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Le Président de la République de Pologne, Lech Kaczynski, est opposé au retrait de l’armée polonaise depuis le territoire irakien proposé par le nouveau gouvernement dirigé par la Plate-forme Civique (PO). Michal Kaminski, représentant et porte-parole de la chancellerie présidentielle, a annoncé qu’il ne pense pas que le président polonais se mettra à signer la motion de la fin de la mission en Irak. Cette affaire doit faire l’objet d’un entretien entre le président polonais et le Premier Ministre Donald Tusk car il s’agît ici d’une importante décision.
Samedi dernier, le Premier Ministre Donald Tusk a annoncé que son gouvernement allait émettre une motion au Président de la République de Pologne dans le but de mettre un terme à la présence de l’armée polonaise en Irak d’ici le mois d’octobre 2008. Le chef du gouvernement a par ailleurs exprimé son souhait que le Président de la République ne fasse pas obstacle à cette motion. Lundi dernier, le gouvernement polonais a demandé au président polonais d’approuver le plan de retrait des 900 soldats polonais depuis le territoire irakien pour le mois d’octobre 2008. Le Premier Ministre polonais a rencontré la vive opposition du président polonais. Or, le retrait des troupes polonaises était présenté comme une forme de compromis et ceci d’autant plus que les forces des autres pays alliés tels que la Grande Bretagne ou encore l’Australie vont retirer progressivement leurs forces armées. Le retrait des forces armées polonaises avait par ailleurs été invoqué lors du discours d’investiture du nouveau Premier Ministre auprès du Parlement le mois dernier.
Pour le ministre de la défense nationale, Bogdan Klich, cette mesure représente avant la tout la concrétisation des promesses faites par le Premier ministre. Il s’agît d’obligations qui s’imposent à Donald Tusk et il ne fait que les mettre en oeuvre. Bogdan Klich a aussi précisé que des soldats polonais resteraient sur le territoire irakien mais juste au titre de la mission d’entraînement dans le cadre du programme de l’OTAN.
Le directeur du groupe parlementaire de la Plate-forme Civique, Zbigniew Chlebowski, a expliqué que la décision de mettre fin à cette mission de la Pologne sur le territoire irakien appartient au pouvoir du Premier Ministre et de son cabinet gouvernemental. Zbigniew Chlebowski explique que cette décision relève des fonctions gouvernementales et non pas du président de la République. Si le président refuse de signer cette motion, l’armée polonaise se retirera alors d’Irak d’ici le 31 décembre 2007. D’ailleurs, même si cette motion fait état du retrait en date d’octobre 2008, le nouveau gouvernement a aussi exprimé son souhait de voir l’armée polonaise se retirer d’Irak d’ici la fin du premier semestre 2008.
L’opposition du président polonais s’explique par sa politique de forte collaboration avec les États Unis d’Amérique. Toutefois, l’un des conseillers du Président Lech Kaczynski à la sécurité nationale, Wladyslaw Stasiak, qui était présent lors de la rencontre au sein du cabinet présidentiel lundi dernier a fait part des accords sur lesquels le président serait susceptible d’être favorable. La politique générale semble bonne, mais il lui faut toutefois un temps de réflexion. Donald Tusk a expliqué qu’en cas d’absence de signature de la part du président, les soldats polonais qui auraient fini leur mission en Irak d’ici le 31 décembre 2007 devront rentrer en Pologne le plus rapidement possible, sachant que ce mouvement va être d’autant plus compliqué que le déplacement des infrastructures logistiques et matérielles ne semble pas évident.
Les États Unis d’Amérique ainsi que l’Irak s’inquiètent aussi du retrait des forces polonaises parce que la proposition de retrait présentée par le nouveau gouvernement polonais n’aurait pas apporté de garanties suffisantes. Les autorités des pays alliés estiment qu’elles en apprennent plus à partir de la presse qu’avec les négociations entretenues avec le gouvernement de Donald Tusk. Elles rappellent la vive opposition politique en Pologne présente au sein du Parti Droit et Justice (PiS) qui évoque le fait que la coopération de la Pologne avec les États Unis d’Amérique doit rester l’un des principaux piliers de la politique étrangère polonaise, bien que ce pilier soit remis en cause avec les déceptions occasionnées par la politique étrangère américaine qui n’a jamais réussi à lever l’obligation de détention de visa pour les citoyens polonais se rendant aux États Unis d’Amérique. L’échec du précédent gouvernement polonais face aux promesses non tenues de la part de l’administration du président américain et du parlement américain ont aussi contribué à affaiblir ce pilier. Les autorités des pays alliées soulignent aussi que la sécurité des forces irakiennes n’est pas assurée afin de leur permettre de prendre le contrôle du sud de ce pays.