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Débat télévisé entre Donald Tusk (PO) et Jaroslaw Kaczynski (PiS), partie I.

samedi 13 octobre 2007.
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Le Premier Ministre de Pologne, Jaroslaw Kaczynski, et son principal rival politique, Donald Tusk, viennent de faire un face à face lors du débat télévisé qui s’est produit vendredi soir dernier. Les principaux thèmes abordés furent la présence militaire polonaise en Irak, à savoir si celle-ci avait aidé l’Irak ou plutôt porté préjudice à ce pays, ainsi que la question d’arrêter l’exode des polonais vers les îles britanniques.

Donald Tusk a accusé le Premier Ministre Jaroslaw Kaczynski d’avoir endommagé les relations de la Pologne avec l’Allemagne et la Russie, et d’avoir renforcé une forte alliance avec les États Unis d’Amérique par la présence polonaise en Irak alors que cette alliance n’avait pratiquement rien rapporté pour les intérêts de la Pologne.

Donald Tusk « Après deux années de votre présence au Gouvernement, la Pologne dispose des relations diplomatiques les plus tendues avec son voisin russe ainsi qu’avec l’Allemagne, ce qui résulte de l’incompétence de votre politique en matière de diplomatie »

La seule défense que Jaroslaw Kaczynski proposa fut de dire que le Gouvernement était dirigé par son parti qui est à la fois nationaliste et conservateur, et que dans une telle situation, il y avait très peu de dispositions qui permettaient de trouver une solution permettant d’aplanir les relations avec l’Allemagne. Jaroslaw Kaczynski « nos relations avec l’Allemagne sont entièrement satisfaisantes ».

Les deux partis politiques défendus, la Plate-forme Civique (PO) par Donald Tusk, Droit et Justice (PiS) pour Jaroslaw Kaczynski, ont des traits de caractères communs, puisqu’ils sont de droite, mais ils ont des vues différentes en ce qui concerne l’organisation de l’économie et les relations avec l’Union Européenne.

Donald Tusk a argumenté du fait que la Pologne devait mettre le paquet pour accroître sérieusement son économie, et que ce problème était d’autant plus primordial que l’économie de la Pologne devrait mieux faire afin de pouvoir conserver sur son territoire des centaines de milliers de polonais qui gagnent des salaires misérables et qui doivent subir des taux de chômages alarmant, tout ceci contribuant à exercer de telles pressions qui poussent ces derniers à devoir trouver du travail en Grande Bretagne et en Irlande, et ce depuis l’intégration de la Pologne au sein de l’Union Européenne en 2004.

Donald Tusk « Nous, au sein de la Plate-forme Civique, nous pensons que la Pologne peut se moderniser, que le pays peut être en bonne santé, que des millions de polonais ne devront pas aller émigrer à l’étranger pour aller chercher leur pain »... « je pense sincèrement que lorsqu’on fait confiance aux citoyens ainsi qu’à sa patrie, on peut créer des miracles, un miracle économique. La même chose s’est produite pour d’autres pays tel que l’Estonie, l’Espagne, l’Irlande. Pourquoi pas la Pologne ? »

Jaroslaw Kaczynski a soulevé l’intendance de son gouvernement en disant que « tous les indicateurs sociaux étaient bons, le développement économique excellent, les finances publiques excellentes, et pour la première fois depuis des années le chômage est en train de baisser »... »la vision que vous présentez de ce pays est catastrophique. C’est un grand mensonge »

Jaroslaw Kaczynski a aussi appelé les électeurs à donner plus de temps à son parti politique pour lutter contre la corruption et reconstruire les valeurs traditionnelles conservatrices de la religion catholique à travers le pays qui ont souffert pendant l’occupation communiste.

Jaroslaw Kaczynski « nous voulons construire une Pologne patriotique, une Pologne qui tienne à nos traditions, notre nation, notre Église, du moins pour les croyants, et qui devront se faire respecter sur les bases de la vie publique. »

Sur la question de l’Irak, Donald Tusk suggéra que la Pologne, qui avait envoyé des troupes militaires pour aider les États Unis d’Amérique en 2003 et où il reste encore 900 soldats, a gagné très peu en retour de la part des États Unis d’Amérique. En effet, la Pologne n’a pas pu obtenir l’obtention de la liberté de circuler sur le territoire américain pour les citoyens polonais sans avoir besoin de visa.

Donald Tusk « Vous avez dit que les polonais y gagneraient beaucoup en envoyant des soldats polonais auprès des troupes américaines, mais vous n’avez pas été capable de citer une seule chose d’obtenue. Où sont passés les visas libres de droit ? Où sont passés les accords commerciaux ? »

Jaroslaw Kaczynski, qui est fermement attaché à la coopération avec les États Unis d’Amérique, pense que la Pologne est plus forte avec Washington, et que c’est son devoir de l’aider réciproquement.

Jaroslaw Kaczynski « Une fois que nous sommes allés et que nous sommes déjà présents, la désertion serait la solution la plus stupide. Nous avons beaucoup gagné de la coopération avec les États Unis d’Amérique. Nous sommes devenus un pays notable. Aujourd’hui, nous avons besoin de ce pays et de ce genre d’alliance »... » Au cours de l’Histoire de la Pologne, les polonais n’ont jamais été des déserteurs, des lâches »

Lors des sondages réalisés vendredi dernier par la société PBS DGA pour le compte de Gazeta wyborcza et de Polytika, 36% des interrogés ont dit vouloir voter pour le parti Droit et Justice de Kaczynski et 32% pour le parti de la Plate-forme Civique de Tusk, 15% allaient pour la Coalition de Gauche. Ce sondage précise que les résultats disposent d’une marge d’erreur de 3%.

Le parti droit et Justice avait gagné les élections en 2005, mais sans la possibilité de pouvoir gouverner seul. Ce parti disposant d’un gouvernement minoritaire, il a dû créer une coalition avec des partis populistes et d’extrême droite, une alliance qui avait fait tirer les sirènes d’alarmes à l’étranger mais qui avait aussi exclu de nombreux polonais.

Cet intensif débat qui s’est produit au cours d’une heure, ponctué par des instants de frime, opposa deux anciens dissidents anti communistes l’un contre l’autre. Tous les deux furent vêtus d’un costume noir assorti par une cravate rouge, ils se sont serré la main et prirent respectivement leur place dans des sièges jeunes qui les ont placés face à face en face devant des auditeurs qui se composaient de supporters des deux partis politiques.

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