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La Pologne n’est pas forcément très pressée d’adopter l’installation du projet de bouclier antimissile américain sur son sol, et ceci pour de nombreuses raisons. Ce projet doit faire en sorte de protéger les territoires européen et américain depuis tout lancement d’ogives nucléaires en provenance de certains États suspects, tel que l’Iran ou encore la Corée du Nord. Il y a très certainement le président de la République de Pologne, Lech Kaczynski, qui soit intéressé, mais le nouveau gouvernement dirigé par Donald Tusk éprouve quelques difficultés à se sentir pleinement engagé par l’installation de ce bouclier.
Tout d’abord, l’une des premières raisons qui expliquerait les réticences polonaises concernerait prioritairement les États Unis d’Amérique dont la campagne pour les prochaines élections présidentielles a déjà commencé. Les différents candidats à la Maison Blanche n’ont pas encore invoqué leurs projets en ce qui concerne l’installation du bouclier antimissile sur le sol européen, principalement en Pologne et en République Tchèque. Toutefois, on peut s’attendre à ce que d’ici quelques mois ce même projet fasse l’objet de débats entre les différents prétendants. Il devient donc par ce fait compréhensible que le gouvernement polonais ne désire pas que la Pologne commence à engager des frais pour la construction des bases de défense stratégique alors qu’elle encoure le risque d’ici quelques mois que ce projet soit lui-même laissé à l’abandon par le gouvernement américain. Comme vient de le préciser le ministre polonais des affaires étrangères, Radoslaw Sikorski : « Le scénario le plus terrible pour la Pologne serait celui où la Pologne aurait donné son accord pour la construction d’un tel projet, qu’elle en supporte les coûts et que cette base ne soit en définitive pas construite parce que le gouvernement américain aurait changé sa stratégie militaire. »
D’autre part, la Russie est opposée à l’installation de la base d’interception des ogives nucléaires sur le sol polonais ainsi qu’à celle de l’installation du radar sur le sol tchèque. Les relations entre la Pologne et la Russie ont été extrêmement délicates, si ce n’est déplorables, sous le gouvernement des frères jumeaux Kaczynski, elles se sont améliorées depuis l’arrivée du nouveau gouvernement de la Plate-forme Civique (PO) dont le parti est dirigé par Donald Tusk. Les autorités de Varsovie cherchent désormais à conserver de bonnes relations avec son voisin russe. Par ailleurs, ce projet de développement du bouclier antimissile américain n’est pas populaire auprès de la population polonaise, ce qui ne risque pas de motiver l’installation de ces bases d’ici les prochains mois.
Pour Donald Tusk, il a annoncé qu’il ne se prononcerait favorablement à la construction des dix bases d’interception d’ogives nucléaires, qui constituent l’une des parties de ce bouclier antimissile présent sur le sol polonais, qu’à l’unique condition qu’il dispose des garanties prouvant que ces dernières seront utilisées dans le but de protéger la sécurité nationale de la Pologne. Il ne faut pas, en effet, que l’installation de ces intercepteurs suscitent des intérêts stratégiques à devoir abattre sur le sol polonais. Lors de sa rencontre à Prague avec son homologue, le Premier Ministre tchèque Mirek Topolanek, d’ici jeudi prochain, il sera question de l’installation du bouclier antimissile américain sur ces deux pays, outre les autres thèmes qui préoccupent ces deux pays comme la politique énergétique commune, les affaires avec l’Union Européenne, ainsi que les relations avec l’Ukraine et la Russie. Ce projet en commun de bouclier américain ferra aussi l’objet de pourparlers avec le président américain, Georges W. Bush, qui doit rencontrer le Premier Ministre tchèque le 27 février prochain, et rencontrer le Premier Ministre polonais en avril 2008. Les négociations des États Unis d’Amérique avec la Pologne et la République tchèque durent depuis déjà plus d’une année, mais aucune mesure n’a encore été prise. Donald Tusk veut s’assurer que ce projet ne va pas à l’encontre de la sécurité du territoire national polonais, tandis que son homologue tchèque est plutôt favorable à la construction de ce projet, même si au sein de son propre pays, le peuple tchèque n’y est pas favorable et qu’il rencontre les oppositions des autres partis politiques tchèques tel que le parti social démocrate tchèque (CSSD) ou encore le parti communiste tchèque (KSCM).