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Exposé, bilan sur le début de la campagne électorale, et probable dénouement d’un piège politique.

mardi 11 septembre 2007.
Accueil du site > Actualité de Pologne : Sommaire > Politique > Exposé, bilan sur le début de la campagne électorale, et probable dénouement (...)
 
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Le parti politique Droit et Justice (PiS) focalise sa campagne électorale sur la lutte contre la corruption en Pologne et a pu faire en sorte que de nouvelles élections législatives soient organisées pour le 21 octobre prochain.

Les partis politiques de l’opposition tel que la Plate-forme Civique (PO) de centre droit, l’Alliance Démocratique de Gauche (LiD), la Ligue des Familles Polonaises (LPR) d’extrême droite, accusent le parti Droit et Justice d’avoir utilisé à la fois le service de la justice ainsi que les renseignements des services secrets pour espionner de manière illégale ainsi que pour intimider leurs adversaires politiques. La manoeuvre ainsi peu démocratique et relevant d’un régime despotique viserait à permettre aux dirigeants du PiS de conserver leur propre pouvoir.

Le coalition gouvernementale avait expulsé de son poste l’ancien ministre de l’agriculture, Andrzej Lepper, actuel dirigeant de Samoobrona, le 9 juillet dernier, parce que celui-ci fut accusé d’avoir participé à une affaire de versement de pots de vin. Toutefois, aucune preuve n’a été rapportée en vue de justifier de telles accusations et Andrzej Lepper lui-même a dénié ces accusations.

Le Gouvernement, dirigé par Jaroslaw Kaczynski, a ressenti comme une énorme frustration le fait qu’une enquête, dirigée par le Bureau Central anti Corruption, ai échoué. D’après les investigations faites par ce Bureau, Lepper, ainsi qu’une partie de ses associés, auraient reçu trois millions de zlotys en échange d’un reclassement agricole d’une zone de 35 hectares localisée près du lac de Mragowo, dans la région des lacs de la Mazurie. Le but de ce reclassement aurait permis d’utiliser ces zones agricoles pour en faire des zones commerciales. Néanmoins, le versement des pots de vin visant à soudoyer les responsables administratifs de cette opération illégale n’aurait jamais eut lieu avec Lepper car aucune preuve n’a pas être retenue contre l’ancien ministre de l’agriculture.

Depuis le renvoi du ministre Lepper, le Gouvernement de Jaroslaw Kaczynski n’a pas arrêté de concentrer l’essentielle de son activité sur la recherche de la faille à cette enquête ou de la probable taupe qui aurait balancé les informations de l’enquête à l’intéressé, c’est à dire Andrzej Lepper. Andrzej Lepper a lui même prétendu que le ministre en charge des affaires judiciaires, l’équivalent du garde des sceaux en France, Zbigniew Ziobro, l’avait auparavant prévenu de cette enquête qui devait se produire sur lui ainsi que sur Samoobrona. Le ministre de la justice a démenti les propos de Andrzej Lepper. En outre, le PiS a accusé son propre ministre des affaires internes, Janusz Kaczmarek, d’avoir été la taupe qui aurait vendu les informations auprès de Andrzej Lepper. Son arrestation, ainsi que celle de trois autres personnes d’importance en Pologne, à savoir l’ancien chef de la police nationale, Konrad Kornatowski, l’ancien président directeur général du groupe PZU, Jaromir Netzel, ainsi que l’un des plus importants chefs d’entreprise en Pologne, Ryszard Krauze, fait partie de l’empreinte politique de Kaczynski. Des arrestations, des décisions soudaines, visant à créer le spectacle, le spectacle de l’homme, Jaroslaw Kaczynski, parti dans sa quête contre la corruption, ou du moins ce qu’il surnomme la corruption, tant il est devenu facile de placer l’étiquette de corruption sur le dos de n’importe quelle personne qui serait devenue gênante. Un homme politique critiquant Kaczynski est forcément corrompu, un journaliste qui critique le Premier Ministre polonais est lui aussi forcément corrompu. Qu’en est il alors de l’ensemble de la population polonaise qui critique le gouvernement de Jaroslaw Kaczynski ? Est ce que le Premier Ministre irait jusqu’à dire, en cette période de campagne électorale, que c’est l’ensemble de la population polonaise qui elle aussi serait corrompue ?

Les arrestations de Konrad Kornatowski, de Jaromir Netzel ont été formulées sur la même logique, ces hommes seraient à la source d’une manipulation politique dont le but aurait été d’empêcher le Bureau Central Anti Corruption, de découvrir la preuve de l’implication de Andrzej Lepper dans une affaire de versement de pots de vin. Cette preuve était d’autant plus importante pour le PiS, qu’à son tour, le PiS fut accusé de vouloir se débarrasser d’un vice Premier Ministre gênant, Andrzej Lepper, pour en récupérer sa formation politique. Le but du PiS semblait plus que clair : instaurer sur le dirigeant de Samoobrona le discrédit politique par une affaire de corruption. Ainsi, la manoeuvre aurait permis de récupérer la formation politique de Samoobrona, c’est à dire les ministres et les députés, et donc, dans cette perspective, donner à l’ancienne coalition gouvernementale une assise parlementaire majoritaire, le Gouvernement pouvant prendre et agir à sa guise sans devoir faire face à un blocage politique.

Le principal intérêt de ces élections législatives est multiple. Tout d’abord, comme l’a précisé aussi bien Vaclav Havel comme de nombreux observateurs politiques de la Pologne, ceci permettra d’organiser des élections démocratiques, de faire jouer et mettre en avant un processus véritable de représentation démocratique. Jaroslaw Kaczynski n’a jamais été élu à la présidence de son propre gouvernement, alors qu’il n’était que le maire de la ville de Varsovie, il a procédé à un échange de siège avec l’ancien Premier Ministre Marcinkiewicz. Cet ancien Premier Ministre était très populaire, tellement populaire qu’à lui seul il aurait pu former son propre parti politique indépendant et récupérer une grande partie de la formation politique de Droit et Justice ; cela ne s’est jamais produit, les frères Kaczynski ont donc pu éviter cette menace. L’ancien Premier Ministre espérait, en échange de ce poste, conserver son poste de président de la ville de Varsovie, mais il a perdu les élections face à Hanna Gronkiewicz-Waltz, qui elle même a failli perdre son poste à la présidence de cette ville suite à une procédure fiscale que le Conseil Constitutionnel polonais a invalidée, sauvant de justesse la ville de Varsovie face à l’organisation de nouvelles élections municipales. Dans tous les cas, ces nouvelles élections permettront de jauger de la côte de popularité de Jaroslaw Kaczynski.

L’autre intérêt est juridique, il est clair que la formation politique sortante des élections législatives sera à même d’instaurer une administration stable, les enquêtes aussi vis à vis du Bureau Central Anti Corruption comme de l’Agence de la Sécurité Interne, organes créés par l’actuel Premier Ministre, pourront avoir lieu. Tout l’avenir politique de la Pologne repose en effet dans la résolution de ces affaires de corruption. Qui a tort ? Qui a raison ? Nul ne peut dire qu’il n’y a pas eut de corruption, mais nul ne peut dire qu’il y a eut corruption. Les sondages ont aussi ironiquement variés suivant les dénouements de ces affaires de corruption. Ainsi, le regain de la popularité du PiS n’est pas si extraordinaire que cela, il fait suite aux arrestations des hommes impliqués, Kaczmarek, Kornatowski, Netzel, Krauze. Il suffisait d’une cassette filmant Krauze et des hommes politiques de Samoobrona se donnant rendez vous dans un hôtel, pour que le PiS puisse dire qu’il y eut corruption et essayer d’induire en erreur l’électorat polonais. Comme ces affaires n’en finissent pas en surprises et autres rebonds médiatiques, rebondissements qui alimentent la presse mais qui participent désormais à ce que l’on peut ouvertement appelé « La Guerre de la Campagne Électorale PiS contre PO », un autre dénouement assez récent vient de se produire, et pourtant très significatif. Ce sont des magistrats eux mêmes appartenant à la formation collégiale du tribunal de grande instance de Varsovie qui ont dénoncé à la fois des arrestations illégales mais aussi des procédures et décisions judiciaires illicites, puisque entachées de vices d’illégalité. Les arrestations ne seraient pas légales, il y aurait eut des failles dans le corps de la magistrature dirigé par l’actuel garde des sceaux, Zbigniew Ziobro.

Depuis son exclusion, Janusz Kaczmarek est devenu l’une des critiques officielles de la politique du PiS. Il a expliqué auprès du Parlement de l’usage des services secrets que faisait l’actuel gouvernement, rappelant ce qui se faisait au moment de l’existence des gouvernements communistes, ce qui serait un comble pour le gouvernement de Kaczynski qui se dit anti communiste. Il a ainsi expliqué que le gouvernement de Kaczynski utilisait les services secrets et l’appareil judiciaire polonais pour espionner des journalistes ainsi que pour recueillir des informations compromettantes sur ses opposants politiques. Le témoignage de Janusz Kaczmarek a été fait auprès du Parlement à huit clos auprès des législateurs, mais des rapports écrits ont été communiqués à la presse. Le Président de la République de Pologne, Lech Kaczynski, et frère jumeau de Jaroslaw Kaczynski, ainsi qu’anciennement l’ami de Janusz Kaczmarek, a surnommé Janusz Kaczmarek comme la plus grande erreur de sa vie.

Le PiS a donc mené des enquêtes sur les éventuelles failles qui auraient pu renseigner Andrzej Lepper à propos de l’opération du Bureau Central Anti Corruption. S’agît il d’une réelle solution au est ce encore un jeu politique sans aucune finalité ? En effet, est ce que le fait de savoir si Lepper a accepté ou pas le versement de pots de vin peut être prouvé ? D’autres personnes pourraient se demander si l’un des hommes politiques les plus importants de Pologne risquerait sa carrière politique juste pour un millions de zlotys ?

Effectivement, il y a un détail qui semble avoir échappé aussi bien aux médias polonais comme aux hommes politiques de l’opposition. Les pots de vin n’ont pas été émis par un marché noir, ils ne proviennent encore moins d’un investisseur étranger qui rechercherait à faire des bénéfices sur le sol polonais. Les pots de vin ne sont qu’une pure invention émanant de la part du Bureau Central Anti Corruption, en résumé, il s’agît d’un piège.

Le professeur Marek Chmaj, de l’Institut des Hautes Études du Commerce et du Droit de Varsovie (WSHiP Uczelnia Łazarskiego w Warszawie) explique qu’une institution d’Etat peut légalement essayer de piéger quelqu’un si et seulement si cette personne a déjà commis un crime ou a essayé de commettre ce crime. Au regard de la Constitution nationale de Pologne, il est interdit pour les institutions de piéger délibérément qui que ce soit.

Marej Chmaj, précise qu’une institution étatique n’a pas le droit de tester l’immunité politique de ses citoyens en leur adressant ou en leur soudoyant le versement de pots de vin. Ainsi, une institution comme le Bureau Central Anti Corruption n’a pas le droit d’essayer de proposer trois millions de zlotys à des citoyens pour vérifier si on peut les corrompre.

Des précisions doivent être apportées, l’article 19 de la charte juridique du Bureau Central Anti Corruption autorise cette institution à offrir de l’argent à des suspects, mais uniquement dans le cas où cette institution dispose d’informations tangibles, sûres et certaines, de la réalisation d’un crime.

La base du Bureau Central anti Corruption est de lutter contre la corruption, il doit enquêter dessus, mais pas piéger les citoyens illégalement.

En outre, le gouverneur de la région de Warminsko Mazurie, Jacek Protas, a demandé auprès du Bureau Central Anti Corruption que cette institution présente des excuses pour avoir porté préjudice à la réputation du gouvernement local qu’il dirige. Jacek Protas appartient à la formation politique de la Plate-forme Civique, il a aussi expliqué que le Bureau Central Anti Corruption a falsifié des documents en ce qui concerne des transferts de terrain, des suspects dans cette affaire, ainsi que la signature du directeur régional des infrastructures et des enquêtes, Andrzej Bobber, le tout permettant de simuler une demande fictive de reclassement d’une zone de 35 hectares et d’impliquer l’acte de reclassement par un accord fictif de l’ancien ministre de l’agriculture, Andrzej Lepper.

Le responsable auprès de la presse du Bureau Central Anti Corruption, Temistokles Brodowski, a répondu que le but de cette agence était de lutter contre la corruption et que les activités de cette agence avaient respecté la législation en cours.

Le Bureau Central Anti Corruption a été créé le 10 janvier dans le but de lutter contre la corruption au sein des institutions étatiques et des gouvernements régionaux, ainsi que d’empêcher les intérêts privés d’influencer la sphère publique. Ce Bureau est chargé d’examiner les intérêts des hommes politiques et des fonctionnaires, de vérifier leurs déclarations fiscales ainsi que les sources de financement des différents partis politiques.

Comme la police ainsi que l’Agence de la Sécurité Interne, le Bureau Central Anti Corruption dispose du droit d’arrêter, de placer en garde à vue, d’entreprendre des recherches, de faire des perquisitions, de filmer les places publiques, d’enregistrer, de piéger dans l’exercice légal des formalités juridiques, d’utiliser de faux documents. Le budget de ce Bureau est de 70 millions de zlotys pour cette année, il comprend 500 agents.

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