mois de son existence, n’a pas hésité à qualifier la ministre polonaise de la santé publique d’incompétente.
Le syndicat des médecins, OZZL, représenté par son vice-président Tomasz Underman, vient de demander au Président de la République d’intervenir pour régler ce problème d’augmentation salariale qui pourrait paralyser le système de la santé publique en Pologne, appel qualifié par le vice-président d’autant plus important qu’il s’est plaint auprès du président polonais qu’il était devenu impossible pour ce syndicat d’obtenir un entretien avec le Premier Ministre depuis deux mois, sachant que cette durée représente à peine celle à laquelle le Premier Ministre vient de prendre ses fonctions, à la mi-novembre 2007. Leur vice-président a aussi expliqué qu’il jugeait la ministre de la santé publique, Ewa Kopacz, comme incapable de pouvoir proposer de solution concrète qui puisse résoudre ce problème d’augmentation salariale, alors que c’est le syndicat lui-même qui avait proposé un plan de financement à la fois public et privé, et ce bien antérieurement à l’élection du nouveau gouvernement. Il s’agissait à l’époque de faire financer des honoraires privés en disposant du matériel des hôpitaux publics.
Pour le Premier Ministre, la résolution de ce conflit ne pourra passer que par une privatisation du secteur hospitalier. Il a par ailleurs annoncé un certain nombre de réformes qui vont s’appliquer à ce secteur. Il s’agit, comme il l’avait antérieurement précisé, que l’État finance uniquement les services privés et que la sécurité sociale polonaise ne soit pas détournée pour financer les services privés et autres consultations du même ordre par certains médecins. C’est ainsi qu’il conçoit la défense du système de sécurité sociale, en gérant au mieux les dépenses et en appliquant une plus grande politique de rigueur budgétaire. Il ne s’agît en aucun cas d’un désengagement financier de l’État, les hôpitaux seront plus à la charge des autorités locales et seront gérés d’une manière plus commerciale. « Les médecins ne seront jamais satisfaits de leur salaire, et les patients ne seront jamais satisfaits de pouvoir disposer d’une qualité parfaite de soins dans des hôpitaux publics » cf : La crise du secteur de la santé publique en Pologne. Par ailleurs, Ewa Kopacz a annoncé une augmentation des recettes pour financer les besoins du secteur de la santé publique à court terme.
Alors qu’on pouvait estimer que Jaroslaw Kaczynski tienne sa parole lors de l’arrivée du nouveau gouvernement dirigé par la Coalition de la Plate-forme Civique (PO) et du Parti des Paysans Polonais (PSL), celui-ci ayant affirmé qu’il ne porterait aucune critique vis à vis des premiers mois d’existence de ce gouvernement, il ne s’est pas privé d’annoncer que Ewa Kopacz n’était pas compétente pour occuper le poste de ministre de la santé publique. Il s’agît d’une critique d’autant pus acerbe qu’on aurait pu lui retourner celle de l’ incompétence de l’ancienne ministre des affaires étrangères, appartenant à la même formation politique de Jaroslaw Kaczynski, et dont la compétence avait su se résumer en une aggravation des relations de la Pologne avec ses voisins russe et allemand, que Radoslaw Sikorski, nouveau ministre aux affaires étrangères, essaie de réparer.
Histoire d’aller plus loin que la simple critique, il a été jusqu’à proposer de voter une motion de non confiance contre l’actuelle ministre de la santé publique auprès du Parlement, ce qui reste fort illusoire, puisqu’il ne dispose pas de la majorité parlementaire, et que son propre parti politique est en train de se vider. Il pense que les projets de réforme de la ministre de la santé publique n’apportent pas de solution concrète,et que ceci va augmenter les dépenses de la sécurité sociale polonaise. Il estime que le mouvement de privatisation du système de santé est une idée qui appartient seulement au parti de la Plate-forme Civique. Il est aussi vrai qu’il y a une forte différence entre l’inactivité affirmée du Premier Ministre et l’élaboration de plans de solution comme vient de le faire les membres du gouvernement. La critique était fort facile de la part de l’ancien Premier Ministre, mais on ne peut pas oublier qu’il n’a pas montré le meilleur des exemples. Ainsi, lors des mêmes revendications, il a fait comprendre qu’aucune augmentation ne serait possible car les caisses de l’État, sous Kaczynski, étaient vides cf : Grève continue du personnel infirmier., et il ne s’est pas privé de qualifier les manifestants ou manifestantes d’hors la loi, ce que les membres de la PO ne se sont pas permis cf : Le premier ministre a rencontré les infirmières qui faisaient une grève de la faim.
Pour Jaroslaw Kaczynski, son parti politique aurait des propositions pour sauver le système de la santé publique, secteur en crise au cours des deux dernières années durant lesquelles il a gouverné et n’aurait pas su appliquer les dites solutions ? Il a expliqué après des médias polonais qu’il serait faisable de résoudre le secteur de la santé publique en élevant les charges patronales et les impôts sur le revenu, puisque les polonais n’en paient pas assez, ou bien encore d’augmenter les cotisations sociales. Il s’agît ainsi des réformes que désire apporter Jaroslaw Kaczynski, pourtant, il y a encore quelques mois de cela, quand ce dernier occupait le poste de Premier Ministre, il s’était opposé à l’augmentation des salaires dans le secteur public cf : Le premier ministre s’oppose à l’augmentation des salaires dans le secteur de la santé publique., ou encore, il a préféré laisser les polonais prendre les décisions par eux mêmes avec un référendum cf Le premier ministre souhaite instaurer un référendum en vue d’une taxe solidarité médicale. , ce qui consistait, pour l’ancien Premier Ministre, une manière de fuir ses propres responsabilités.