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64 religieuses expulsées d’un couvent par la police.

jeudi 18 octobre 2007.
 

La police et des huissiers de justice viennent d’expulser 64 religieuses d’un couvent qu’elles occupaient illégalement pendant deux années durant lesquelles elles étaient en révolte contre l’Eglise catholique de Rome.

Soutenues par des psychologues et des médecins, les autorités ont dû extraire pendant six heures les anciennes religieuses du couvent de la Congrégation des Sœurs de la Famille de Béthanie localisée dans la ville de Kazimierz Dolny, à 140 kilomètres au sud-est de Varsovie.

Cette expulsion a choqué l’ensemble de la Pologne catholique, elle fait suite aux accusations lancées sur les religieuses en question d’avoir formé une secte derrière leur mère supérieure qui s’est personnellement défendue d’avoir reçu des révélations de la part de Dieu, et s’être inspirée d’un moine franciscain déchu, qui aurait auparavant molesté de jeunes religieuses.

La révolte des bonnes sœurs contre les autorités religieuses, l’un des premiers événements de ce genre dans ce pays, est intervenue après que la mère supérieure de cette congrégation, Jadwiga Ligocka, ai soulevé certains problèmes au sein de l’Eglise il y a de cela quelques années.

Les autorités de Béthanie se sont plaintes du fait que la mère Ligocka aurait prise une décision en contradiction avec les principes qui fondent l’organisation de ce couvent, décision qui aurait été incitée par des révélations divines qui seraient contraires aux enseignements de l’Eglise. Elle aurait aussi admis au sein de son couvent des individus dont la personnalité ainsi que le comportement ne concordaient pas avec le profil d’une religieuse.

La congrégation des Instituts de la Vie Religieuse au Vatican, responsable de la promotion et de la surveillance des pratiques et des formes de la vie religieuse, ont mené une enquête au sein du couvent de Kazimierz Dolny en janvier 2005, après que le Vatican ai nommé comme nouvelle mère supérieure la sœur Barbara Robak au mois d’août de la même année. La mère Ligocka n’a pas prêté aucune importance à la décision du Vatican et a mandaté des sœurs de la congrégation de Béthanie de Kazimierz Dolny. La plupart des nouvelles religieuses ne disposaient pas encore de beaucoup d‘expérience pour prêter serment. Elles ont par ailleurs jamais laissé entrer la nouvelle mère supérieure Robak au sein du couvent.

Le clergé et les parents des jeunes religieuses de ce couvent ont essayé à plusieurs reprises d’établir un dialogue avec les individus localisés à l’intérieur de couvent. En décembre dernier, le Vatican avait émis un décret pour demander l’expulsion de ces sœurs depuis la communauté monastique pour avoir brisé leur sermon d’obéissance.

La Congrégation des Sœurs de la Famille de Béthanie avait lancé une action en justice afin de reprendre le bâtiment et demander l’expulsion des sœurs. Les jugements ont été faits par défaut dans la mesure où les anciennes religieuses ne se sont jamais montrées au procès et ont encore moins accepté toute citation à comparaître et autres réponses à l’égard des poursuites judiciaires.

La requête de la Congrégation visait à expulser toutes les personnes qui étaient restées dans ce couvent . Elle a dû payer 56000 zlotys pour couvrir les frais de cette expulsion, incluant les services de sécurité, serruriers, personnel médical et psychologues.

L’expulsion a commencé dans la matinée du 10 octobre 2007. Après plusieurs tentatives pour dissuader les anciennes religieuses d’ouvrir les portes du couvent, un serrurier est venu, aidé d’une échelle prêtée par les forces de police, ce qui a permis d’ouvrir les portes en question. Les officiers chargés de l’expulsion sont alors entrés dans le couvent pour inspecter chacune des pièces et retirer de ce couvent toutes les personnes qui y étaient présentes.

La plupart des anciennes religieuses étaient assises dans une pièce située à l’étage supérieur, en train de chanter des chants religieux. Les officiers de police ainsi que les psychologues ont commencé de longues conversations avec les femmes, en essayant de les convaincre de prendre leurs affaires et de se rendre dans les véhicules des forces de l’ordre. Certaines personnes craignirent que les sœurs puissent réagir par un suicide collectif.

Il n’y eut que deux personnes qui sont devenues agressives, la mère Ligocka ainsi que Roman Komarzyczko, un ancien moine franciscain de 42 ans, qui avait été expulsé de la communauté monastique. Il était resté dans le couvent de Kazimierz Dolny pendant quelques temps, et s’était lui-même proclamé le gourou des jeunes femmes. Komarzyczko a lancé de nombreuses insultes à l’égard des forces de police qui ont dû l’immobiliser. Il a été auditionné par le procureur de Lublin pour un interrogatoire. Le porte parole du procureur, Robert Bednarczyk, a annoncé que la mère Ligocka ainsi que l’ancien moine Komarzyczko seront inculpés de trouble à l’ordre public pour occupation illégale d’une propriété qui ne leur appartient pas.

Le père Mieczyslaw Puzewicz, porte-parole de l’archevêque de Lublin, était présent lors de l’expulsion et a précisé que les activités qui se produisaient au sein de ce couvent s’apparentaient à celles d’une secte.

Les journaux ont rapporté que Ligocka et Komarzyczko contrôlèrent les autres habitants de ce couvent en les assujettissant à des manipulations psychologiques. Ligocka leur a personnellement expliqué qu’elle était en relation directe avec le Saint Esprit, qui lui aurait donné une mission dont elle se devait de leur adresser à tous des devoirs. En ce qui concerne Komarzyczko, il aurait eut des rapports sexuels avec de jeunes religieuses, tout en se justifiant auprès d’elles en leur disant qu’il leur apprenait à ouvrir leur amour à Jésus.

L’archevêque de Lublin, Jozef Zycinski, a expliqué que l’expulsion des anciennes religieuses du couvent de Kazimierz Dolny était un acte d’aide désespéré pour ses femmes qui étaient toutes à l’intérieur, et instaure ainsi une aide positive pour essayer de trouver une solution.

L’expulsion des anciennes religieuses a continué dans les véhicules des forces de l’ordre qui les ont conduites vers les villes de Dabrowica, Naleczow et de Lublin. Toutefois, la plupart d’entre elles refusèrent d’aller dans les véhicules et sont parties vers des destinations inconnues. Quelques femmes seulement ont passé la première nuit dans les foyers pour lesquels elles étaient destinées, mais les ont délaissés par la suite. Les parents de très nombreuses jeunes religieuses ont repris leurs filles dans leur foyer.

Les procureurs annoncent qu’il est fort possible que les anciennes religieuses entretiennent des contacts entre elles ainsi qu’avec leurs dirigeants spirituels, c’est-à-dire la mère Ligocka et l’ancien moine Komarzyczko. La plupart des hommes d’Eglise craignent que les anciennes religieuses réactivent ce groupe dans un autre endroit en Pologne.

Lors de cette expulsion, il y avait cinq anciennes religieuses qui provenaient de Russie et de Biélorussie et qui résidaient illégalement en Pologne . La plupart d’entre elles pourraient être reconduites à la frontière.

Après cette expulsion, un douzaine de religieuses sont allées reprendre le couvent, mais la date de la venue de la nouvelle mère supérieure reste inconnue.

La Congrégation des Sœurs de la Famille de Béthanie a été formée en 1930 dans le but d’aider les prêtres dans leurs services paroissiaux. Les religieuses de Béthanie enseignent la religion, visitent les malades et travaillent avec les sacristains et les organismes des Eglises. Elles disposent de nombreux couvents dans toute la Pologne et travaillent aussi à l’étranger . Depuis le début de cette année, la congrégation compte une centaine de membres.

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