Le Magazine International Polonais
Politique Economie
Entreprises Culture
Finances Emploi
International Europe

Le mouvement flamand : les tendances politiques.

jeudi 20 décembre 2007.
 

Pour mieux comprendre la politique flamande , il est parfois nécessaire de comprendre les différentes tendances politiques qui parcourent le mouvement flamand.

Les indépendantistes concernent généralement la tendance la plus combative du mouvement flamand, celle-ci a pour objectif de revendiquer la création d’une République Flamande Indépendante avec pour capitale Bruxelles (Brussels). Les partis du mouvement flamand qui soutiennent ces thèses concernent généralement le Vlaams Belang et les conservateurs du N-VA . Lors des élections régionales de 2004, le Vlaams Belang était devenu le deuxième parti politique le plus important dans les Flandres, avec 24,15% des suffrages exprimés.

Une partie plus infime des militants revendiquent par ailleurs la réunification des Flandres avec les Pays Bas pour former de Grands Pays Bas (Groot-Nederland). Il ne faut pas confondre cette idée de Grands Pays Bas (Groot-Nederland) avec celle du Heel-Nederland qui concerne une autre idéologie ou encore avec l’orangisme. Le Heel-Nederland est une idéologie qui consiste à créer un grand État comprenant à la fois la Belgique et les Pays Bas, et dans certains cas, les revendications concernent aussi le nord de la France avec le Westhoek, les régions néerlandophones d’Allemagne, le Luxembourg, ainsi que l’Afrique du Sud. Cette idée de Groot-Nederland était partagée par les membres les plus revendicatifs au sein des partis de la droite politique flamande, mais il y a eu de plus en plus d’hommes politiques de tendances modérées qui ont apprécié cette idée, et des politiciens flamands de la gauche politique ont aussi adopté cette thèse, comme par exemple Jan Terlouw.

Les confédéralistes regroupent principalement les représentants d’importants partis politiques flamands appartenant aux tendances les plus modérées, tel que le parti des Chrétiens Démocrates et Flamands, Christen-Democratisch en Vlaams (CD&V), qui est devenu le principale parti flamand le plus important depuis 2003, le parti des Libéraux et Démocrates Flamands, Vlaamse Liberalen en Democraten (VLD), qui a été un grand parti politique mais qui se retrouve en troisième position après 2003, et le parti socialiste flamand SPA qui arrive en quatrième position. Le confédéralisme consiste à faire en sorte que le gouvernement flamand soit responsable de pratiquement tous les aspects et compétences qui peuvent se dégager d’un vrai gouvernement national, tandis que le gouvernement fédéral conserverait les fonctions les plus importantes. La capitale à la fois des Flandres et de la Belgique, c’est à dire Bruxelles (Brussels), doit rester une ville où citoyens néerlandophones et francophones conservent les mêmes droits. Néanmoins, la population francophone à Bruxelles représente 80% de la population totale, et certains politiciens indépendantistes protestent contre la représentation de la population francophone pour diverses raisons.

Dans le cadre de la ville de Bruxelles, il s’agît d’une ville néerlandophone enclavée dans une région néerlandophone. Il y a de cela plus de trente années, la population francophone était minoritaire. Suite à des accords législatifs, la population française pouvait continuer de résider à Bruxelles à la condition qu’elle s’adaptait à la culture flamande et qu’elle parle couramment le flamand. Néanmoins, depuis ces trente dernières années, la communauté francophone n’a jamais fait un pas en avant en vue de s’intégrer à une ville flamande. De même, le contraste économique entre la prospérité des régions flamandes et le déclin économique wallon a poussé de nombreuses populations francophones à venir s’installer à Bruxelles. Le facteur s’est encore plus amplifié lorsque de nombreuses populations immigrées en la ville de Bruxelles n’ont pas été renseignées du fait qu’elles se trouvaient dans une communauté à facilité, où avait été mis en oeuvre un programme d’intégration des populations francophones dans la ville de Bruxelles, et qui définissait l’obligation de parler couramment le néerlandais. La crise a produit de telles conséquences qu’il est presque devenu impossible pour les populations flamandes de cette ville, devenues minoritaires, de pouvoir accéder aux services publics, car le personnel qui le compose n’est pas disposé à parler néerlandais, dans une ville initialement et culturellement néerlandophone. Le facteur est d’autant plus renforcé que de nombreux néerlandophones considèrent la langue néerlandaise comme une langue de seconde zone, lui préférant l’anglais, Bruxelles devenant ainsi plus la ville du profit économique et de l’oubli de l’intégration. Les accords et lois n’ayant pas été respectés vis à vis de l’intégration des populations francophones à Bruxelles, ceci constitue la raison pour laquelle les politiciens flamands, même modérés, sont opposés à la représentation des populations francophones.

Les fédéralistes sont très nombreux auprès du parti socialiste flamand, un peu moins nombreux au sein des Chrétiens Démocrates et Flamand (CD&V) ainsi qu’au sein des Libéraux et Démocrates Flamands (VLD). Ce point de vue est aussi partagé par de nombreuses organisations, tel que la Fondation Vermeylenfonds en l’hommage à Vermeylen August qui s’est penché sur la question des langues en Belgique, mais aussi avec les syndicats de salariés et les organisations de protection de la sécurité sociale. Le but de ce mouvement est d’améliorer les institutions belges pour qu’elles fonctionnent mieux, mais ce mouvement a dû rencontrer de grands problèmes. Un rapport du Conseil de l’Europe fait état de discriminations raciale et linguistique au sein des hôpitaux et des services des urgences à Bruxelles à l’encontre de la population néerlandophone. Les citoyens flamands de la ville flamande de Bruxelles ont dû subir de telles discriminations vis à vis de ces services.

Les orangistes concernent les personnes qui ont adopté l’idéologie suivant laquelle il faudrait restaurer le Royaume Uni des Pays Bas. Ce mouvement apparaît dès 1815 et a pour but d’appuyer le régime monarchique aux Pays Bas suite à la révolte néerlandaise qui conduira les Pays Bas à devenir une monarchie constitutionnelle. Ce mouvement a été repris en 1830 lors de la création de la Belgique chez certains flamands qui exprimèrent le désir de reconstruire l’unité monarchique initiale des Pays Bas. Parmi les défenseurs de ce mouvement, on trouve Jean François Willens, écrivain et père fondateur du mouvement flamand, et Hippolyte Metdepenningen. Ce mouvement diffère de celui de la construction de Grands Pays Bas (Groot-Nederland).

Les Grands Pays Bas est une idéologie qui repose sur le fait que les néerlandais ainsi que les citoyens belges néerlandophones partagent la même histoire, la même culture et la même langue. La création d’un état unissant les néerlandophones permettrait à ce nouvel état d’être plus important sur la scène politique et économique en Europe. Ce mouvement s’appuie sur le fait que la création d’un État unilingue sera moins bureaucratique et plus efficace. La réunification des Flandres avec les Pays Bas n’est pas prévue par les hommes politiques néerlandais mais un sondage d’août 2007 a montré que plus des deux tiers de la population des Pays Bas était prêts à accueillir les Flandres ;. Depuis la crise politique belge de juin 2007, cette hypothèse devient de plus en plus probable. De nombreux hommes politiques ont approuvé ce projet de réunification du peuple néerlandais, tel que Domela Nieuwenhuis, Marcel Minnaert, Hugo Schiltz, Derk Jan Eppink, Jan Terlouw, Matthias Storme, Bert Anciaux, Louis Tobback et Frits Bolkestein.

Copyright © 2007 SwietaPolska EURL. Tous droits réservés.
Site, publication, journal sont protégés par le droit d'auteur et le droit de la propriété intellectuelle
Reproduction interdite www.swietapolska.com
Répondre à cet article