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Pendant quelques semaines la Lituanie a été bloquée par une sérieuse crise politique, incapable de pouvoir former un gouvernement stable avec la longue file d’attente de toutes les forces politiques. L’ancien gouvernement s’est effondré au début du mois de juin à cause de la coalition du parti travailliste qui a quitté le cabinet gouvernemental. Le premier ministre Algirdas Brazauskas et son gouvernement se sont désistés.
Au sein du coalition de Brazauska, les forces politiques les plus importantes furent le parti social démocrate de Brazauskas, le parti travailliste, fondé et dirigé par le lituanien d’origine russe Viktor Uspaskich. Le parti travailliste a été considéré comme un parti populiste trouvant ses racines dans l’ancien parti communiste lituanien.
En ce qui concerne leur politique étrangère, les deux partis ont continué de conserver les mêmes orientations : membres actifs de l’Union Européenne et de l’OTAN, avec une étroite collaboration avec les Etats Unis d’Amérique, ainsi qu’avec leurs relations vis-à-vis de la Pologne.
Cependant, en ce qui concerne la politique intérieure, ces deux partis sont accusés d’une sérieuse négligence en ce qui est la nécessaire restructuration de l’économie. Les mesures pour développer le marché ont été un échec, la réforme des finances publiques a été abandonnée, et le gouvernement est tombé au sein d’une spirale qu’il ne maîtrise plus.
Pour clouer le tout, la coalition a dut faire face a de nombreux scandales qui ont dépopularisé cette politique et très clairement dénoncé les partis populistes. L’un des premiers partis dénoncés fut celui de parti travailliste de Uspaskich, impliqué dans des scandales, utilisant ses positions pour obtenir quelques bénéfices. Uspaskich, accusé de falsification de diplôme et de corruption, est parti pour la russie. Le président lituanien, Valdas Adamkus, a alors demandé au parti travailliste de se retirer du gouvernement jusqu’à ce que toutes les activités ambiguës du parti soient clarifiées.
Aidé par de petits partis, les socio démocrates pourraient essayer de reprendre le contrôle d’un gouvernement minoritaire, mais Brazaukas a tenté de calmer les démissions de son Cabinet.
Au sein du système politique lituanien, le premier ministre est nommé par le président. Adamkus a exhorté deux grandes forces politiques pour former une grande coalition avec les socio démocrates et le parti conservateur. Selon Adamkus, cela apportera une majorité gouvernementale stable et a prévenu de prochaines élections.
Les représentants des deux groupes se sont rencontrés pour négocier les termes de cet accord, mais les discussions ont rapidement été un échec. Les deux partis, qui bec et ongles sont en désaccord depuis une décennie, où les idéologies et les expériences politiques des représentants sont complètement différentes, sont supposés gouverner ensemble la Lituanie. L’un des premiers facteurs sont les nombreuses divergences dans leurs programmes économiques et sociaux, plans qui ne sont d’ailleurs pas assez concis.
Suivant cette affaire, Adamkus a désigné Zigmantas Balcytis en tant que premier ministre, le chef des députés social démocrate qui a d’ailleurs déjà été premier ministre. Toutefois, sa candidature se doit d’être approuvée par le parlement, qui espère ainsi obtenir pas mal de soutien de la part des petits partis politiques et non pas des grands. Il a d’ailleurs émis des réserves en ce qui concerne le support du parti travailliste. Les consultations se sont prononcées de telle sorte que Balcytis n’a pas pu recevoir de majorité suffisante, ce qui fait que la Lituanie n’a pas de gouvernement pour l’instant.
Adamkus a donc présenté un nouveau candidat, Andrius Kubilius, ancien premier ministre conservateur. Malheureusement, il a aussi de faibles chances de pouvoir recevoir une majorité suffisante.
Les commentateurs de la Lituanie émettent deux scénarios possibles. Premièrement, le retour à l’idée d’une grande coalition entre les conservateurs et les socio démocrates. Suivant un vote récent à la Seimas, les politiciens des deux partis ont commencé à parler de la possibilité d’un retour à la table des négociations. Si un arrangement n’arrive pas à se faire, la seule option restante est celle d’élections anticipées, ce qui pourrait d’ailleurs être prononcé par les députés actuels. Toutefois, peut être que ces derniers ont peur de perdre leur siège et que cela risque d’encourager les rivaux des deux partis à devoir accepter un consensus.