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Des agents appartenant à l’Agence de la Sécurité Interne (ABW) sont venus arrêter jeudi dernier l’ancien ministre des affaires internes, Janusz Kaczmarek, ainsi que l’ancien chef de la police nationale Konrad Kornatowski et le dirigeant du plus grand groupe d’assurance polonais (PZU), Jaromir Netzel.
Le procureur national Dariusz Barski a aussi émis un mandat d’arrêt à l’égard de l’homme d’affaire Ryszard Krauze, actuel dirigeant du groupe Prokom Software mais aussi l’un des hommes les plus riches de Pologne. La cause de l’arrestation de Krauze n’a pas été dévoilée officiellement, l’homme d’affaire était au Kazakhstan au moment du lancement du mandat d’arrêt. Son porte parole a expliqué que Krauze était coupable d’aucun délit et que celui-ci se présentera auprès du procureur pour répondre à ses questions. Le Premier Ministre polonais, Jaroslaw Kaczynski, a expliqué que Krauze était suspecté d’avoir été, lui aussi comme Janusz Kaczmarek, une taupe dans le rôle des enquêtes du Bureau Central Anti Corruption, et dont le but aurait été d’essayer de prouver vainement la culpabilité de l’ancien vice Premier Ministre, Andrzej Lepper, dans une histoire de pots de vins à laquelle aucun élément ne permet de prouver que ce dernier y a participé. L’homme d’affaire Ryszard Krauze est accusé de la même manière que Janusz Kaczmarek ainsi que Andrzej Lepper, sans preuves, mais avec des flots d’allégations de la part du Premier Ministre.
Une caméra de sécurité a enregistré une rencontre à un hôtel, l’hôtel Marriot, entre un député membre du parti de Samoobrona, Lech Woszczerowicz et l’ancien ministre des affaires internes, Janusz Kaczmarek Cette rencontre aurait eut lieu le 5 juillet 2007, peu avant la destitution des fonctions ministérielles de Andrzej Lepper, chef du parti Samoobrona.
Kaczmarek a été arrêté parce que suspecté d’être lié à l’affaire de corruption dont il aurait dévoilé les détails confidentiels à Andrzej Lepper peu de temps avant que ce dernier ne se faire renvoyer du Gouvernement. Peu de temps après le renvoi de Andrzej Lepper, ce fut le tour de Janusz Kaczmarek de se faire renvoyer du Gouvernement parce que justement accusé d’avoir fourni les dites informations confidentielles qui ont permis à Andrzej Lepper de se dépêtrer d’une affaire de corruption et de mettre en échec l’enquête menée par le Bureau Central Anti Corruption. Depuis sa destitution, Janusz Kaczmarek est devenu l’un des symboles de la critique anti Jaroslaw Kaczynski en Pologne.
Les partis politiques de l’opposition estiment que ces arrestations sont avant tout inspirées par la seule volonté de faire taire des témoins clés dans ce climat de bouleversement politique. Le Premier Ministre a rétorqué que ces arrestations n’avaient aucune raison politique et que cela n’était pas lié à ses intérêts personnels. Jaroslaw Kaczynski estime que ces enquêtes représentent juste le bon déroulement des opérations de justice, et vouloir les placer dans un autre contexte relève de l’absurde. Pour le Premier Ministre, ces arrestations ne signifient que la gloire de son pays dans son combat contre la corruption. Il se défend de toute responsabilité en argumentant du fait que ces arrestations ont été menées dans des conditions légales et qu’elles émanent de décisions de procureurs de la République, dépendant eux mêmes du ministère de la justice et de son ministre, Zbigniew Ziobro, membre du même parti que Jaroslaw Kaczynski. Enfin, il a tenu à souligner que la demande qui a été présentée par les partis de l’opposition, en vue de créer une commission parlementaire de contrôle juridique sur les activités des services de l’ Agence de Sécurité Interne et du Bureau Central Anti Corruption, ne représentait rien d’autre que des outils mis à la dispositions des criminels.
Kaczmarek a été arrêté parce qu’il a été accusé d’avoir livré des informations à l’ancien vice Premier Ministre et ministre de l’agriculture, Andrzej Lepper, à propos d’une enquête menée par le Bureau Central Anti Corruption (CBA) qui devait prouver la culpabilité de celui-ci dans une affaire de versement de pots de vins en échange d’un reclassement administratif de zones agricoles dans la zone des lacs de la région de la Mazurie. Apparemment, Andrzej Lepper aurait réussit à se détacher de cette affaire et l’enquête menée contre lui fut un échec. De son côté, Andrzej Lepper a dénié toute accusation dirigée contre lui même.
Janusz Kaczmarek a aussi témoigné auprès d’une commission parlementaire spéciale et avait expliqué que le Gouvernement utilisait les services secrets polonais ainsi que l’appareil d’état du ministère de la justice afin de pouvoir espionner certains journalistes et creuser dans la vie privée d’hommes politiques appartenant à l’opposition. Ce témoignage n’a pas été rendu public, mais lu par des législateurs à huit clôt. Certains ont ainsi demandé que soit levée une commission d’enquête spéciale sur les activités gouvernementales. Cette commission a pour but de vérifier que l’activité du Gouvernement dirigé par le Premier Ministre, Jaroslaw Kaczynski, chef de la formation politique Droit et Justice. Toutefois, le porte parole de la Sejm, chambre basse du Parlement, Ludwik Dorn, appartenant à la même formation politique que le Premier Ministre, a refusé le 22 août dernier que le Parlement puisse prévoir dans son agenda le vote d’une mention visant à établir cette commission d’enquête spéciale sur les activité des services utilisés par le gouvernement, à la fois l’Agence de Sécurité Interne mais aussi le Bureau Central Anti Corruption. Le Premier Ministre s’y est aussi opposé en proclamant que lancer une commission d’enquête sur les activités gouvernementale, c’est aussi défendre les criminels. En outre, le Bureau Central Anti Corruption est une des créations personnelles du Premier Ministre lorsqu’il a lancé son programme de lutte contre la corruption.
L’avocat de Janusz Kaczmarek, Wojciech Brochwicz, a expliqué que les procureurs avaient inculpé l’ancien ministre d’entrave à la justice et de faux témoignage. Konrad Kornatowski est un associé proche de l’ancien ministre pour qui il travaillait en tant que chef de la police nationale. Les deux hommes devaient témoigner auprès du Parlement vendredi dernier sur l’organisation des services secrets en Pologne et les manoeuvres du Gouvernement, mais ils se sont faits auparavant arrêtés jeudi dernier.