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La crise du secteur de la santé publique en Pologne.

mercredi 2 janvier 2008.
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A l’origine, ce problème vient d’une directive européenne qui aura pour but de limiter le nombre d’heure de travail des médecins, toutefois, dans le cadre de la Pologne, cette mesure n’est pas sans effet négatif. Les services du secteur de la santé publique sont en grande défectuosité, les demandes et les besoins sont sans cesse grandissants, les limitations européennes risquent d’accélérer les pénuries en main d’oeuvre des hôpitaux publics polonais.

Le problème vient de connaître une amplitude encore plus importante depuis le vote de la nouvelle loi, d’application de la directive européenne, datant de mardi dernier, et qui limite le nombre d’heure de travail par semaine à 48 pour les médecins. Cette loi devant entrer en application pour le mois de janvier 2008, on peut craindre que les hôpitaux publics polonais ne puissent satisfaire à tous leurs services.

Pour la ministre polonaise de la santé publique, Ewa Kopacz, la plupart des hôpitaux auraient réussi à se mettre d’accord avec l’ensemble des médecins sur la nouvelle durée légale de travail. Toutefois, le principal problème vient essentiellement du manque de recettes publiques alors que les médecins demandent des honoraires plus élevés quand ils effectuent des prestations en heures supplémentaires, ce que les hôpitaux publics polonais ne peuvent pas se permettre de financer. En effet, la loi en question permet une exception : les médecins peuvent dépasser les 48 heures, mais dans ce cas précis, les heures supplémentaires représenteraient des frais beaucoup plus élevés.

Faut il être amené à penser que le système de santé va se transformer progressivement en un système à deux vitesses ? Il y a déjà de nombreux éléments qui permettent de le penser, mais aussi des signes avant coureurs qui montrent que ces différences de traitement suivant les couches sociales de la population polonaise se produisent à l’heure actuelle. Le nouveau Premier Ministre polonais, Donald Tusk, dirigeant du parti politique libéral de la Plate-forme Civique (PO), pourra t’il tenir l’ensemble des promesses faites lors des récentes élections législatives ? Il n’est pas opposé à une dualité de traitement entre les services médicaux publics et les cliniques privées, et même si l’actuel dirigeant du parti Droit et Justice (PiS), Jaroslaw Kaczynski, se réserve de ne pas le critiquer pendant les premiers débuts de ce nouveau gouvernement, l’attaque provient de la gauche polonaise, Jerzy Szmajdzinski, appartenant à la Coalition de la Gauche Démocratique (LiD), qui reproche au nouveau gouvernement son inaction en matière sociale. De même, si aucun compromis n’est fixé pour favoriser le travail des médecins polonais, ceci n’aidera pas à ralentir le mouvement migratoire vers d’autres pays de cette catégorie professionnelle.

Pour Jerzy Szmajdzinski, le nouveau gouvernement n’est pas assez réactif vis à vis de cette crise, et l’exception reconnue au delà des 48 heures n’est pas la solution qui permettra de faire face à la crise du secteur de la sécurité sociale polonaise. On peut aussi craindre à long terme que les médecins refusent de travailler plus de 48 heures, et cela d’autant plus que les salariés peuvent privilégier leur vie sociale et familiale par rapport à leur carrière professionnelle. Alors que le gouvernement devrait prendre plus d’initiative, le problème retombe dans les mains des principaux responsables des hôpitaux. Les recettes pour la sécurité sociale pour cette année sont même moins importantes que celles de l’année précédente selon ce député. Il estime que le gouvernement aurait pu utiliser les taxes issues du milieu professionnel.

Pour Donald Tusk, la solution consiste à libéraliser le secteur de la santé publique. En effet, il a lui même annoncé que les médecins ne pourront jamais trouver de satisfaction financière parfaite et que les patients ne pourront pas disposer d’une qualité inestimable de service. Il s’explique en énonçant que le taux de privatisation des hôpitaux publics en cliniques privées est très élevé, et que le système actuel de monopole de la sécurité sociale permettant aux citoyens de choisir entre police d’assurance privée ou publique sera supprimé puisque la majeur partie des aides en provenance de la sécurité sociale servent à financer des institutions privées. L’intérêt de porter cette nouvelle libéralisation est de faire en sorte que la sécurité sociale polonaise ne finance pas des activités strictement privées mais uniquement les services qui dépendent de l’État, le rôle du Premier Ministre étant de sauvegarder la sécurité sociale et non pas de la faire dépendre de certains groupes d’intérêts particuliers.

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