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Au vu de l’actualité du moment, bon nombre de citoyens du pays se posent la question… Et maintenant, que va-t-il se passer ? Le Roi reçoit sans convaincre, le formateur se retrouve seul, les présidents de partis mettent la pression, l’opposition s’oppose, les ’’sages’’consultent et le pays vit au ralenti…
Une nation se construit autour d’un territoire et d’une langue commune. Pour la Belgique, à part le Roi et le drapeau, on peut se demander ce que les deux communautés ont encore en commun, tant il s’agit de deux cultures différentes. Si la Constitution le permettait, il faudrait faire un référendum pour savoir si les Flamands veulent encore de la Belgique. Jusqu’à quel point peut-on obliger deux communautés à cohabiter si une des deux veut divorcer ? Ce ne serait pas forcément une catastrophe si le pays se scindait en deux. Et si tout simplement, en créant la Belgique en 1830, on n’aurait pas carrément vendu un rêve dès le départ ?
L’idée d’un référendum populaire avait été suggérée par un président de parti avec une question et une réponse simple : voulez-vous une Flandre (Wallonie) indépendante ? Oui/non…
La Constitution belge ne prévoit pas ce genre de question et il faudrait alors procéder à une modification de celle-ci mais la procédure n’est pas si simple que cela et se déroule en trois phases importantes :
1.La déclaration de révision de la Constitution :
Dans cette phase, chaque branche du pouvoir législatif fédéral (la Chambre de représentants, le Sénat et le Roi c.à.d. le gouvernement) désigne, dans des déclarations séparées, les articles de la Constitution qui peuvent être révisés par le constituant après les élections. Seules les dispositions énoncées de manière identique dans les trois déclarations (néerlandophone,germanophone et francophone) peuvent être soumis à révision.
Les déclarations de révision émanant de la Chambre ou du Sénat sont adoptées à la majorité simple.
Après la publication des déclarations de révision au Moniteur belge, le Parlement fédéral est dissous.
2.Les élections en vue de la constitution des Chambres législatives fédérales :
Dans les 40 jours qui suivent la dissolution, des élections fédérales sont organisées. Les nouvelles Chambres qui sont constituantes doivent se réunir dans les deux mois qui suivent la dissolution.
3.La révision proprement dite :

Pendant cette phase, les députés, les sénateurs et le gouvernement peuvent introduire des propositions de modifications du contenu de la Constitution. Ne peuvent être soumis à révision que les articles désignés par la préconstituante.
La procédure de révision se déroule bicaméralement de la même manière que celle des projets et des propositions de loi ; cela signifie qu’aussi bien la Chambre que le Sénat doivent adopter la modification de la Constitution.
L’approbation des projets et des propositions de modification se fait dans chaque assemblée à majorité qualifiée double c’est-à-dire que, lors du vote, les deux tiers des membres de la chambre concernée doivent être présents et la modification doit obtenir les deux tiers des voix.
Les précédentes révisions de la Constitution ont eu lieu en 1970, 1980,1988 et 1993 et avaient pour objectif la réforme graduelle de l’Etat unitaire belge vers un Etat fédéral.
La situation présente ne peut donc perdurer indéfiniment et si la coalition actuelle ne parvient pas à trouver un terrain d’entente satisfaisant, n’irait-on pas tout droit vers de nouvelles élections législatives anticipées ?